Saisie des millions du " Rassemblement national " : le parti fixé fin septembre

, par  DMigneau , popularité : 0%

Saisie des millions du " Rassemblement national " : le parti fixé fin septembre

Les juges d’instruction estiment que le RN, ex-FN, a " organisé le système de détournement de fonds européens à son profit ". - IP3 PRESS/MAXPPP

Le parti de Marine Le Pen saura le 26 septembre s’il est bel et bien privé de deux millions d’euros d’aides publiques, saisis sur demande des juges d’instruction dans l’affaire des assistants parlementaires européens présumés fictifs.

La « Chambre de l’instruction » de la « Cour d’appel » de Paris a examiné ce 6 août le recours du " Rassemblement national " (RN, ex-FN) contre la saisie judiciaire de 2 millions d’euros prononcée à l’encontre du parti. On attendait d’elle une décision rapide ; elle a annoncé qu’elle confirmerait - ou non - cette saisie le 26 septembre.

Dans l’affaire des assistants d’eurodéputés " frontistes ", le parti de Marine Le Pen est accusé d’avoir floué le « Parlement européen » de près de 7 millions d’euros entre 2009 et 2017, en employant fictivement une quarantaine d’assistants parlementaires ; ceux-là auraient, en réalité, travaillé pour le compte du parti tout en étant rémunérés par Bruxelles.

En conséquence, les juges d’instruction Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke, qui enquêtent depuis fin 2016 sur un possible " système " organisé, ont ordonné un gel de la dotation du RN, soit les 2 millions d’euros d’aides publiques que le parti aurait dû toucher en juillet.

Le « Rassemblement national » " de manière concertée et délibérée a organisé le système de détournement de ces fonds européens à son profit ", écrivent-ils dans leur ordonnance consultée par l’AFP.

Quatorze mises en examen ont déjà été prononcées, dont celles de l’eurodéputé Nicolas Bay, du député Louis Aliot et de Marine Le Pen elle-même.

L’avocat du FN a argué que la saisie n’avait " aucun fondement légal " car " la subvention d’Etat versée par le ministère de l’Intérieur à tous les partis n’est pas confiscable ", car " elle n’a aucun lien direct avec l’abus de confiance reproché au Rassemblent national ".

Les membres du RN jugent, pour leur part, que les juges d’instruction leur appliquent " la peine de mort à titre conservatoire ", selon les mots de la présidente, et brandissent la menace d’un dépôt de bilan.

Un appel aux dons a été lancé et a déjà permis de récolter quelque 500 000 euros.

Magazine Marianne