"Reliquat de la fête de l’Huma" : comment le camp Mélenchon justifie les 12.000 euros trouvés chez un collaborateur

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Reliquat de la fête de l’Huma " : comment le camp Mélenchon justifie les 12.000 euros trouvés chez un collaborateur

Jean-Luc Mélenchon à la fête de l’Humanité, en 2010. - MIGUEL MEDINA / AFP

Pierre Moro, le collaborateur historique de Jean-Luc Mélenchon, s’est expliqué sur les 12.000 euros trouvés chez lui le 16 octobre, en évoquant " un reliquat de la buvette de la fête de l’Huma ". Il a renvoyé les policiers sur la trésorière de " la France insoumise ", qui lui aurait confié l’argent.

C’est un des points les plus mystérieux de " l’affaire Mélenchon ".

Lors d’une perquisition dans l’Essonne au domicile de Pierre Moro, ami d’enfance et ancien collaborateur du patron de " la France insoumise ", les enquêteurs sont tombés sur 12.000 euros en espèces. Une information révélée par " Mediapart " la semaine passée.

Selon nos informations, l’ex-assistant parlementaires a bien donné aux enquêteurs une explication sur la provenance de ces fonds : « C’est un reliquat de la buvette de la Fête de l’Huma », a-t-il plaidé.

Depuis sa création en 2009, le " Parti de gauche " tient en effet régulièrement un stand à « la Fête de l’Humanité », organisée tous les ans par le « Parti communiste » en septembre. Celui que tous les militants surnomment " Pelou " a renvoyé les policiers vers une autre proche du patron des " Insoumis ", Marie-Pierre Oprandi, qui lui aurait confié l’argent.

Pierre Moro, camarade de lycée de Jean-Luc Mélenchon, a fait toute sa carrière dans son sillage depuis 1985, à l’époque où l’actuel leader de " la France insoumise " était conseiller municipal socialiste de Massy et allait devenir sénateur de l’Essonne.

Il a notamment été son « chef de cabinet-adjoint » au ministère de l’Enseignement professionnel (2000-2002) et son collaborateur au Parlement européen entre 2009 et sa retraite, fin 2011.

" Pelou " est toujours le trésorier de " Politique à gauche ", une association de soutien à l’action de Jean-Luc Mélenchon, fondée en 2009 et qui serait aujourd’hui " en sommeil ". Cette association est co-associée au sein de la SCI " les Oeillets Rouges ", une société civile immobilière qui a loué les locaux de la présidentielle au candidat Mélenchon plus cher que le prix du marché, selon la « Commission nationale des comptes de campagne » (CNCCFP).

Marie-Pierre Oprandi, trésorière du " Parti de gauche ", de " la France insoumise " et de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017, a été elle aussi entendue par les enquêteurs.

Elle aurait pris sur elle d’avoir « oublié » ces fonds, longtemps rangés dans des sacoches bananes, dans les anciens locaux du " Parti de gauche ". « Elle ne savait pas trop comment les rentrer en compta… », fait valoir un proche. A défaut " d’entrer en comptabilité ", ces fonds désormais suspects ont fait leur apparition dans des scellés judiciaires.

Laurent Valdiguié et Étienne Girard

Marianne