" Presstalis " : le distributeur de presse placé en redressement judiciaire, ses filiales régionales liquidées

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Presstalis " : le distributeur de presse placé en redressement judiciaire, ses filiales régionales liquidées

Les éditeurs risquent de ne pas toucher les sommes qui leur étaient dues par Presstalis. - Thomas Padilla/MAXPPP

Le tribunal de commerce de Paris a placé vendredi 15 mai " Presstalis ", le principal distributeur de presse en France, en « redressement judiciaire » avec poursuite d’activité. 500 salariés devraient cependant perdre leurs emplois dans les filiales régionales du groupe, liquidées.

Un coup dur pour la presse. Le « Tribunal de commerce » de Paris a placé " Presstalis ", le principal distributeur en France, en redressement judiciaire avec poursuite d’activité, liquidant ses filiales en régions qui emploient plus de 500 salariés, a annoncé la direction du groupe dans un communiqué ce vendredi 15 mai.

« Le " Tribunal de Commerce de Paris " s’est prononcé ce jour et a décidé de placer en redressement judiciaire " Presstalis ", (...), avec une période d’observation de deux mois. Il a, par ailleurs, prononcé la liquidation sans poursuite d’activité des sociétés SAD et " Soprocom " », des filiales, a indiqué la direction de " Presstalis ".

Le tribunal devait trancher entre une liquidation totale du distributeur et le " plan de sauvetage " proposé in extremis par les éditeurs de quotidiens, et finalement retenu, qui implique la liquidation de ses structures en régions et le licenciement de plus de 500 salariés.

Le « Syndicat du livre-CGT » (SGLCE) avait demandé un report de la décision du tribunal de commerce sur la liquidation partielle de " Presstalis ". Le syndicat comptait en effet sur une nouvelle offre des magazines pour les dépôts en région de ses filiales, la SAD et de la " Soprocom ".

La direction de " Presstalis " avait demandé la liquidation de ces deux filiales, qui seront donc cédées " à la découpe " avec de nombreux licenciements à la clé.

L’idée serait de continuer à diminuer le nombre de dépôts sur le territoire - ils étaient presque 700 en 1995 et plus que 61 début 2019 - et de réattribuer ces zones de distribution " à des dépositaires indépendants ou des nouveaux entrants ", avait indiqué mardi Cédric Dugardin, président de " Presstalis ".

Un nouveau prêt de 35 millions

Les quotidiens, emmenés par le dirigeant du " Monde ", Louis Dreyfus, tentaient encore jeudi soir d’inclure dans leur plan certains groupes de magazines : leurs flux seraient essentiels à la viabilité d’une nouvelle structure alors que ceux des quotidiens diminuent chaque année.

L’État encadre les discussions et porte " à bout de bras " le distributeur de presse qui traverse sa troisième crise majeure en dix ans.

Un décret a officialisé mercredi un prêt de trente-cinq millions d’euros supplémentaires, au titre du programme du « Fonds de développement économique et social » (FDES).

Du côté des marchands de journaux, cette crise vient s’ajouter aux conséquences du mouvement des " Gilets jaunes " et à un long confinement pour cause de " coronavirus ". Les éditeurs, dont les finances sont déjà mises à mal par le confinement, risquent également de ne pas toucher les sommes qui leur étaient dues par " Presstalis " pour les ventes des dernières semaines.

Magazine " Marianne "