Retour sur le bide de Lomé

, par  DMigneau , popularité : 0%

Retour sur le bide de Lomé

L’annonce la semaine dernière par les autorités togolaises du report « sine die » du sommet israélo-africain qui devait se tenir dans la capitale de leur pays Lomé du 23 au 27 octobre relativise la « percée » africaine qu’Israël serait parvenu à opérer dans le sillage des visites effectuées à deux reprises sur le continent noir par son Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours des 16 derniers mois.

Ce sommet israélo-africain devait en effet dans l’esprit de ceux qui en ont eu l’idée à Tel-Aviv être la traduction du résultat triomphal de l’offensive diplomatique menée en Afrique par l’État sioniste et l’occasion pour Netanyahu de faire la démonstration qu’il est parvenu à réaliser l’objectif qu’il s’est fixé en matière de politique étrangère sur le continent qu’il a résumé comme devant aboutir au « retour d’Israël en Afrique et de celle-ci en Israël ».

Le report du sommet leur a causé du désenchantement car provoqué par une levée de boucliers sur le continent contre sa tenue qui a refroidi même des dirigeants d’États ayant initialement donné leur accord au projet du sommet, et le président togolais lui-même qui s’est pourtant prêté au jeu diplomatique israélien en offrant d’organiser le sommet dans la capitale de son pays Lomé.

Israël a - comme bien entendu - mis la décision du chef de l’État togolais du « report » de la rencontre au compte des pressions arabes qui se seraient exercées sur lui et certains de ses homologues.

Ce dont l’État sioniste feint d’en ignorer l’existence est que dans leur majorité les Etats africains n’ont pas été dupes des réelles intentions de l’offensive diplomatique en leur direction qui sont de casser le soutien qu’ils prodiguent aux Palestiniens dont Israël occupe et colonise les territoires et celui qu’ils apportent à leur autorité dans les enceintes et forums internationaux.

Même ceux d’entre les États qui ont, de prime abord, convenu avec Israël de leur participation au sommet de Lomé, appâtés par les promesses miroitées par lui d’aides généreuses et " désintéressés ", ont reculé à sauter le pas d’un revirement de leur position sur le conflit israélo-palestinien qui risquait de briser l’unité continentale dont l’UA est le creuset et la gardienne des fondamentaux dont celui que la conduite de ses États membres concernant les problèmes de politique internationale reflète celle qui est arrêtée par leur union continentale.

En fait de point d’orgue " triomphant " à sa diplomatie africaine que devait être le sommet de Lomé pour Benjamin Netanyahu, son annulation - car il ne s’est pas agi d’autre chose, malgré les dénégations spécieuses et celles des diplomates israéliens - c’est un bide retentissant qu’il a récolté.

Pour aussi fondées que sont les raisons qui poussent les pays africains à exploiter toutes les opportunités en mesure de leur permettre d’établir des liens de coopération et de partenariat profitables à leur développement, ils n’en sont pas à se renier pour un « plat de lentilles ».

Le Maroc et Israël en ont fait l’expérience.

Kharroubi HABIB

Le Grand Soir

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