République démocratique du Congo : la candidature d’un milicien violeur validée

, par  DMigneau , popularité : 0%

République démocratique du Congo : la candidature d’un milicien violeur validée

Le candidat aux élections provinciales a été condamné à perpétuité pour « crime contre l’humanité par viol et par meurtre » - JOHN WESSELS / AFP

La candidature de Frédéric Batumike, condamné à perpétuité pour le viol de 40 fillettes, a été jugée recevable par la commission électorale congolaise en vue d’élections provinciales. Face à l’indignation générale, cette dernière a affirmé ce mercredi 29 août que « des corrections étaient en cours ».

L’inquiétude grandit chez les membres des ONG et associations présentes en « République démocratique du Congo » (RDC). En cause, la validation par la « Commission électorale nationale indépendante » (Céni) congolaise de la candidature d’un criminel aux élections provinciales du 23 décembre prochain.

Il s’agit de celle de Frédéric Batumike.

Agé de 64 ans, le numéro 60 sur la liste de la circonscription de Kabare, dans la province est du sud Kivu, a été déclaré coupable d’assassinat et de viols sur une quarantaine de fillettes âgées de 18 mois à 12 ans entre 2013 et 2016.

" Le Monde Afrique " précise dans un article daté du 29 août que l’aspirant candidat et membre de la milice « Djeshi ya Yesu » (" Armée de Jésus ") a été condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour « crime contre l’humanité par viol et par meurtre » par la « Haute Cour militaire » le 26 juillet dernier.

Un argument semble-t-il insuffisant pour les membres du Céni et le regroupement CCU et Alliés - formation du ministre de la Communication et des Médias Lambert Mende Omalanga – qui l’ont laissé libre de se présenter.

Les associations et " parties civiles ", qui s’étaient jusque-là réjoui d’une décision historique « contre l’impunité des crimes sexuels en zone de conflit », redoutent désormais que cette candidature n’entraîne de nouvelles aberrations dans la composition des listes électorales.

" Corrections en cours "

La « Nouvelle Dynamique de la société civile » (NDSCI), une organisation citoyenne locale, a exprimé mardi dans un communiqué « sa désagréable surprise de retrouver le nom de Frédéric Batumike sur les listes définitives des candidats députés provinciaux ».

Du même avis, « l’opposition » affirme pour sa part que la présence sur les listes électorales d’un criminel d’une telle envergure, « confirme la légèreté et la sélectivité qui caractérisent aujourd’hui la Céni, censée pourtant faire preuve d’indépendance ».

Les liens supposés entre « l’institution » et le pouvoir sont d’ailleurs la crainte première des ONG et groupements de la " société civile " qui accusent la commission électorale d’obéir aux « injonctions » du gouvernement pour écarter les candidats.

Pour apaiser les tensions, le président de la Céni, Corneille Nangaa, a déclaré ce 29 août que le cas de Frédéric Batumike leur « avait échappé », et que « des corrections sont en cours »...

Juliette Hay

Marianne