Si Jérôme Cahuzac s’appelait Martin, il n’irait pas en prison !

, par  DMigneau , popularité : 0%

Si Jérôme Cahuzac s’appelait Martin, il n’irait pas en prison !

Essayez de vous mettre 3 minutes dans la peau de Me Dupond-Moretti, ou si vous n’aimez pas Éric " acquitator ", de l’un des deux autres défenseurs, Mes Vey et Jean-Alain Michel. Avocats chargés d’éviter l’emprisonnement du paria de la République exemplaire ; Jérôme Cahuzac !

Oseriez-vous plaider la cause du célèbre « délinquant en col blanc », en arguant que si Cahuzac s’appelait Martin, le fisc aurait trouvé un arrangement amiable et que le fraudeur-blanchisseur n’aurait pas été poursuivi après être passé à la caisse ?

Avec un défenseur comme vous ou moi, Cahuzac en prendrait pour cinq ans, voire sept sans oublier l’amende, car comme vous le savez il y a des circonstances aggravantes.

Il faut dire aussi, qu’il y a certainement peu de volontaires parmi les citoyens qui pourraient envisager de défendre de Jérôme Cahuzac.

Et qui voudrait se faire lyncher sur les réseaux sociaux ou les forums pour l’homme qui " a commis les faits qui lui sont reprochés et alors qu’il était devenu ministre du Budget ? Cette triple violation de la part de celui qui avait la responsabilité exécutive d’organiser les charges d’imposition constitue, par sa rare singularité, une faute pénale d’une exceptionnelle gravité, destructrice du lien social et de la confiance des citoyens dans les institutions de l’État et de ses représentants, remis en cause dans leur probité  ».

Pour autant, Cahuzac doit-il payer la note pour tous les pourris de la République et recevoir une condamnation pour l’exemple, censée être dissuasive pour ceux qui seraient tentés par la fraude fiscale ?

Ce n’est qu’une question, en aucun cas une tentative pour défendre Cahuzac.

Que disent les avocats de Jérôme Cahuzac

Pas grand-chose pour l’instant puisque le second procès ne fait que débuter. Mais c’est déjà un indice sur l’orientation de la défense qui devrait soutenir qu’une incarcération " n’est pas justifiée par la gravité des faits ", estimant qu’on ne pouvait pas retenir comme circonstance aggravante sa qualité de ministre " alors que la fraude avait démarré bien avant ".

Voilà donc ce qu’on appelle une circonstance atténuante dans le langage des pros du barreau. Alors que pour Cahuzac, c’est une " erreur de jeunesse " ou encore une « énorme connerie » lorsqu’il a ouvert un compte en Suisse. Mais l’erreur de sa vie avait été pour lui, d’entrer au gouvernement.

Le même homme qui aujourd’hui a perdu de sa superbe et avoue avoir " peur de la prison ".

Eviter la prison à l’un des hommes les plus détestés de France, c’est là tout l’enjeu de ce procès. Car si les défenseurs de Cahuzac arrivent à convaincre le tribunal de ramener sa condamnation de prison de trois à deux ans, l’ex ministre du Budget aurait droit à un aménagement de peine et pourrait porter un bracelet électronique ou exécuter un « travail d’intérêt général ». Ce qui ferait dire à pas mal de citoyens qu’il existe dans notre pays une justice « à deux vitesses ».

Il est vrai que tout le monde n’a pas la possibilité d’être défendu par un Éric Dupont-Moretti et que la justice n’est pas complètement indépendante.

Difficile de deviner ce que serait devenu Jérôme Cahuzac, si " Médiapart " n’était pas passé par là. En tout cas, il ne serait ni mort politiquement ni blâmé pour ses fautes pendant encore de longues années.

Aujourd’hui, sans doute préférerait-il s’appeler Martin.

gruni

http://www.lefigaro.fr/politique/2018/02/12/01002-20180212ARTFIG00017-affaire-cahuzac-des-revelations-au-proces-recit-d-une-chute.php

AgoraVox