Selon le co-rapporteur de la commission d’enquête au Sénat, Benalla exerçait une « mission de police »

, par  DMigneau , popularité : 0%

Selon le co-rapporteur de la commission d’enquête au Sénat, Benalla exerçait une « mission de police »

Ce vendredi 27 juillet, sur les ondes de " RMC ", le co-rapporteur de la " commission d’enquête " au Sénat a dévoilé le contenu d’un document attestant qu’Alexandre Benalla exerçait une « mission de police ». Une version qui contredit de nombreuses déclarations en commission.

Invité de " la matinale " de " RMC " ce vendredi 27 juillet, le sénateur " socialiste " et co-rapporteur de la commission d’enquête au Sénat Jean-Pierre Sueur a déclaré être en possession d’un document prouvant qu’Alexandre Benalla exerçait, au compte de l’Élysée, une « mission de police ».

« Ce permis de port d’arme est très intéressant parce qu’il y a une phrase qui contredit ce qui nous a été dit. On nous a dit que Monsieur Benalla n’avait pas de " mission de police ", que c’était un " organisateur " des déplacements.

Or, quand on lit ce document, on lit ceci : " Considérant que Monsieur Benalla est chargé d’une mission de police ". Alors, quand on nous le présente comme un " gentil organisateur ", il y a un document qui fait état qu’il exerce une mission de police  » a ainsi déclaré Jean-Pierre Sueur, dénonçant de fait des mensonges d’une série de personne entendu dans le cadre des différentes commissions d’enquête.

Jean-Pierre Sueur a, par ailleurs, poursuivi en précisant que « s’il est avéré que quelqu’un a menti devant une commission d’enquête parlementaire, le parlement saisit la justice à titre pénal. Cela a déjà été fait dans une commission d’enquête parlementaire du Sénat où quelqu’un avait menti. Il s’est retrouvé devant la justice. On ne prête pas serment lorsqu’on parle à un juge mais lorsqu’on parle à une commission d’enquête parlementaire, on prête serment ».

Deux éléments peuvent être mis en avant avec ces nouvelles révélations, outre le fait que les « Commissions d’enquêtes parlementaires » ne peuvent en aucun cas faire la lumière sur cette affaire de " barbouzerie ".

D’une part, et après le " coup de poker " partiellement réussi d’Emmanuel Macron qui a réussi à bâillonner la commission de l’Assemblée Nationale, l’opposition semble amorcer la contre-offensive.

Avec la question des deux motions de censures déposées à l’Assemblée, l’opposition semble vouloir utiliser la « commission d’enquête » du Sénat pour retrouver une réelle marge de manœuvre sur le terrain institutionnel.

Et sur ce terrain, c’est bien " Les Républicains " qui se retrouvent en tête de file, du fait de leur poids écrasant au sein du Sénat. Alors que l’opposition avait fait part de ses grandes limites après les déclarations de Macron, il s’agit donc de chercher à investir différents espaces politiques.

Notamment pour " Les Républicains ", grandement affaiblis après " l’affaire Fillon " et qui voit pour la première fois depuis le début du quinquennat un reflux de Macron chez les sympathisants de droite.

D’autre part, il s’agit de canaliser l’affaire à des cadres institutionnels, même si pour l’instant, le mouvement ouvrier - et en premier lieu ses organisations - ne proposent aucune alternative politique dans la situation.

Toutefois, les formations composant l’opposition entendent aussi se poser, aux yeux des classes dominantes, comme des garants de l’ordre républicain, meilleure enveloppe politique pour le bon fonctionnement du capitalisme.

C’est pourquoi il est vital que le mouvement ouvrier s’empare de l’affaire et abatte ses cartes.

Frédéric Apoyo

revolutionpermanente.fr