Paradise Papers : les " premiers de cordée " ont encore frappé !

, par  DMigneau , popularité : 38%

Paradise Papers : les " premiers de cordée " ont encore frappé !

Une partie de la fortune d’Elizabeth II a été investie dans des paradis fiscaux. - Yui MOK / POOL / AFP

Elizabeth II, Lewis Hamilton, le secrétaire au commerce américain, des proches de Donald Trump ou du chef du gouvernement canadien, Justin Trudeau... Tous ont massivement investi dans des paradis fiscaux. L’objectif ? Soustraire une partie de leur fortune à l’impôt public. Et ce, en toute légalité.

Et si " l’optimisation fiscale " des riches n’était finalement pas une passion française ?

A en croire les " Paradise papers ", il s’agit là plutôt d’un « sport mondial » qui unit pêle-mêle la reine d’Angleterre, le champion de Formule 1 Lewis Hamilton, des proches de Donald Trump, du Premier ministre canadien Justin Trudeau ou de grandes fortunes françaises.

Les documents révélés ce dimanche 5 novembre par 96 médias appartenant au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), parmi lesquels " Le Monde ", Radio France et France 2, mettent au jour les trésors d’inventivité mis en place par un certain nombre de grandes fortunes afin de soustraire leur argent à l’impôt public.

Le tout tout à fait légalement, grâce à des montages juridiques d’une grande sophistication…

De quoi est-il question ?

Les journaliste de l’ICIJ ont eu accès à quelque treize millions de documents provenant d’une fuite massive de données, pour moitié issus du cabinet-conseil britannique Appleby, situé aux Bermudes et dans dix autres paradis fiscaux.

Leur analyse a pris une année.

Qui est concerné ?

La reine du Royaume-Uni, Élisabeth II, est dans la tourmente. Les documents de l’ICIJ montrent qu’une partie de sa fortune est investie… dans des paradis fiscaux, afin d’échapper à l’impôt.

Cet argent finance de surcroît une entreprise… critiquée pour avoir profité des britanniques les plus pauvres.

En 2005, le duché de Lancastre, propriété de la couronne depuis 1399, a investi 7,5 millions d’euros dans une société aux Iles Caïmans. Ce fonds a lui-même investi dans un fonds qui contrôle la société britannique BrightHouse.

Cette entreprise de location-vente est très controversée car elle propose des crédits avec un taux d’intérêt de… 99,9 %.

Le secrétaire au commerce de Donald Trump, Wilbur Ross, possède des intérêts dans la compagnie de transport maritime de gaz " Navigator Holdings " qui réalise de nombreuses transactions avec un géant du gaz et du pétrole, " Sibur ", contrôlé par des proches du président russe, Vladimir Poutine. Et ce, malgré les sanctions à l’égard de la Russie.

Par ailleurs, treize proches du président américain possèdent des parts dans des sociétés situées dans des paradis fiscaux qui se soustraient donc à l’impôt.

Le champion de Formule 1 Lewis Hamilton a utilisé plusieurs sociétés écrans dans des paradis fiscaux afin de ne pas payer 3,7M € de TVA sur son jet privé.

Stephen Bronfman, l’ex-trésorier de campagne de Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, a investi dans une société financière opaque aux Iles Caïmans.

Des sociétés liées au pouvoir russe, le géant du pétrole " Gazprom " et la banque VTB, ont massivement investi dans " Twitter " et " Facebook ".

D’autres révélations sont à attendre.

Certaines promettent de concerner de « grandes fortunes françaises ».

Étienne Girard

Marianne