Réforme des retraites : la concertation se tend à un mois de la fin

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Réforme des retraites : la concertation se tend à un mois de la fin

Philippe LOPEZ / AFP

Contre l’avis du « Haut commissaire aux retraites », le Medef veut relever l’âge légal de la retraite de 62 ans à 64 ans d’ici 2028. De son côté, FO se retire de la concertation et annonce qu’il défendra les régimes spéciaux.

Dans la " concertation " sur la réforme des retraites " par points ", prévue pour entrer en vigueur à partir de 2025 et menée par le « Haut commissaire » Jean-Paul Delevoye, l’heure n’est plus aux félicitations et compliments de méthode.

A un mois de la fin des consultations, les positions se raidissent au « Medef » comme à « Force ouvrière » (FO). Alors que la CGT est, dès le 4 avril, entrée en campagne contre un projet de réforme « accélérant la baisse des pensions », prévu pour être voté avant la fin 2019.

Plutôt qu’une retraite universelle " à points ", le « Medef » veut reculer l’âge minimum légal de départ de 62 à 64 ans, sur huit ans, à raison d’un trimestre par an. Et ce, afin de récolter 17 milliards d’euros supplémentaires.

« Cette manne permettrait de faire deux choses : prendre en charge la dépendance et l’adaptation de l’offre de soins aux pathologies du vieillissement », fait valoir son président, Geoffroy Roux de Bézieux, reprenant une piste évoquée à Matignon.

FO claque la porte

Or, Jean-Paul Delevoye a déjà annoncé qu’il démissionnerait si le gouvernement ne respectait pas la promesse présidentielle de maintenir à 62 ans l’âge légal de départ.

Il a d’autre part trouvé « saugrenue » l’idée de financer le risque de dépendance par le travail, estimant que cette assurance devait être financée par l’impôt.

Ce n’est pas tout.

Côté syndicats, le 16 avril par courrier, FO s’est retiré de la concertation.

« Depuis 18 mois, nous répétions que ce système par points, censé simplifier les pensions en unifiant 42 régimes, sera in fine beaucoup trop complexe, argumente Yves Veyrier. Aussi, lorsque la seule borne concrète qui nous avait été avancée, soit le maintien d’un âge de départ légal à 62 ans, a été contestée par des membres du gouvernement, notre méfiance s’est concrétisée ».

FO craint, en effet, que le futur système universel " à points " n’oblige ses cotisants à travailler plus longtemps s’ils veulent avoir droit à un « revenu décent ».

Et critique sévèrement la prise de contrôle par l’Etat des régimes complémentaires, jusqu’ici gérés comme l’" Agirc-Arrco " par les « partenaires sociaux ».

FO sonne aussi " le tocsin " de la mobilisation, en annonçant qu’il appuiera toutes ses fédérations professionnelles relevant de régimes spéciaux ainsi que de la « Fonction publique » qui se mobiliseraient contre la future réforme.

Une façon de faire monter le rapport de force, car la CGT a déjà lancé sa campagne confédérale, « Pas de hasard pour ma retraite ».

Laurence Dequay

Marianne