Robert Ménard condamné pour son " problème " avec les élèves musulmans

, par  DMigneau , popularité : 100%

Robert Ménard condamné pour son " problème " avec les élèves musulmans

Robert Ménard a été condamné pour " provocation à la haine et la discrimination ". - Alain ROBERT/Apercu/SIPA

Robert Ménard a été condamné ce mardi 25 avril par le tribunal correctionnel de Paris à 2.000 euros d’amende pour " provocation à la haine et la discrimination ". Il avait déclaré publiquement à la rentrée qu’il y avait trop d’écoliers musulmans dans les classes de sa ville et que c’était un " problème ".

2.000 euros d’amende pour " provocation à la haine et la discrimination ". Le maire de Béziers a été condamné ce mardi 25 avril, par le tribunal correctionnel de Paris, pour des propos tenus en septembre dernier à l’occasion de la rentrée des classes.

Robert Ménard, proche du Front national, déplorait alors le nombre trop important d’enfants musulmans scolarisés - selon lui - dans les écoles de sa ville. Ainsi déclarait-il à l’époque sur LCI avoir, en centre-ville une classe composée à " 91 % d’enfants musulmans ". " Évidemment que c’est un problème ", avait-il estimé.

Robert Ménard a réduit ces enfants " à leur religion ". " Peu importe qu’ils aient la nationalité française ou ne pratiquent pas ", a par conséquent déploré le procureur qui avait requis 1 800 euros d’amende contre l’élu et déploré que ce dernier ait choisi de " montrer du doigt des gosses ".

Un euro symbolique et mille euros de dommages et intérêts ont par ailleurs été accordés à sept associations, constituées parties civiles, dont la Licra, la Ligue des droits de l’Homme ou encore SOS racisme.

Ménard, un habitué des polémiques

L’avocat de Robert Ménard avait - quant à lui - plaidé la relaxe et prié le tribunal de ne pas prononcer " une peine de mort de la liberté de penser ". " Si dire la vérité, ce que l’on voit, devient un délit, nous ne pourrons plus jamais rien dire ", a également dénoncé le maire de Béziers, ajoutant n’avoir rien fait d’autre que " décrire une situation ". " Quand je parle de 90 % d’enfants d’immigrés dans les classes, c’est un problème pour eux, pour leur intégration ", a-t-il cette fois précisé à l’AFP.

Élu en 2014, l’ancien président de " Reporters sans frontières " avait déjà suscité la polémique en mai 2015. Il avait en effet entrepris cette année-là de réaliser, malgré l’interdiction, des statistiques ethniques sur le nombre d’élèves de confession musulmane dans les écoles publiques de Béziers.

Pour rappel, la " provocation à la haine " est passible d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende.

Magazine Marianne