Pourquoi il n’est plus possible d’appeler à voter Macron contre « l’extrême droite »

, par  DMigneau , popularité : 0%

Pourquoi il n’est plus possible d’appeler à voter Macron contre « l’extrême droite »

À l’heure où Macron s’efforce de " rediaboliser " le " FN ", revenons sur la relation ambiguë du président sortant avec « l’extrême droite ». Au-delà de la proximité affichée entre " l’extrême-centre " libéral et l’extrême-droite " ethno-capitaliste " pendant le mandat, le but est ici de présenter la logique de cette relation. Si vous voulez faire barrage à « l’extrême droite », cette lecture est pour vous.

Le 4 Avril, Emmanuel Macron a déclaré " ne pas avoir su endiguer " la montée de « l’extrême droite ».

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/montee-de-l-extreme-droite-en-france-je-n-ai-pas-reussi-a-l-endiguer-reconnait-emmanuel-macron_5061631.html

Après avoir nommé un ministre de l’intérieur selon qui Mme Le Pen est " trop molle avec l’islam ", après avoir commandé une note sur l’immigration à Mr. Zemmour, après avoir joué aux croisades idéologiques contre l’ " islamo-gauchisme " (chimère qui s’appelle maintenant " wokisme "), Emmanuel Macron regrette maintenant - paraît-il - la montée des thèses " ethnocentriques ", " brutalistes " et " islamophobes " défendues par son " opposition ".

https://www.ledauphine.com/politique/2021/09/10/selon-zemmour-emmanuel-macron-lui-a-demande-une-note-sur-l-immigration

Il faut dire que Mr. Macron tient à son créneau : il occupe " le centre " et pour cela, il doit se présenter comme " anti-fasciste " et " anti-socialiste ". Seul le « libéralisme économique », entremêlé avec d’épaisses couches de libéralisme des mœurs, est défendu.

Le reste est renvoyé " dos-à-dos ".

Le « libéralisme économique », on sait ce que c’est : chacun à le droit d’investir sa " grande fortune " là où il ou elle le souhaite.

Mais qu’est-ce qu’on entends par " libéralisme des mœurs " ?

C’est l’encouragement de tout ce qui ne dérange pas la productivité des individus et leur permet de " se sentir mieux " au quotidien. Opter pour un « libéralisme des mœurs », c’est miser sur le fait que les problèmes liés à l’économie, au travail, au " pouvoir d’achat ", au statut, à la " mobilité sociale " et physique provoqueront moins de contestation sociale si les personnes concernées se sentent - par ailleurs - autorisés à développer pleinement leur singularité sexuelle, intellectuelle, morale, vestimentaire ou musicale...

Bref, leur " personnalité ".

C’est la ruse de ce qu’on appelle les " identity politics " aux États-Unis, et qui constitue une partie de ce qu’on appelle le " néo-libéralisme ".

Mais bon, appelez cela comme vous le souhaitez. Ce sur quoi je veux insister, c’est que pour Macron, " être de gauche " se résume à miser sur ce « libéralisme des mœurs » pour contenir, canaliser et récupérer les avancées de mouvements sociaux émergents.

Après le mandat de François Hollande, où l’on a pu constater que le " PS " n’avait justement rien d’autre à offrir que cette méthode - même si la phase " Valls " a prouvé que " le cœur n’y était pas " - Macron a pu se permettre un beau " tour de passe-passe ", un petit " rebranding " de la gauche " PS " en parti " centriste " (" LREM ") et la confusion persiste à ce jour.

https://www.lejdd.fr/Politique/manuel-valls-a-travers-christiane-taubira-le-wokisme-investit-une-candidate-a-la-presidentielle-4092065

En parallèle, " en même temps ", Emmanuel Macron est un fervent défenseur de la pensée économique la plus « réactionnaire » : l’extrême dérégulation de « La Finance », l’assèchement des moyens de « l’État » et le rachat progressif, par de grands investisseurs, de la « fonction publique » Française.

