Quand le gouvernement réprime les pompiers, c’est la France entière qu’il humilie

, par  DMigneau , popularité : 0%

Quand le gouvernement réprime les pompiers, c’est la France entière qu’il humilie

Retour sur la répression subie par les pompiers ce mardi 15 octobre lors de leur manifestation à Paris.

Une " ligne rouge " a été irrémédiablement franchie. On ne reviendra pas en arrière. Un gouvernement digne de ce nom et du respect des Français ne réprime pas aveuglément et avec une telle violence ses pompiers et ses « urgentistes », qui ne font que réclamer des moyens supplémentaires pour continuer à sauver des vies.

La dérive néolibérale de cette petite oligarchie qui détruit « l’État » et la France devient grotesque.

Je crois que depuis hier, 15 octobre, les Français, dans leur vaste majorité, ressentent une sourde colère. Aujourd’hui, le président Emmanuel Macron et son gouvernement ont perdu toute légitimité.

Leur pouvoir ne repose plus sur le consentement moral des citoyens à être gouvernés ; il ne tient plus que par la force, une vague " légalité " et la sobriété du peuple de France face à ce qui se passe.

Par ailleurs, l’image de notre pays à l’étranger est durablement écornée ; on ne réprime les professions qui viennent en aide à tous que dans des régimes dictatoriaux.

Aujourd’hui, des milliers de pompiers en colère sont descendus dans les rues de Paris pour manifester et crier leur " ras-le-bol ", leur fatigue et réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail qui deviennent plus pénibles chaque année.

Légitimement, les pompiers dénoncent le manque de moyens, d’effectifs (les 80 % de pompiers bénévoles en province opèrent dans des conditions indécentes) et de reconnaissance, mais également la réforme des retraites qui va durement les impacter, ou encore les inacceptables agressions qu’ils subissent au quotidien dans l’exercice de leur métier au service de tous les citoyens.

C’est de manière très mesurée que les pompiers demandent une augmentation de 10 % de leur " prime de feu ", car leur retraite sera divisée par deux.

C’était également une journée de mobilisation des 267 services d’urgences toujours en grève pour des raisons à peu près similaires.

Ce n’est pas pour rien que cette profession est sûrement une des plus aimée des Français - on s’en rend compte à chaque 14 juillet. Ce sont les véritables héros du quotidien. Chaque Français connaît au moins une personne plus ou moins proche qui doit sa vie aux pompiers et aux « urgentistes ».

Sans eux, c’est tout simplement l’ensemble de la société qui ne fonctionnerait pas.

Mais, cette journée de colère légitime s’est achevée dans une répression sans commune mesure, insensée.

Des pompiers blessés ;

Des pompiers ensanglantés ;

Des pompiers gazés, y compris à bout portant dans la bouche ;

Des pompiers sur lesquels les « forces de désordre » ont tiré avec des canons à eau ;

Des pompiers sur lesquels la police a tiré à la grenade explosive, avec des LBD et menacé de tirer à tir tendu et à bout portant dans le visage ;

Des pompiers à genoux, mettant les mains sur la tête pour protester symboliquement et pacifiquement contre ce déferlement de violence.

Quelle va être la justification du gouvernement, cette fois ?

Que les pompiers sont de dangereux factieux, des " casseurs " ?

Qui va les croire ?

Les vrais responsables

La responsabilité individuelle de certains policiers est engagée.

Ont-ils oublié leur propre jour de colère, il y a peu, compris et soutenu par bien des citoyens ?

Mais les vrais responsables directs sont Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur et le président Emmanuel Macron en dernier ressort.

Personne n’est dupe et personne ne croira que l’ordre n’a pas été donné « tout en haut » de réprimer violemment les pompiers.

Comment peut-on faire subir des violences policières à ceux dont la devise est " Sauver ou Périr " ?

La réponse est tragiquement simple : ce gouvernement est prêt « à tendre » la situation sociale, à réprimer plutôt que de revenir sur les politiques néolibérales insufflées par la « Commission européenne » et qui détruisent les bases de notre République, du « vivre ensemble » et de « l’État ».

Il apparaît clairement que ce gouvernement ne négociera jamais avec le « corps social »... ou alors facticement.

L’objectif d’Emmanuel Macron et de sa clique reste la destruction du « code du travail », des retraites, des « Services publics », le rabougrissement de la « Sécurité Sociale » et de la vie elle-même, la privatisation de tout ce qui pourra l’être, d’" Alstom " aux " Aéroports de Paris ", de la " Française des jeux " au barrages hydroélectriques.

Le gouvernement souhaite poursuivre le « non financement » de l’hôpital et le « non recrutement » des effectifs nécessaires chez les pompiers, dans « la santé », dans la police ou « l’Éducation nationale ».

La répression du mouvement des " Gilets Jaunes " qu’a remémoré la journée du 15 octobre lui donne l’impression d’avoir réussi et d’avoir " carte blanche ".

Mais le sentiment d’impunité des « banksters » et l’image trop belle mais fausse renvoyée par des médias obséquieux finissent par faire commettre de tragiques erreurs.

Il y a des interdits qu’on ne saurait transgresser en démocratie, tout " jupitérien " que l’on soit.

Cette répression était la " ligne rouge " à ne pas franchir : on ne touche pas aux pompiers.

Djordje Kuzmanovic

Marianne