Pesticides : à quand des mesures contre les agriculteurs voyous ?

, par  DMigneau , popularité : 10%

Pesticides : à quand des mesures contre les agriculteurs voyous ?

La meilleure phrase pour résumer la situation : déplorer un effet dont l’on chérit les causes

Souvenez vous, en 2008, le « fameux » Grenelle de l’environnement ou plutôt, fumeux. Jugez plutôt. On nous annonçait une réduction de moitié des pesticides et l’interdiction de certaines substances dangereuses.

A l’aube de 2018, qu’en est-il ?

On en utilise de plus en plus. Des pesticides interdits se retrouvent régulièrement et ne parlons même pas des controverses qui finissent systématiquement par des ré-autorisations !

On doute ?

Peut-être que c’est cancérigène ?

Peut-être que ça détruit tous les écosystèmes en plus de nous empoisonner lentement mais sûrement ?

Allez, c’est reparti ! 18 mois de plus pour le glyphosate qui compose le " round up ", le plus grand destructeur du monde, dans un premier temps, et maintenant, c’est 5 ans !

Mais qu’on se rassure ! Nos gouvernements prennent « les choses en main », c’est promis. A grands coups de réunions et de prévention.

Le problème, c’est que ce ne sont pas les particuliers qui posent problème, ni les collectivités, ou tout du moins, plus, parce qu’elles ont récemment et rapidement modifiés leur gestion des zones vertes et ont, pour la plupart, bannis ou tout du moins largement diminué leur utilisation de pesticides.

Du côté des citoyens, certes, il reste encore à faire, de nombreux jardiniers continuent d’utiliser des biocides, mais leurs surfaces étant minimes, ce ne sont pas eux qui ont le plus gros impact.

Le plus gros impact, les utilisateurs n ° 1 des biocides, ce sont les agriculteurs.

Et quelles sont les mesures pour qu’ils réduisent leur utilisation de pesticides ?

Aucune.

Au contraire même, puisque le modèle agricole, basé sur la Politique Agricole Commune, est largement basé sur le productivisme qui oblige à user et abuser d’engins lourds (tracteurs), à traiter de grandes surfaces (monocultures), ce qui va forcément attirer les espèces consommant ces denrées donc utilisation des biocides.

Des alternatives existent notamment la permaculture et tout ses dérivés, mais elles ne sont pas du tout valorisées : bien souvent, aucune aide n’existe pour se lancer dans ce genre de production.

Bien sûr, ces alternatives modifieraient profondément la production agricole, mais, et alors ?

L’agriculture actuelle, dite " conventionnelle ", est à mille lieux de l’agriculture standard d’il y a un siècle et pourtant, elle l’a rapidement remplacé.

Mais à quel prix ?

Année après année, on se plaint que nos rivières soient de plus en plus polluées, nous disposons de cartes et de données qui nous renseignent précisément sur l’utilisation des pesticides, et après ?

Rien.

Nous savons que nos rivières sont polluées, parfois par des produits interdits, mais à part faire de jolies cartes pour faire " le buzz " d’un jour, ça n’ira pas plus loin.

Pourtant, avec ces cartes, on pourrait facilement repérer les agriculteurs pollueurs, ceux qui utilisent trop de produits ou ceux qui utilisent des produits interdits.

On pourrait les repérer, les verbaliser, faire des exemples pour que la pollution aux pesticides se stabilise ou mieux, diminue. Mais nous ne le faisons pas.

Pourquoi ? Aller demander aux décideurs… Et aux lobbys qui les financent.

POlivier

AgoraVox