Près d’un demi-million de seniors vivent sous le seuil de pauvreté

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Près d’un demi-million de seniors vivent sous le seuil de pauvreté

Avec un niveau de vie médian de 1 270 euros par mois, le taux de pauvreté des seniors NER atteint 32 % - GERARD JULIEN / AFP

Plus de 466 000 " seniors " en France vivent sous le " seuil de pauvreté ", indique une étude publiée ce mercredi 19 septembre.

Passé 50 ans, les Français sont de plus en plus confrontés à la pauvreté.

Une étude de la « Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques » (Drees), publiée ce mercredi 19 septembre, le rappelle.

D’après cette antenne du ministère des Solidarités et de la Santé, 1,4 million de Français âgés de 53 à 69 ans ne touchent ni « revenu d’activité », ni pension de retraite.

Un tiers d’entre eux survivent même en dessous du " seuil de pauvreté ", c’est-à-dire avec moins de 1 015 euros par mois (60 % du niveau de vie médian).

Si 40 % des " seniors " sans emploi ni retraite (NER) appartiennent à la catégorie des ménages les plus aisés grâce aux revenus perçus par leurs conjoints, nombre d’entre eux restent extrêmement vulnérables.

L’étude, réalisée à partir de données datant de 2015 (année de la dernière enquête de référence de l’Insee sur les « revenus fiscaux et sociaux » ERFS), démontre qu’avec un niveau de vie médian de 1 270 euros par mois, le taux de pauvreté des " seniors sans emploi ni retraite " (dits " NER ") atteint 32 %, contre 7 % pour ceux de la même tranche d’âge percevant un revenu.

Des " seniors " très éloignés du marché de l’emploi

Moins diplômés et en moins bonne santé que la moyenne de leur âge, ces " NER " sont aussi beaucoup plus éloignés du « marché du travail » que les demandeurs d’emploi ayant entre 25 et 52 ans. Logiquement, ils sont donc aussi beaucoup plus pessimistes : 32 % des " seniors sans emploi ni retraite " pensent qu’ils ne trouveront pas de travail, contre 14 % des « 25-52 ans ».

Âgés en moyenne de 58 ans, ils cumulent les problèmes : 29 % expliquent être " en mauvais ou très mauvais état de santé ", quand 30 % sont reconnus administrativement comme " handicapés ".

Par comparaison, sur la totalité des seniors, cette dernière proportion atteint seulement 11 %.

L’étude met aussi en valeur le rôle crucial joué par le système de protection sociale, qui permet de réduire de 30 % le nombre de personnes de plus de 53 ans en difficulté.

En l’absence des « minimas sociaux et fiscaux », quasiment un " senior sans emploi ni retraite " sur deux serait pauvre.

Magazine Marianne