J’utilise le mot " réactionnaire " avec rigueur : ce projet cherche à démanteler tout ce qui a été obtenu en termes de sécurité sociale suite à la deuxième guerre mondiale, notamment grâce au programme du CNR (sur ce point, voir ce billet).

https://blogs.mediapart.fr/henri-sterdyniak/blog/150319/le-programme-du-cnr-vers-une-destruction-methodique

Cette volonté d’avancer contre les gains sociaux du passé s’accompagne - comme d’habitude - d’une obstination " élitiste " et " méritocratique " ; c’est normal, la " méritocratie " à toujours permis de justifier les inégalités de fait depuis la « Révolution Française ».

Or, cet entêtement à célébrer les " premiers de cordées " est d’autant plus obstiné et dogmatique que ce qu’on cherche à justifier est une répartition inégalitaire démente, croissante et socialement absurde des richesses du pays.

Il faut donc ici laisser bouger quelques lignes préconçues.

Juste parce qu’Emmanuel Macron est " au centre " de l’échiquier politique, ne veut pas dire qu’il soit modéré ou même qu’il ait une honnête attitude de négoce entre la droite et la Gauche historique.

L’actuel président est " au centre " parce qu’il défend l’état actuel du monde - à " l’international " - et " manage " la France pour qu’elle s’adapte aux règles du « néo-libéralisme Occidental ».

Il est pris dans le " zeitgeist " d’un empire États-unien déclinant (" #McKinsey ").

Ce que nous appelons " centrisme " n’est donc rien d’autre qu’une crispation sur un ordre du monde en place - celui qui s’est implanté dans les années 60-70 - contre son déclin, imminent ou amorcé. C’est donc un " conservatisme ", le dernier à être apparu, certes, mais un conservatisme malgré tout.

De ce fait, le parti d’Emmanuel Macron se range évidemment à droite.

Mais encore une fois, peu importe les " étiquettes ". Restons au fond du problème.

Les effets d’une politique dite " néolibérale " sont multiples, parfois fins et toujours " protéiformes ". Mais bon, puisqu’il faut bien qu’on en retienne quelque chose...

Une telle politique cherche " en même temps " à faire du " progressisme social " et du " conservatisme économique " ; d’un côté, elle va donc encourager les individus à s’émanciper des cadres sociaux, moraux ou physiologiques qui les empêchent de réaliser pleinement leurs vocations personnelles.

D’un autre côté, elle va retirer à ces mêmes individus les moyens de se protéger du rapport de force entre " travailleurs " et " investisseurs ", sur les marchés et au sein des entreprises.

Elle va baisser les allocations, culpabiliser et malmener les chômeurs, verser des sommes astronomiques aux entreprises, supprimer l’ISF, pousser les élèves à intégrer la logique du " marche ou crève " en introduisant la compétition et " l’élitisme " au seuil de l’Université publique.

Elle va réduire le coût global de la main-d’œuvre en réduisant les impôts sur les entreprises.

Privé de nombreux revenus, « l’État » devra baisser ses dépenses dans « l’Hôpital Public », dans « l’Éducation Nationale », dans « les Régions », les mairies ou encore dans « la Police ». Mais, pas de problème : les investisseurs internationaux, à qui " le tapis rouge " est ainsi déroulé, pourront éventuellement devenir " actionnaires " de ces infrastructures abandonnées par « l’État ».

Ce sera une super opportunité pour eux !

Dans ce cadre, le politicien du statu quo, " centriste ", crispe les concitoyens à sa droite et à sa " gauche ".

A droite, la crispation vient de ce que les mœurs " traditionnelles " du pays s’effondrent, ne font plus loi comme " avant ", à mesure que chacun et chacune prends ses libertés morales.

Plus encore, pour des raisons géographiques, les citoyens éloignés des villes sont simultanément éloignés de " l’émulsion libertaire " métropolitaine. Cette dernière leur paraît délirante, absurde, incompréhensible.

Le pays se fracture.

Simultanément, les conditions de vie des travailleurs et travailleuses salariées, qu’ils soient ouvriers d’usines ou employées de service, se dégradent franchement. Sinon matériellement, au moins psychologiquement.

L’avenir devient plus incertain, plus inquiétant, moins favorable pour soi. De petits signaux en petits signaux, les marqueurs de " sécurité sociale " qui caractérisaient encore récemment la vie en France s’effritent.

Le pays change.

La société change.

Pour le citoyen et la citoyenne " non-initiée " à l’Histoire du capitalisme mondial, ni aux croyances partiales justifiant l’ordre présent, la situation est incompréhensible.

