Saint-Malo : deux employés de supermarché virés pour refus de travailler le dimanche

, par  DMigneau , popularité : 0%

Saint-Malo : deux employés de supermarché virés pour refus de travailler le dimanche

Deux salariés ont - VIRGINIE LEFOUR / BELGA / AFP

Selon les informations d’" Europe 1 ", un hypermarché " Cora " d’Ille-et-Vilaine a viré deux employés pour " faute grave " parce qu’ils refusaient de travailler le dimanche matin. Ces derniers comptent contester leur licenciement aux prud’hommes.

« " Le dimanche, c’est obligatoire, c’est comme ça !! ". J’ai dit : " Moi, je ne veux pas." » Christelle, employée depuis 18 ans de l’hypermarché " Cora " de Saint-Jouan-des-Guérets, près de Saint-Malo, a été licenciée cette semaine, avec l’un de ses collègues, embauché il y a huit ans, pour avoir refusé de travailler le dimanche, comme l’a révélé " Europe 1 " ce mardi 21 mai.

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Les deux employés, qui travaillaient à l’accueil du magasin et au rayon " crèmerie " ont été renvoyés sans préavis pour " faute grave ", ce qui les prive d’indemnité.

Aucune mention de travail dominical ne figure pourtant sur leurs contrats de travail.

Depuis que la direction de la grande surface a décidé d’ouvrir tous les dimanches matins, ce qui se traduit par six matinées dominicales travaillées pour chacun des 230 salariés, aucun avenant aux contrats de travail n’a fixé légalement cette obligation.

" Il fallait mieux que je vole ! "

Alors qu’elle aurait pu faire appel au volontariat, la direction de l’enseigne n’a pas laissé le choix à ses salariés, selon le récit de l’employée licenciée :

« Le directeur dit que c’est " la loi Macron " et que vu la conjoncture actuelle, c’est son gagne-pain. C’était ça ou on prenait la porte directement. J’ai dit : " Non, je ne le ferai pas ". Après, il y a eu une procédure pour " faute grave ". Faute grave ? Je lui ai dit qu’il fallait mieux, carrément, que je vole ! », relate-t-elle auprès d’" Europe 1 ".

Si " la loi Macron " est largement revenue sur le travail dominical, seuls les salariés volontaires sont supposés pouvoir travailler le dimanche.

Il est, par ailleurs, nécessaire que leur accord soit donné par écrit explicite.

Christelle persiste : elle ne veut pas travailler le dimanche.

" Refuser de venir travailler le dimanche, ce n’est pas une faute grave. Je ne pensais pas qu’on m’aurait virée comme ça au bout de 18 ans de boîte. Je trouve que le dimanche [doit être consacré] à la vie de famille, avec un loisir.

OK pour le volontariat, mais on ne doit pas forcer les gens à travailler le dimanche.

Je suis dégoûtée, je suis en colère. Se faire jeter comme une malpropre… Ça me sidère, ça me met hors de moi ", tempête l’ancienne caissière, qui compte, avec son collègue licencié pour la même raison, attaquer son ancien employeur devant le conseil des prud’hommes pour « licenciement sans cause réelle ni sérieuse ».

Sur " Europe 1 ", l’inspectrice du travail de Saint-Malo confirme que " l’accord du salarié peut être nécessaire lorsque les nouveaux horaires ou la nouvelle répartition des horaires constituent une modification du contrat de travail ".

Contactée par " Marianne ", la direction du magasin de Saint-Jouan-des-Guérets n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Magazine " Marianne "