Service national universel : un nouveau rapport contrecarre les plans de Macron

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Service national universel : un nouveau rapport contrecarre les plans de Macron

Emmanuel Macron affiche l’amibtion d’un service obligatoire de 3 à 6 mois. - Thibault Camus / POOL / AFP

Missionné par le chef de l’É​tat, le " groupe de travail " chargé de définir les contours de la proposition présidentielle préconise une durée obligatoire d’un mois, inférieure à l’ambition affichée par Emmanuel Macron.

Quand ça ne veut pas… Pour Emmanuel Macron, la mise en place d’un « Service National Universel » obligatoire s’apparente à une " course d’obstacles ". Le « groupe de travail » mis en place par le président de la République pour définir les contours de sa promesse de campagne a rendu jeudi 26 avril son rapport à l’Élysée, dont les conclusions sont dévoilées ce dimanche par " le JDD ".

Et comme plusieurs rapports avant lui, le texte préconise de limiter les ambitions présidentielles pour un dispositif cible de nombreuses critiques.

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait surpris en proposant la création d’un « service national » obligatoire d’un mois pour tous les jeunes de 18 à 21 ans, encadré par l’armée.

Avant d’en revoir la durée à la hausse en février dernier, évoquant un « service national » avec " une partie obligatoire de 3 à 6 mois ", pour 600 000 à 800 000 jeunes par an.

Devant les nombreuses critiques adressées au projet, le président avait missionné un « groupe de travail » censé apporter des conclusions définitives. Ce dernier, présidé par le général Daniel Ménaouine, propose finalement un retour " à la case départ ", avec " une phase obligatoire d’environ un mois ".

La durée contestée

Une partie de cette phase obligatoire, précise une source proche du dossier au " JDD ", " se fera en internat, suivie d’une phase optionnelle tournée vers l’engagement ". Cette période sera consacrée à des activités sportives, à l’enseignement des gestes de premiers secours et à l’acquisition de réflexes en cas de situation de crise, et de transmission des valeurs civiques et républicaines, détaille l’hebdomadaire.

Ce rapport est le dernier en date d’une série de textes ayant fait état d’un important scepticisme sur la faisabilité d’un tel projet, ou ayant réduit la proposition présidentielle " à peau de chagrin ".

En février, un rapport parlementaire présenté devant la commission " Défense " de l’Assemblée nationale préférait déjà, à l’idée d’un service national obligatoire encadré par l’armée, un " parcours de citoyenneté " en trois étapes.

D’abord une semaine annuelle au sein des collèges, puis soit une semaine à l’internat à 16 ans, soit une semaine " en immersion " au sein du " monde associatif ", le tout en lieu et place de l’actuelle « Journée de Défense et de Citoyenneté », et enfin une dernière étape non obligatoire entre 16 et 25 ans, consistant en " une incitation à l’engagement ".

Le même mois, un rapport commandé cette fois par le Premier ministre Édouard Philippe était venu mécontenter le chef de l’État.

Révélé par " Les Échos " et fruit du travail de cinq inspections générales, le texte estimait le coût du dispositif voulu par l’exécutif entre 2,4 et 3,1 milliards d’euros, tout en dénonçant un projet " complexe " et " plein de contraintes ".

Le gouvernement s’était, à l’occasion, offert un de ses premiers " couacs ", la ministre des Armées, Florence Parly, affirmant que le service n’aurait " probablement aucun caractère obligatoire ", avant d’être contredite par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

" On ne devient pas citoyen en un mois "

Mais même dans sa version a minima d’un mois, le service national ne convainc pas unanimement.

" Même pour un mois, il s’agirait d’une organisation très lourde, nécessitant des hébergements et des dizaines de milliers d’encadrants ", estime le député " LR " François Cornut-Gentille, rapporteur spécial des crédits de la défense.

De son côté, la députée " LR " du Loiret, Marianne Dubois, l’une des rapporteures du rapport parlementaire de février, s’agace, interrogée par " Europe 1 ", de la courte durée retenue et de son caractère obligatoire.

" On ne devient pas citoyen en un mois, il faut une préparation des jeunes bien en amont, et une adaptation surtout ", explique-t-elle, avant d’ajouter : " Des jeunes étaient plutôt emballés par nos propositions à partir du moment où rien n’est obligatoire. Le mot obligatoire était plutôt répulsif ".

Selon un proche d’Emmanuel Macron dans " le JDD ", les arbitrages présidentiels devraient être connus " courant mai ".

Antoine Terrel

Marianne