Quelle cohérence trouver entre, d’un côté, la dégradation accélérée des conditions de travail et de la vie publique en France, et de l’autre l’incessante progression des droits de chacun à vivre selon sa guise, sans que quelque cadre moral " traditionnel " ne puisse être posé " en surplomb " ?

Véritable " toile de fond ", cette interrogation obtient des réponses très différentes selon là où l’on se situe. A la limite, c’est précisément dans ces réponses que l’on peut aujourd’hui distinguer la droite et la gauche du centre " néolib ".

Les personnes " de gauche " voient dans cette situation tantôt une réalisation, tantôt une falsification de leurs propres convictions. Le " progrès social ", où chaque individu peut se réaliser comme il l’entend : génial ! Mais voilà que ce " progrès " sert à justifier les pires accroissement d’inégalités et " l’élitisme " le plus outrancier.

Au final, " se réaliser comme on l’entend " devient une forme de participation enthousiaste au modèle d’exploitation débridé qui, simultanément, précarise l’ensemble de la société et menace le climat.

" La gauche " se divise en « néo-libéraux » (" PS ", " En Marche ") et radicaux (" LFI ", " PCF ", " NPA ", " Lutte Ouvrière "), qui rejettent l’ordre en place, mais adoptent différentes attitudes vis-à-vis du " progrès social " qu’on y trouve.

Sur le tard, la très « néo-libérale » " EELV " cherche aussi, au nom du climat, à se radicaliser.

La droite - quant à elle - oscille entre la joie de voir les hiérarchies de l’argent se consolider grâce aux mesures de Macron, mais s’indigne que cela se fasse au coût d’une mutation permanente de la société.

La France change trop.

Les gens sont de plus en plus en paix avec " l’homosexualité ", certains ne se sentent pas définis par leur sexe, les entreprises sont devenues trop horizontales, l’ " autorité " se perd, les professions se " féminisent ", les hommes ne peuvent plus revendiquer leur autorité " naturelle " sur les femmes...

Tout ce qui était " naturel " est remis en cause, comme si les personnes pouvaient juste devenir " autre chose " que leurs rôles assignés à la naissance, comme si aucune de nos croyances sur l’ordre éternel des choses n’était fondé.

Un véritable scandale, bien entendu.

Pour couronner le tout, de nouvelles populations arrivent sur le sol du pays.

Le « néo-libéralisme », a priori, ne voit aucun problème à accueillir des migrants, parce que ces derniers sont prêts à vendre leur force de travail à plus bas salaire que la plupart des Français, et pour des travaux que ces derniers sont réticents à accomplir.

C’est que leur priorité, à ces nouveaux-arrivés, est de trouver comment s’intégrer à la société, comment " gagner leur vie " ici et construire une vie digne pour celles et ceux qui les ont suivi.

Toutes ces choses passent d’abord par le travail salarié qui sécurise et nourrit peu importe le boulot. Puis de fil en aiguille, par le développement des rapports sociaux qui créent des amitiés, des inimitiés, qui permettent d’échanger des codes, des histoires et des projets, ces " étrangers " développent un sentiment d’appartenance qui légitimé par le droit, leur permet de devenir " Français ".

Mais l’aile droite du « néo-libéralisme » avertit : trop d’accueil des migrants signifiera un bousculement tel de la société Française déjà existante que la droite radicale, " illibérale ", pourra cultiver la réaction populaire.

" La France change trop ! " diront ces figures « réactionnaires ».

" Votre insécurité de vie est due à ces changements ! Les honnêtes Français tombent dans la précarité tandis que les homosexuels et les immigrés ont tous les passe-droits pour trouver du travail. Pire, l’État [néolibéral] les aide ! Ils sont complices, tous islamo-gauchistes ! "

Dans une telle situation, la droite « néo-libérale », pour rester en poste, se retourne contre " sa gauche " ; Jean-Michel Blanquer s’indigne du " wokisme ".

https://etudiant.lefigaro.fr/article/selon-jean-michel-blanquer-le-wokisme-est-une-forme-d-obscurantisme_7feb596a-357b-11ec-b432-550d95ffe968/

Pour les gens " de gauche ", c’est une aubaine : si le " progrès social " ne fait plus partie des projets du gouvernement, alors libre aux « radicaux de gauche » de renouer ce projet avec son corollaire initial, le progrès économique.

