Quatrième guerre mondiale

, par  DMigneau , popularité : 30%

Quatrième guerre mondiale

Le concept de " guerre mondiale " fait l’unanimité quand il s’agit d’échanger à propos de la Première et de la Seconde guerre mondiale. En revanche, il n’existe aucun consensus autour de la Troisième ou de la Quatrième guerre mondiale.

Et les débats sur le sujet sont pour le moins faméliques puisque l’essentiel de notre Histoire contemporraine est centrée sur cette courte période, environ une trentaine d’années.

Une guerre se définit par un conflit armé opposant au minimum deux adversaires pour un motif qu’ils ont été incapable de résoudre par voie dimplomatique.

Elle peut-être liée à des problèmes internes - guerre civile - ou à un contexte géopolitique - différend frontialier - et oppose au miminum deux forces étrangères.

La " Guerre Froide " a été caractérisé par une politique de " containment " menée par les Etats-Unis : dissuader et contenir la menace rouge. Or moult interventions militaires ont opposé l’ex URSS aux Etats-Unis via des guerres par procuration (fausse bannière/false flag/proxy).

Cette " Troisième guerre mondiale " s’est déroulée par « sous-traitance » sans que ni l’URSS ni les Etats-Unis n’aient eu à intervenir militairement directement sur leur territoire.

Soyons clair, au Vietnam l’armée américaine est intervenue face au vietcong, la force soutenue par les communistes (URSS) 70’s, tandis qu’en Afghanistan l’armée soviétique est intervenue contre les Moudjahiddin, la force soutenue par les capitalistes (US) 80’s.

Pendant plus de quarante ans, ces deux nations se sont livrées à des conflits de basse intensité à travers toute la planète, ceci par l’intermédiaire d’opérations clandestines dirigées par leurs services secrets respectifs (CIA/KGB).

Les techniques les plus courantes consistaient à financer l’opposition ou leurs forces armées pour renverser le régime en place et ainsi asseoir leur influence dans une région du monde.

L’autre solution étant l’intervention militaire directe, sans concession, comme en Corée, au Vietnam, en Lybie, au Panama ou en encore en Irak pour les américains.

Effectivement, la " guerre Froide " se différencie des deux précédents conflits à l’échelle mondiale par le fait qu’il ne s’agissait pas de se défendre d’une agression de la part d’un belligérant mais au contraire de recourir à de multiples agressions au prétexte que certaines nations ne partageaient pas leurs convictions.

Appelons cela une guerre " d’influence " ou du néocolonialisme.

Le cas le plus emblématique de cette période, et au regard de la suite des évènements, est sans doute l’Afghanistan avec l’intervention militaire soviétique et leur cuisante défaite à l’instar des Etats-Unis au Vietnam.

Là-bas est né Al-Qaeda, la base, avec la bienveillance de l’administration REAGAN, dirigée par le Vice-président George H.W. BUSH.

Tout s’est passé entre 1979 et 1989 avec les acteurs suivants : Iran, Etats-Unis, Irak, Israël, Nicaragua, Honduras, Afghanistan, Pakistan, France, Ex-URSS et Chine.

Dans le même temps, ont été financé la formation des " Contras " et des Moudjahiddin alors tous considérés comme des combattants de la liberté.

La même raison a toujours été avancé : endiguer le communisme rebaptisé l’Empire du Mal par le Président REAGAN. Finalement, cette politique étrangère a semé les germes du terrorisme tel que nous le vivons aujourd’hui.

Entre la chute du mur de Berlin, sonnant le glas de la " Troisième guerre mondiale " et les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis se sont imposés comme la seule et unique puissance militaire et économique dans le monde.

La Guerre du Golfe 2 (Irak contre le reste du monde) a été le théâtre d’une véritable démonstration technologique notamment avec l’utilisation du F-117 Nighthawk, un bombardier furtif dernière génération, et de diverses munitions à base d’uranium appauvri.

