Pays-Bas : le « Premier ministre » dans le viseur d’un gang de trafic de drogues

, par  DMigneau , popularité : 0%

Pays-Bas : le « Premier ministre » dans le viseur d’un gang de trafic de drogues

Le " Premier ministre " néerlandais Mark Rutte est connu pour se déplacer souvent à vélo, avec peu de mesures de sécurité. ANP via AFP

Mark Rutte, le « Premier ministre » néerlandais, fait l’objet d’une " protection renforcée " depuis que la police néerlandaise a repéré des guetteurs qui l’auraient pris en filature. Les hommes sont soupçonnés d’appartenir à la " Mocro Maffia ", un gang de trafic de drogue très connu dans le pays.

Mark Rutte se présente comme un « Premier ministre » normal. Il se déplace à vélo à La Haye, y compris quand il a rendez-vous avec le roi des Pays-Bas Willem-Alexander et des responsables internationaux.

Une tranquillité affichée qui ne rassure pas du tout la police néerlandaise.

Cette dernière a décidé, lundi 27 septembre, de relever le niveau de protection du « Premier ministre », après avoir détecté des menaces à son encontre.

D’après plusieurs chaînes de télévision et le quotidien " De Telegraaf ", Mark Rutte a été " pris en filature " par des hommes appartenant vraisemblablement à un gang connu dans le trafic de drogue sous le nom de " Mocro Maffia ".

Toujours selon le quotidien néerlandais, il existe " des signaux selon lesquels il [Mark Rutte] pourrait être la cible d’une attaque ou d’un enlèvement ". Les suspects ont été aperçus à proximité du « Premier ministre » à plusieurs reprises et à différents endroits.

Benelux-Colombie

Des agents de police spécialement formés des services de sécurité royale et diplomatique néerlandais ont été affectés à la protection de Mark Rutte avec des " mesures visibles et invisibles ".

Le « Premier ministre » a refusé de confirmer ou d’infirmer les menaces qui planent sur lui. " Je ne dirai rien sur la sûreté ou la sécurité ", a-t-il déclaré. Même mutisme du côté du bureau du chef du gouvernement, du " coordinateur national néerlandais pour la lutte contre le terrorisme et la sécurité " (NCTV) et du « Parquet » national.

La " Mocro Maffia " est un des gangs qui donnent le plus de " fil à retordre " aux autorités néerlandaises. Ses membres sont majoritairement d’origine marocaine et entretiennent des liens avec les cartels colombiens pour importer de la drogue aux Pays-Bas.

Un réseau du même type existe en Belgique. Dans la ville d’Anvers, on l’appelle la " Borgerokko Maffia " car elle officie à Borgerhout, un district devenu une " plaque tournante " de la drogue.

" Un paradis pour l’argent des narcos "

Le gouvernement a récemment décidé de sévir contre ces trafics et contre le " crime organisé ". L’assassinat cet été du journaliste Peter R. de Vries a provoqué une " onde de choc " dans le pays.

Le 6 juillet, ce spécialiste des " affaires criminelles " a été criblé de six balles alors qu’il sortait d’une station de radio d’Amsterdam où il avait été invité.

Entre la vie et la mort durant une dizaine de jours, il est finalement décédé le 15 juillet.

" La mort de Peter R. de Vries me touche profondément. C’est presque inconcevable ", avait alors réagi Mark Rutte.

Or, des guetteurs similaires à ceux qui traquent le « Premier ministre » ont été impliqués dans le meurtre de Peter R. de Vries. Le journaliste avait été conseiller et confident d’un " témoin-clé " dans le procès de Ridouan Taghi, le chef supposé de la " Mocro Maffia ".

Si le nom du témoin en question n’est pas connu, on se souvient également que son avocat, Derk Wiersum, avait été abattu en pleine rue à Amsterdam, il y a deux ans.

Ces drames qui émaillent le pays ont poussé le journaliste et écrivain italien Roberto Saviano à déclarer en août dans " le Corriere delle Sera " que " les Pays-Bas sont devenus un paradis pour l’argent des narcos »"

Magazine " Marianne "