Philippe Douste-Blazy sous la censure et ce n’est qu’un début

, par  DMigneau , popularité : 0%

Philippe Douste-Blazy sous la censure et ce n’est qu’un début

La censure de la société commence à s’intéresser à Philippe Douste-Blazy, via les chevaliers de la « bien pensance » : les " Décodeurs " du " Monde ".

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/26/etude-sur-l-hydroxychloroquine-les-raccourcis-et-approximations-de-philippe-douste-blazy_6040839_4355770.html?fbclid=IwAR2ze6gpfyyJ9fwnFizJVKuhY09bM3NohV51sBht_ZCpAiz6y6idnIhVgcE

Tous les citoyens qui se croyaient encore dans un monde libre peuvent déchanter. Ils sont bel et bien surveillés et rappelés à l’ordre, l’ordre fixé par des surveillants auto-proclamés sérieux et « No Fake ».

Sous les apparences d’une modernité un peu louche de " Start-up nation ", nos lendemains s’annoncent cruels.

Une censure très orientée

La censure est l’arme habituelle des dictatures.

Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la santé, médecin, dont le père était un membre éminent de « l’Académie de médecine » vient de se voir rappelé à l’ordre.

Un internaute, sur un site de soutien au professeur Raoult, se plaint même que sa vidéo de l’intervention critiquée de M. Douste Blazy aurait été censurée sur " Facebook ".

Motif : selon les " Décodeurs du Monde ", les propos de l’ancien ministre contiennent des raccourcis et des approximations !

C’est comme ça, dans la France de 2020. On se gausse du « Plus jamais ça !! ». On commémore, à juste titre, les souvenirs de celles et de ceux qui périrent sous le joug des totalitarismes, mais on se comporte un peu comme " les monstres du passé ".

On censure, on coupe, on interdit, on dévalorise, on moque, on interdit même une erreur, une " approximation ". Tout doit être lisse, parfait et aux normes. C’est important car les lecteurs d’aujourd’hui sont incapables de lire correctement un texte, de l’analyser et d’y repérer une " approximation ".

Il faut, à ce lecteur, l’aide d’un surveillant, présenté comme un " ange gardien ", évidemment...

...Évidemment, cette célérité à censurer, cette recherche des " raccourcis " et des " approximations " ne s’appliquent pas à tout ce qui sert les adversaires des médecins qui veulent sauver des vies.

L’étude publiée dans " The Lancet " contient des données manifestement erronées (le nombre de morts en Australie, par exemple), se fonde sur des données invérifiables, conclut à l’inefficacité d’un traitement, prescrit à des doses inconnues sur des patients gravement malades, présente, sur les cinq continents, des groupes étonnamment semblables, mais cela n’a pas d’importance.

Les " Décodeurs du Monde " ne critiquent pas cette étude, n’y voient aucune approximation, aucun raccourci, rien de « foireux ».

Nous sommes vraiment entrés dans le " Grand Dévoilement ".

C’est dans les situations " hors normes " que se dévoile le vrai visage des gens. En temps de guerre, on a vu les « résistants » et les « collaborateurs ». Avec cette crise sanitaire, on voit qui est ouvert à la discussion et à l’écoute et qui penche dangereusement du côté de l’innommable.

Le trouble office des décodeurs du " Monde "

Il y a quelques années déjà, " Le Monde " avait eu la " brillante " idée de créer un outil nommé " Décodex ".

A l’époque, j’avais évoqué cette formidable mise au goût du jour de « l’Inquisition ». Cet outil du web permet ainsi de prendre connaissance de la nature - sérieuse ou non, dangereuse ou non - des sites que l’on consulte.

" Décodex " est un outil décomplexé et fort peu modeste : son ambition est là pour « Éviter la confusion sur les sources », « Donner les bons outils, au bon moment » et « lutter contre la diffusion virale de fausses informations et à aider les internautes à se repérer dans la jungle des sites producteurs ou relayeurs d’informations ».

Le travail réalisé est présenté comme " sérieux " et " solide " par ses concepteurs ; on ne rigole pas.

Aujourd’hui, toute critique, toute prise de position contrariant la pensée dominante est douteuse, dangereuse et forcément une " fake ".

Eh oui, le teaser de la « bien-pensance » est brandi, la censure est à l’œuvre.

" Décodex " c’est un peu la vieille liste de l’église catholique mettant à l’index les ouvrages interdits, rejetés et à éviter.

" Décodex ", c’est un peu l’officine du directeur de la Librairie, fonction qui existait sous « l’Ancien régime » et dont la finalité était la surveillance de la pensée et l’interdiction de tout ouvrage subversif car remettant en cause le discours du pouvoir.

C’est un peu tout cela mais en bien pire.

" Décodex " est la version " proprette " des pires outils de contrôle de la conscience imaginés par George Orwell dans « 1984 ».

Pourquoi ?

Parce que " Décodex " se présente comme un outil bienveillant, éclairé, créé pour nous venir en aide et même venir en aide aux enseignants.

Sans la moindre gêne, " Le Monde " avait présente sa démarche la main sur le cœur « Notre but n’est certainement pas d’établir une hiérarchie ou de décréter ce qu’il faut lire ou non mais, simplement, d’offrir des points de repères à des lecteurs parfois perdus face à la masse d’informations qu’ils peuvent trouver sur le Web ».

C’est beau et touchant, sauf que " Décodex " est surtout là pour protéger notre merveilleux « système » où tout le monde peut dire ce qu’il pense à condition que ce qu’il pense ne soit pas en contradiction avec ce que pense le système.

Après la censure, la violence physique ?

Ce qui est effrayant dans la réaction du pouvoir - des pouvoirs - c’est la violence, de moins en moins légitime, exercée sur les citoyens.

Le débat, la confrontation des idées, la polémique, si utile à la réflexion et aux remises en cause, tout cela est désormais rendu difficile, si ce n’est interdit.

Les faits, les chiffres, les études, plus rien n’a de sens et de portée dès lors que « le Système » pense et dit le contraire : Je dis ce qui est vrai et vous n’avez droit qu’à vous taire même si les faits vous donnent raison, telle est la philosophie des censeurs.

Ce qui est effrayant, c’est que la dictature aime la censure mais elle a aussi d’autres vices.

Elle aime la violence psychologique, voire physique.

Nous sommes au début d’un basculement inquiétant vers un autoritarisme de plus en plus sourd et aveugle. Il y a de quoi s’inquiéter pour demain, après la censure qu’adviendra-t-il de nous ?

Régis DESMARAIS

AgoraVox

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