Payoneer, la carte de crédit d’Airbnb bien pratique pour... échapper au fisc

, par  DMigneau , popularité : 38%

Payoneer, la carte de crédit d’Airbnb bien pratique pour... échapper au fisc

Accusé, le groupe " Airbnb France " rappelle simplement que les utilisateurs sont censés respecter les lois en vigueur dans leur pays. - Lionel BONAVENTURE / AFP

Le fonctionnement de la carte de crédit rechargeable " Payoneer ", l’un des systèmes de paiement mis à disposition par " Airbnb ", est tellement opaque que les propriétaires peuvent en profiter pour échapper à l’impôt.

Un système mis en lumière ce vendredi 1er décembre par " France info ".

La plateforme de location " Airbnb " encouragerait-elle ses loueurs de biens à échapper au fisc ?

C’est la question que pose, ce vendredi 1er décembre, " France info " dans une enquête consacrée à la solution " Payoneer " : un " des bons plans " qui circulent " de bouche à oreille depuis trois ans chez les propriétaires d’appartements " inscrits sur le site.

Le principe de cette carte de crédit rechargeable au nom exotique est simple. Plusieurs systèmes de paiement ont été mis en place par " Airbnb " pour rétribuer ses " hôtes ", les propriétaires d’appartements. La grande majorité, 90 %, choisissent actuellement de recevoir les revenus générés sur la plateforme directement sur leur compte bancaire.

D’autres préfèrent toutefois un moyen plus confidentiel, ladite carte.

Cette dernière présente plusieurs avantages, détaille " France info ".

Sa simplicité, " trois clics depuis son compte suffisent " pour l’obtenir, mais aussi et surtout sa discrétion. Car " Payoneer ", du nom de la société qui la commercialise outre-Altantique, est émise depuis Gibraltar " où l’entreprise américaine a obtenu le statut d’Electronic money institution ".

Un statut qui lui permet, par conséquent, de délivrer en toute légalité " des moyens de paiement dans toute l’Union européenne ". Rien de plus simple dans ces conditions pour tous les propriétaires utilisant " Airbnb ", français compris, de récupérer les gains obtenus sur la plateforme. " Ils n’ont plus, par exemple, qu’à se rendre dans un distributeur de billets (les plafonds de retrait sont élevés) ".

Or, poursuit Éric Vernier, chercheur et expert en " paradis fiscaux " sur " France info " :

" ce type de comptes adossés à une carte ne sont pas des comptes bancaires à proprement parler. Ils échappent de ce fait aux accords sur l’échange d’informations bancaires - que Gibraltar a signé avec la France - et restent très pratiques pour ceux qui veulent éviter que l’on sache qu’ils ont de l’argent ailleurs que dans leur pays de résidence ".

Un problème que n’ignore pas le ministère des Finances et dont personne - ni l’exécutif ni les parlementaires - ne semble vouloir s’emparer.

En attendant, les bonnes affaires fleurissent sur " Airbnb ".

" Un moyen totalement opaque "

" C’est un ami qui m’en a parlé, raconte en effet un utilisateur français de la carte " Payoneer " à " France info ". Il m’a dit que c’était très pratique pour récupérer mes revenus de location, et que c’était un bon moyen pour échapper au fisc parce que c’est totalement opaque ", conclut-il.

La plateforme revendique plusieurs dizaines de milliers de petites annonces passées en France.

Combien de propriétaires ont souscrit dans l’hexagone à " Payoneer " depuis sa mise à disposition, en 2014 ?

Mystère.

Accusé, le groupe " Airbnb France " explique quant à lui n’avoir " aucune connaissance de plaintes concernant ce prestataire de paiement et rappelle que les services de l’entreprise américaine sont utilisés par nombre d’entreprises dans le monde. "

Par Amazon, entre autres, grand champion de « l’optimisation fiscale ».

Et " Airbnb " d’ajouter : " Nous leur rappelons (aux propriétaires de biens ndlr) la nécessité de s’informer des réglementations fiscales applicables et de s’y conformer ".

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