Retraites : mécontente des annonces d’Edouard Philippe, la maison police prête à exploser

, par  DMigneau , popularité : 0%

Retraites : mécontente des annonces d’Édouard Philippe, la maison police prête à exploser

Ce jeudi, à la prise de service, en région parisienne, des policiers protestent contre les annonces du gouvernement. - DR.

Les sept syndicats de policiers ont rendez vous au ministère de l’Intérieur aujourd’hui. Ils veulent demander la création d’un statut des forces intérieures de sécurité. Hier, 30 compagnies de CRS étaient " hors jeu " pour cause d’arrêts maladie.

« Qu’ils fassent bien attention, on n’a plus l’âge de croire au Père Noël », résume un des sept syndicalistes policiers qui ont rendez-vous ce jeudi 12 décembre dans l’après midi au ministère de l’Intérieur.

« La maison police n’a jamais été aussi remontée qu’aujourd’hui », lâche-t-il. Les sept formations syndicales de « gardiens de la paix », d’officiers et de commissaires sont attendues à 15 heures 30 par Christophe Castaner, Laurent Nuñez, Jean-Paul Delevoye et par le conseiller police de Matignon.

Chacune des sept organisations syndicales a prévu de faire une déclaration préalable… « dure ».

« Faute de réponses claires, on partira », prévient un des sept chefs de file.

En « avertissement », dès ce mercredi la grogne a démarré chez les CRS où un nombre élevé d’ " arrêts maladie " ont été enregistrés.

Selon nos sources, plus de 1 400 CRS étaient en « consultation » médicale en vue d’un « arrêt maladie ». Une trentaine d’unités de CRS étaient d’ailleurs « hors course » du fait du nombre trop important de malades.

Autre signe de grogne, ce jeudi, dans plusieurs villes françaises, des policiers défilent en voitures avec gyrophare ou tournent autour de ronds-points toutes sirènes hurlantes…

« Du jamais vu, mais une colère à la hauteur du ras le bol », souligne le représentant d’un syndicat de « gardiens de la paix ».

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Les annonces gouvernementales sur la « réforme de la retraite » ont mis l’ensemble du corps des policiers en ébullition : « Pour nous, c’est la double peine », confie un syndicaliste.

La première inquiétude touche la durée des cotisations.

Aujourd’hui, un « gardien de la paix » peut prétendre à la retraite (sur la base de ce qu’il a cotisé) à partir de 52 ans et un commissaire à 57 ans.

Mais en moyenne, un gardien part à 58 ans et un commissaire à 64 ans.

Quid demain ?

Édouard Philippe, dans son discours, a évoqué « les policiers, les gardiens de prison, les pompiers et les gendarmes », parlant " d’aménagements " compte tenu de la dangerosité du métier.

« Cette énumération des quatre professions, soit c’est une annonce, soit c’est une bourde, puisque les gendarmes ont déjà été mis hors du système », analyse un syndicaliste, qui réclame « un alignement immédiat sur le statut dont bénéficient déjà les gendarmes ».

Alignement sur les gendarmes

Militaires, les gendarmes peuvent solder leur retraite au bout de 17 ans de carrière avec la possibilité de pouvoir ensuite cumuler avec un autre emploi.

« Nous demandons aujourd’hui un statut des forces de sécurité intérieure. Nous voulons un engagement ferme et un calendrier de mise en œuvre rapide, avant le vote de la loi en janvier », prévient un syndicaliste.

Autre sujet d’inquiétude, le montant des pensions : aujourd’hui, pour les policiers, elles sont calculées sur les 6 derniers mois, mais demain, dans le « régime général », elles devraient l’être sur toute la durée de la carrière !

« Un gardien chef qui part à la retraite avec un dernier salaire de 2 800 euros, il comprend très bien que si on divise sur sa carrière entière, avec les années ou il a démarré à 1 200 euros, il va beaucoup y perdre ! », s’étrangle un syndicaliste.

Très remontés, les représentants policiers entendent repartir du ministère de l’Intérieur cet après-midi avec des engagements forts.

« Lors de la dernière réunion, nous avions demandé un simulateur de calcul des retraites mais on nous avait répondu que c’était impossible. Aujourd’hui, ils ont intérêt à venir avec des choses claires. Parce que ce sont des réponses claires dont nous avons besoin. Fini le blabla... », grogne un policier, qui demande lui aussi un « alignement immédiat sur le statut des gendarmes ».

Le ministère pourra-t-il aller jusque là ?

La question est simple, si demain, pompiers, gardiens de prison et policiers voyaient leur statut aligner sur celui des militaires… au lieu de faire des économies, le gouvernement devrait mettre " la main au portefeuille ".

Laurent Valdiguié

Marianne