Comme s’il avait fallu le verbaliser pour être plus explicite, le Président George H.W. Bush annonçait la mise en place d’un « Nouvel Ordre Mondial » juste avant la fin de l’ultimatum imposé par l’ONU à l’encontre de l’Irak le 16 janvier 1991.

Ce jour-là, les forces armées américaines, composant l’essentiel de l’appareil militaire de la " coalition ", sont intervenues en Irak sans finalement obtenir la reddition complète de Saddam HUSSEIN.

La doctrine BUSH date du 11 septembre 2001, lui et ses conseilleurs ont ainsi pu concocté la guerre " contre le Terrorisme ", face à un ennemi invisible, sans territoire, sans origine, une guerre contre des fantômes.

En somme, une guerre sans fin.

Le terrorisme domestique et international ont toujours existé mais il n’a jamais été une préoccupation américaine durant la " Troisième guerre mondiale " alors qu’à cette période les américains ont largement été victimes d’attentat.

En 1983, au Liban, l’armée américaine quittait le Liban pour ce motif alors que dans le contexte actuel ils auraient intensifié la pression militaire et économique sur leur cible.

Mieux encore, en 1993, l’attentat perpétré à voiture piégée visant le World Trade Center n’avait alors pas entraîné d’intervention militaire ou de sanction draconienne à l’égard des pays soupçonnés comme aujourd’hui d’héberger ou de financer le terrorisme islamique.

Si le terrorisme a toujours existé pourquoi s’en être préoccupé qu’à partir du 11 septembre 2001 ?

Actuellement, le monde ne peut vivre en paix car l’économie est basée sur le pillage des richesses et l’enrichissement personnel de ceux qui se mettent à pied d’oeuvre pour spolier leur semblable.

Le pouvoir exacerbe l’orgueil de l’homme et l’isole du monde et de nos modestes préoccupations. Selon un article du " Monde Diplomatique " datant de 1997, nous pouvons déduire également que la " Quatrième guerre mondiale " est à la fois contre le terrorisme, de manière officielle, et officieusement contre tous les pans de l’économie afin d’atteindre l’objectif final : la mondialisation.

Les discours prononcés par le Président George H.W BUSH en 1991 ne sont pas anodins, ils ne sont que la formulation concrète énoncée dans le roman de Herbert George WELLS intitulé « Le nouvel ordre mondial » en 1940.

Cette étape est formellement bien avancée avec des structures comme l’ONU, l’OMC, l’OTAN, le FMI, la Banque Mondiale ou par des accords de " libre-échange " comme l’ALENA visant à l’instauration d’un gouvernement centralisé.

Nous sommes maintenant dans le prolongement décrit par ORWELL dans " 1984 " édité en 1948 évoquant notamment les mécanismes du totalitarisme, l’assujettissement des masses, l’esclavagisme moderne au service d’un régime totalitaire.

Le premier roman est signé par un " insider " côtoyant l’élite, le second par un visionnaire qui n’avait pas encore eu vent de la " guerre Froide ".

Cette " Quatrième guerre mondiale " est lancinante, sournoise, car nous pouvons tous y perdre la vie, en prenant le train, en allant au restaurant, en se promenant sur un trottoir.

C’est l’indicible peur, notre refus à vouloir nous programmer pour autre chose qu’être esclave de ce système. Sauf que cette guerre rémanente, nous en sommes la cible plus que nul autre auparavant.

Le retrait des troupes armées françaises hors de nos territoires et un changement radical de politique étrangère sont les réponses à donner à notre échelle afin d’apaiser dans un premier temps les tensions dans notre propre pays.

Il faut laisser aux autres nations le soin de gérer leurs problèmes internes en respectant leur souveraineté et le droit international.

FD FreeDemocracy

Sources :

George H.W. BUSH : Address to the Nation Announcing Allied Military Action in the Persian Gulf, 16 janvier 1991.

George H.W. BUSH : Address Before a Joint Session of the Congress on the State of the Union, 29 janvier 1991.

Le Monde Diplomatique : « La quatrième guerre mondiale a commencé », août 1997.

Thierry WOLTON : " Quatrième guerre mondiale ", aux éditions Grasset, 2005.

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