Pour qui sonne le glas

, par  DMigneau , popularité : 0%

Pour qui sonne le glas

La triste image donnée à Bruxelles par les chefs d’États de’ l’UE doit nous interpeller car elle met en évidence une mésentente...

La triste image donnée à Bruxelles par les Chefs d’États de l’UE doit nous interpeller car elle met en évidence une mésentente et une contradiction fondamentale entre les différentes parties prenantes de « l’Union Européenne ».

Le ciment de l’UE devrait être une solidarité sans faille entre les pays ce qui est loin d’être le cas comme cela est mis en évidence par ce triste épisode.

Nous avons eu une première alerte avec la crise de la dette grecque en 2008. A cette occasion les autres avec l’Allemagne en leader, ont imposé des conditions drastiques à l’extrême, à ce pays alors que les complices de ce désastre comme la banque " Goldman Sachs ", n’ont pas été inquiétés et que les « commissaires européens » ont fermés les yeux durant des années laissant l’abcès gonfler jusque à la gangrène, au point que la Chine en a profité pour investir fortement dans ce pays et ainsi enfoncer un coin dans « l’Union ».

L’UE et les « frugaux » en tête, n’ont pas compris que si tous les pays n’avancent pas en une ligne solidaire et s’ils ne font pas les efforts nécessaires pour réduire les différences entre les divers pays de « l’Union », alors elle éclatera pour le plus grand bien des prédateurs déguisés en " bon samaritains " qui attendent à l’extérieur en se frottant les mains et en se léchant les babines.

Chine, Russie et USA oeuvrent - et pas toujours dans la discrétion - pour faire éclater « l’Union ». Ils en ont les moyens, l’ambition et le temps. Mais ils ont également des alliées au sein même de l’UE avec comme " tête de file " les Pays-Bas, qui n’ont qu’un seul objectif : le business. Une Europe politique ne les intéresse pas ; ce qui compte, ce sont " les affaires ", les bénéfices. Un peu comme si le proverbe " l’union fait la force " était intraduisible en néerlandais. On dirait que les Pays-Bas ont choisi - et depuis longtemps - leur camp, celui des bénéfices maximums.

On se souvient de la dureté extrême de la « Compagnie des indes orientales » quand elle régnait sur l’Indonésie.

Les " Bataves " ne sont pas de tendres !

La construction de l’UE devrait ressembler à celle d’un " barrage en voûte " où toutes les tranches doivent obligatoirement avancer non au même rythme, mais en parallèle sans jamais que l’une ou l’autre reste " en rade " ou prenne trop d’avance, sous peine de fragiliser et faire capoter l’ensemble de l’édifice.

L’UE a toujours refusé de lutter contre les " paradis fiscaux " intra communautaires et les Pays-Bas en font partie avec leur " sandwich hollandais " qui contribue à torpiller les économies des pays membres.

La crise de ce week-end est le résultat du laxisme européen en matière fiscale et nous payons le prix de ce laisser faire, car les problèmes que l’on met " sous le tapis " finissent toujours par resurgir et rarement en bien.

Pourquoi les pays forts de l’UE n’investissent-ils pas massivement dans les pays de l’est afin de les amener au " standard européen " moyen ?

Pas assez rentable, mon fils !

Mais c’est aussi parce qu’il n’y a pas de réelle politique visant à ce développement de l’Europe, ni même de vrai projet européen.

Pas d’avenir hormis « le pognon », pas d’idéal hormis " l’hymne à la joie ". L’Europe se meurt par manque d’ambition et par un manque cruel de solidarité.

Ce qui se passe à Bruxelles en ce mois de juillet de pandémie et quel qu’en soit le résultat final, n’est peut-être que le premier grand soubresaut d’un rêve qui s’achève, d’un projet " auto saboté ".

Jean MUNCH

MediaPart