Près de 2 000 migrants africains ont tenté de forcer la frontière entre Maroc et Espagne

, par  DMigneau , popularité : 0%

Près de 2 000 migrants africains ont tenté de forcer la frontière entre Maroc et Espagne

Ce vendredi 24 juin, près de 2 000 personnes venues d’Afrique subsaharienne ont tenté de forcer la frontière entre le Maroc et l’Espagne pour rallier l’enclave de Melilla. Un porte-parole de la préfecture locale évoque des individus " parfaitement organisés et violents ".

Une " première " depuis la normalisation des relations entre Rabat et Madrid.

Vers 06 h 40 ce vendredi 20 juin, les forces de l’ordre espagnoles ont repéré " un groupe de migrants formé par plus de 2 000 personnes ", s’approchant de la frontière de Melilla, une enclave espagnole au Maroc.

Auprès de l’AFP, un porte-parole de la préfecture locale évoque des individus " venant de pays d’Afrique subsaharienne, parfaitement organisés et violents " ayant " forcé l’entrée et cassé la porte d’accès du contrôle aux frontières ".

" Un groupe important de 500 personnes venant de pays d’Afrique subsaharienne " a assailli l’entrée du contrôle aux frontières et " au moins 130 personnes ", sont entrées dans l’enclave, a-t-il ajouté.

Selon le journal " El Païs " la " plupart d’entre eux sont de nationalité soudanaise. (…) Des dizaines de leurs compatriotes, hébergés dans le centre d’accueil depuis mars, les attendaient aux portes ".

Ils seraient arrivés vers 8 h 30, après le déploiement d’un lourd dispositif des autorités marocaines pour empêcher les passages, toujours d’après les informations d’ " El País ".

D’autres migrants auraient continué d’affluer jusqu’à 9 h 30.

Le journal précise que les autorités espagnoles ont été averties ce jeudi d’un risque d’entrée dans l’enclave.

" Aux premières heures du matin, un affrontement violent a eu lieu entre les troupes marocaines et le groupe qui tentait de s’approcher de la clôture ", indique " El Pais ".

Une information confirmée par Omar Naji de " l’Association marocaine des droits de l’Homme " (AMDH) à l’AFP.

De leur côté, les autorités marocaines n’ont pas commenté mais l’hôpital " Hassani " à Nador, non loin de Melilla, affirme avoir reçu ce vendredi matin " plusieurs " agents des " forces de l’ordre " et des blessés du côté des migrants.

Le journal local " El Faro " de Melilla relate une première " violente confrontation ", survenue ce samedi 18 juin entre les forces de l’ordre marocaines et des migrants dans la banlieue de Nador. Ces derniers auraient affronté les policiers " à coups de pierres et de bâtons ".

Une centaine " d’agents marocains ", aurait été blessée.

Pomme de discorde

La question migratoire est un " serpent de mer " qui envenime les relations entre le Maroc et l’Espagne. Melilla, au même titre que l’enclave de Ceuta, est régulièrement assaillie par des migrants souhaitant se rendre en Europe.

En mai 2021, plus de 10 000 réfugiés sont entrés à Ceuta en seulement 24 heures. La faute à un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain alors que les deux pays étaient " en froid " depuis le mois d’avril lorsque l’Espagne avait recueilli un " indépendantiste " sahraoui pour être soigné du " Covid ".

Madrid avait qualifié cet épisode de " chantage " et d’ " agression ", de la part de Rabat.

En renouant des relations diplomatiques en mars dernier, le gouvernement espagnol entendait s’assurer de la " coopération " du Maroc en matière de contrôle de l’immigration illégale.

Ce vendredi, les autorités espagnoles ont justement salué l’action du " large dispositif de sécurité des forces marocaines, qui ont activement collaboré de façon coordonnée avec " l’Espagne.

Depuis la normalisation, le pays a constaté une baisse de 70 % des arrivées de migrants illégaux aux Canaries sur le mois d’avril, par rapport à février. Mais le sujet reste une priorité pour Madrid qui entend profiter du sommet de l’Otan, organisé en Espagne la semaine prochaine, pour évoquer cette " menace ", issue du " flanc sud ", de « l’Alliance ».

La Rédaction

Marianne.fr