Réaliser sa personne ET boucler tranquillement la fin du mois.

Vivre librement ET en harmonie avec les autres et la nature.

Mais tout ça à mis trop de temps à " décanter ". Nous voici venu aux jours de l’élection, " La France Insoumise " parvient tout juste à faire comprendre qu’elle veut occuper ce créneau, " EELV " s’y essaie aussi et encore trop nombreux sont ceux que la posture " un peu de gauche " d’ " En Marche " continue de tromper.

Il faut donc mettre les points sur les " i " : le gouvernement " En Marche " n’en a rien à faire du progrès social.

C’est son alibi. Son excuse pour continuer à démonter les garants de sécurité économique, sanitaire, éducative, policière, juridique et démocratique pour les citoyens de ce pays.

Les démonter à quelle fin ?

Afin de les rendre plus facilement " navigables " par les grands investisseurs mondiaux et européens, par les " petits entrepreneurs " qui génèrent - sans forcément le savoir - leurs futures poches de profits, et par l’ensemble des travailleurs qui participent à ce processus.

Pour le reste du peuple, ce sera la loi de la survie ; travaille ou crève, et travaille plus. A la limite, le vrai visage d’ " En Marche ", son visage sans excuse, est celui de Valérie Pécresse.

Marine Le Pen n’en a rien à faire de la précarisation grandissante des Français.

C’est son alibi. Son excuse pour renvoyer " les immigrés " chez eux, dépenser moins d’argent public dans les populations de quartiers (en bonne partie " musulmane ") et accomplir la mission dont elle et ses collaborateurs se pensent les vaillants agents : restaurer la France " d’avant ", d’avant la mixité sociale, d’avant la culpabilité coloniale, d’avant la mémoire de guerre, d’avant le " mélange des civilisations ", quand l’ " ordre naturel " disait à l’homme " blanc " que tout, dans l’univers, conspirait à l’accomplissement de sa grandeur éternelle.

Ah, comme c’était mieux " avant " !

Zemmour a eût la naïveté de croire que « l’extrême droite » pouvait se passer de son excuse moralisatrice. En reconstruisant une rhétorique " anti-républicaine " et en vantant les mérites de « l’ultra-libéralisme », il a été trop honnête.

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/eric-zemmour-la-republique-n-est-pas-exactement-la-france-mais-personne-ne-veut-le-reconnaitre-20201030

http://www.regards.fr/actu/idees-culture/article/eric-zemmour-et-la-republique-ultra-liberale

Or, au-delà des grandes gueules « d’extrême droite » qu’il a ainsi réjouit, cette franchise a repoussé l’électorat des citoyens précaires, inquiets mais " modérés " qui cherchent surtout, chez Le Pen, une alliée immédiate contre " l’extrême centre " qui les malmène.

Voilà que, grâce à " Gargamel ", cette dernière paraît maintenant plus juste, plus acceptable, plus " raisonnable "...

Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont ainsi rentrés, depuis les élections de 2017, dans une danse morbide où, secrètement unis autour de la conservation des inégalités sociales induites par le revenu, l’héritage et la " culture de classe ", chacun pose son pied là où l’autre l’a enlevé.

https://blogs.mediapart.fr/attac-france/blog/050422/marine-le-pen-un-programme-aussi-inegalitaire-que-celui-demmanuel-macron

L’un encourage chacun.e à embrasser sa liberté personnelle et à tolérer celle des autres pour faire " passer la pilule " de la casse sociale - grand humaniste ! - tandis que l’autre cultive une intolérance morale, au nom de grands principes identitaires dont la supposée disparition expliquerait l’actuelle misère !

A ce sujet, le dernier cadre moral en date invoqué par la droite - vous l’avez remarqué ? - c’est d’être ou ne pas être " Républicain ".

Si, si, Marine Le Pen est aujourd’hui " Républicaine ".

La droite " modérée " aussi (" LR " / " LREM " / " PS ").

Tous passent leur temps à trier les " Républicains " des " non-Républicains ". Certes, c’est très bien d’adhérer aux " valeurs de la République ", par ailleurs empreintes d’humanisme, mais, objectivement, aucun d’entre nous n’est " Républicain " au sens que cela avait en 1792, 1848, 1870 ou 1958.

