Quatre millions d’Indiens convertis au christianisme en vingt ans

, par  DMigneau , popularité : 64%

Quatre millions d’Indiens convertis au christianisme en vingt ans

Un chroniqueur de “ The Indian Express ” a calculé l’impact du travail des ONG chrétiennes en Inde, en termes d’évangélisation. Il est parti des chiffres du recensement réalisé en 2011 et qui viennent d’être publiés.

Nombreux sont ceux qui se sont offusqués, à la fin de l’année 2014, des conversions de masse orchestrées par les mouvements hindous les plus radicaux, réputés proches du gouvernement nationaliste de Narendra Modi.

Moyennant bien souvent de l’argent, des milliers de Chrétiens et surtout de Musulmans étaient invités à rejoindre le culte de Brahma, Vishnou et Shiva, au vu et au su de tout le monde, ce qui n’avait d’ailleurs aucunement ému les responsables politiques. Mais voilà qu’un chroniqueur malicieux du quotidien “ The Indian Express ” vient de jeter un pavé dans la mare qui n’a pas fait beaucoup d’éclaboussures en Inde, pays passablement obnubilé par le poids respectifs des communautés hindoue et musulmane.

Et pourtant... En examinant à la loupe les chiffres du recensement de 2011 portant sur la religion, lesquels chiffres restaient jusqu’ici placés sous le sceau du secret, Surjit S. Bhalla affirme qu’en vingt ans, 3,7 millions d’Indiens ont été convertis au christianisme !

Voici son raisonnement.

Le taux de natalité, sans considération de confession, est connu pour être fonction du niveau de vie et d’éducation. Pour faire court, plus on est riche et diplômé, moins on fait d’enfants, en Inde comme ailleurs. C’est vrai de la population sikh, dont le pouvoir d’achat par tête est le plus élevé d’Inde et chez qui les femmes ont le deuxième plus haut niveau de formation du pays : le taux de natalité des Sikhs était de 3,9 en 1991 (contre 5,6 chez les Musulmans et 4,5 chez les Hindous), il est descendu à 3,1 en 2011 (contre 4,9 chez les Musulmans et 3,7 chez les Hindous).

Résultat, la part des Sikhs dans la population indienne a reculé en vingt ans de 2 % à 1,7 %. Sur la même période, étrangement, la part des Chrétiens est restée stable, à 2,3 %. Etrangement, car la population chrétienne présente les mêmes caractéristiques que la population sikh en termes de richesse et d’éducation.

Seule explication possible, avance Surjit S. Bhalla : les conversions.

Si le taux de natalité des Chrétiens avait suivi la même tendance que celui des Sikhs, ce qui était le cas autrefois, les Chrétiens d’Inde devraient être 24,1 millions d’individus en 2011, estime-t-il, alors qu’ils ont été 27,8 millions à être recensés.

D’après lui, “ cela signifie que les missionnaires des temps modernes sont parvenus à convertir des dizaines de milliers de personnes par an pendant les vingt années considérées ”.

Un raisonnement corroboré par l’argent que brassent les organisations missionnaires chrétiennes. Le ministère de l’Intérieur estime en effet que les ONG chrétiennes, qui sont plus de cinq cents en Inde, reçoivent de l’étranger des sommes qui ont pu atteindre 20 milliards de roupies (270 millions d’euros) par an.

Sachant que cet argent est essentiellement utilisé pour convertir les gens, cela signifie que l’Eglise consacrerait 110.000 roupies (1.480 euros) pour faire revenir chaque agneau dans le troupeau, calcule Surjit S. Bhalla, avant de conclure : “ Les évangélistes sont sensés sauver les âmes et on aurait pu présumer qu’ils ne paieraient pas pour convertir des Hindous désespérés et sans le sou. Mais c’est pourtant bel et bien ce qu’ils semblent faire ”.

Guillaume Delacroix

MediaPart