QUESTIONNEMENTS du rôle de l’Église catholique dans le monde

, par  DMigneau , popularité : 0%

QUESTIONNEMENTS du rôle de l’Église catholique dans le monde

Que l’on soit croyant ou pas, l’existence de « l’État du Vatican » et de « l’Église catholique » dans le monde interpelle tout autant ceux et celles qui en sont des membres « croyants » que ceux et celles qui n’en sont pas membres tout en se posant de sérieuses questions sur le rôle réel qu’elles jouent dans le monde.

DE LA PART DES « croyants » et « croyantes »

Bon nombre de « croyants » - dont je suis - se posent de sérieuses questions sur ce qu’est devenue cette " communauté de foi des premiers disciples qui ont cru en Jésus de Nazareth, en son enseignement et en ses engagements ".

Ces premières communautés chrétiennes qui assumaient, à travers leur quotidien, les consignes laissées par Jésus : s’aimer mutuellement, s’entraider, se pardonner, se faire artisan de la justice et de la vérité, partager son pain quotidien avec les plus délaissés, ont vite été transformées en une « Église » - institution - devenue, avec les siècles qui ont suivi, « l’Église » et « le Vatican » que nous connaissons aujourd’hui.

Les disciples du premier siècle se sont métamorphosés en prêtres, évêques, cardinaux et pape et sont vite devenus des personnages, occupant des fonctions de pouvoir et d’autorité.

Quant au message des « Évangiles », il a été métamorphosé en doctrines, dogmes, " droits canoniques ", accompagnés par la morale qui définit la nature et le niveau de gravité des péchés commis.

À ceci s’est ajoutée la définition des " sacrements " qui deviendront, jusqu’à nos jours, la pratique cultuelle de « l’Église » (baptême-confirmation-eucharistie-réconciliation-mariage-Ordre- extrême onction).

Or, cette Église est profondément questionnée en ces temps que nous vivons. Le Jésus de Nazareth et des « Évangiles » ne saurait s’y reconnaître. Ce dont « l’Église » d’aujourd’hui a besoin, ce n’est pas d’un " ajustement ", pas plus qu’un " ménage de printemps ", mais d’une véritable conversion à l’esprit de ses origines.

Elle doit se dépouiller de tout et retrouver la simplicité du message de Jésus que l’on retrouve dans " Les Béatitudes ", dans le récit qu’il nous a laissé sur le jugement dernier (Mt.25.31-46), ainsi que ses remontrances aux scribes et grands-prêtres (23.1-39) sans oublier sa colère contre les vendeurs du temple (Mt.21,12-13).

Un message relativement simple, mais qui va à l’essentiel. Le culte qui plaît à ce Jésus de Nazareth est celui de l’amour, de la justice, de la vérité, de la fraternité humaine, de la miséricorde.

Son message se résume en ce que nous soyons tous et toutes profondément humains les uns avec les autres.

Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse !!

DE LA PART de " non croyants " et " croyants "

« L’Église catholique » est devenue, plus que jamais, un pouvoir politique que certaines grandes puissances préfèrent avoir comme alliée.

Effectivement, les faits ne manquent pas pour reconnaître la proximité du pouvoir politique du Vatican avec Washington. Pour les sympathisants de ce dernier, cette proximité est un grand bien. Il faut savoir que le Vatican a ses antennes partout à travers le monde et que ses épiscopats sont souvent nommés en fonction de leur sensibilité aux intérêts de « l’Empire » et au néolibéralisme sous contrôle de ce dernier.

Il n’est donc pas surprenant que représentants de la CIA et d’importants acteurs des politiques de Washington aient " leur entrée " au Vatican comme bon leur semble.

Entre amis, le protocole se fait moins imposant.

Par contre, pour ceux et celles qui ne partagent pas les actions interventionnistes illégales des États-Unis dans les affaires intérieures des autres pays et qui y voient une certaine complicité du Vatican, par ses silences, ce n’est pas du tout ce qu’on attend d’une Église qui se qualifie de " catholique " et porteuse d’un message qui s’adresse à l’humanité entière.

Les exemples ne manquent pas. Il nous suffit de regarder ce qui se passe - et se dit - sur Cuba et le Venezuela, deux pays victimes de l’interventionnisme illégal et criminel des États-Unis.

Il appartient aux Nations unies d’analyser et d’assurer le respect du droit international des personnes et des peuples. Les États-Unis n’ont aucun mandat à ce titre.

Dans ce contexte, une Église indépendante et libre aurait, depuis longtemps, dénoncé ces actions criminelles et exigé, avec les membres des Nations unies, que soit mis un terme à ces actions interventionnistes qui touchent directement le droit des peuples et des personnes.

En relation avec le Venezuela, le Vatican s’est fait bien discret. Le plus loin qu’est allé le Pape dans ses propos sur le sujet, fut de demander à Washington de rendre les sanctions contre le peuple vénézuélien moins dures à son endroit.

Au même moment, le « Secrétaire général » des Nations Unis demandait que les États-Unis mettent un terme à ces actions criminelles qui vont à l’encontre du droit international.

On peut écrire des « Encycliques » et des « Exhortations apostoliques » au contenu fort courageux comme ce fut d’ailleurs le cas avec " Fratelli Tutti ", sur la fraternité universelle, tout comme ce fut le cas avec " Evangelii Gaudium ", sur le capitalisme sauvage. Malheureusement, dans les faits, le Vatican maintient son alliance avec celui qui est à l’origine de bien des tors, pourtant dénoncés dans ces documents avec courage.

Entre ce qui se dit et ce qui se fait, il y a deux mondes.

Seule une mutation profonde de « l’Église » lui permettra de retrouver la crédibilité que le Nazaréen Jésus a donné à son enseignement en allant jusqu’au bout de ses engagements : condamné et crucifié sur une croix.

Ce fut la voie qui l’a conduit à vaincre la mort.

Oscar FORTIN

source : https://humanisme.blogspot.com

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