Peut-être que ces politiciens cherchent à nous faire vivre dans " un autre temps " ? Un temps " d’avant les marchés financiers " mondialisés, d’avant la « Guerre froide », d’avant la " société de consommation ", d’avant les " technologies numériques ", d’avant le " féminisme politique ", d’avant la " crise climatique " irréversible... .

Quoi qu’il en soit, pour ces " chevaliers de la République " - " Les Républicains " en tête donc - toutes ces nouvelles données de la vie politique ne comptent pas. Ce qui compte, c’est de régler " l’insécurité " vécue par les Français - économique, d’abord, ensuite vécue comme insécurité physique, sociale, identitaire... - en affirmant dogmatiquement que les " valeurs de la République " nous sauverons.

Voilà qui suffira.

Bref, conclusion.

Pourquoi n’est-il plus possible d’appeler à voter Macron pour " faire barrage " à « l’extrême droite » ?

Parce que voter Macron, c’est laisser grandir chez ceux qui sont délaissés et précarisés le sentiment que la " gauche " du " progrès social " est décidément une malédiction pour la France, puisqu’elle s’accompagne à chaque fois d’un effondrement de tout ce qui garantissait " un peu " de sécurité de vie (régression économique prévue dans le « néo-libéralisme »).

Du même coup, " la gauche " en général est décrédibilisée, rendue inefficace, confuse et divisée. Ceux qui refusent de perdre de vue les désastres sociaux, écologiques et économiques du « néo-libéralisme » ont en même temps du mal à s’aligner sur une critique efficace de la " pseudo-gauche " (" LREM " / " PS ").

Alors, il ne reste que la droite pour proposer une critique cohérente de ce " gauchisme ".

Ce sera par une vision radicale.

Par une vision qui appelle au renoncement en toute forme de progrès social cultivée jusqu’ici et au refus brutal des libertés personnelles permises par le « néo-libéralisme ».

Voter Macron, c’est ainsi " préparer le terrain " à cette droite radicale, qui promet de résoudre " d’un seul coup " les problèmes liés aux politiques " centristes " en supprimant son aile " gauchiste ".

Le plan est alors d’instaurer une forte répression du « libéralisme des mœurs », d’entraver la libre circulation des personnes et d’opprimer le libre exercice du culte religieux.

Pas d’ " LGBT ", ni d’immigrés, ni de " musulmans "... et voilà, tous vos problèmes sont résolus ! Pour que ça paraisse inoffensif, il suffira de le faire passer pour une restauration des " valeurs de la République "... de 1958.

Voter Macron, c’est donc faire de Le Pen la principale force d’opposition. Alors, il devient presque tentant de voter « extrême droite » pour punir " l’extrême centre ". Gare à celles et ceux qui le feront : ils céderont ainsi directement à la sérénade morbide chantée par la bourgeoisie chauvine aux travailleurs " nationalistes " depuis des années.

" Plutôt la guerre des civilisations que la lutte des classes ", chantent ces idéologues face aux échecs du « néo-libéralisme ».

" Trop internationaliste et cosmopolite, notre seul problème, c’est la gauche du progrès social ! ".

Cette " chanson " résonne d’autant plus que les échecs du " Macronisme " sont criants et que les critiques venues de " la gauche " sont délégitimés. Pourtant, à moins que vous ne soyez riches - vraiment riches- vous ne gagnerez rien d’autre par le vote Le Pen que de maigres augmentations de " pouvoir d’achat ".

En échange, vous obtiendrez une destruction poursuivie des services publics, une réapparition brutale de la société martiale et disciplinaire, une discrimination de plus en plus barbare des " musulmans " et des personnes " racisées " en France, une propagande illusoire sur la " grandeur internationale de la patrie " et l’agrandissement ostentatoire de la fortune des Arnault et des Bolloré, comme sous Macron.

Alors faites ce que vous voulez, mais si vous voulez " faire barrage " à « l’extrême droite », faites aussi barrage à " l’extrême centre " et vice versa : ne votez ni Macron, ni Le Pen.

Ces deux-là " dansent ensemble ".

Pierre BOCCON-GIBOD

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