Panique sur le Titanic - les réformes Blanquer passées à l’équerre

, par  DMigneau , popularité : 0%

Panique sur le Titanic - les réformes Blanquer passées à l’équerre

Le gouvernement français est payé par ses promoteurs pour faire passer en quatre ans toutes les réformes permettant la « normalisation » de la France selon les règles néolibérales néoconservatrices " globalisées " qui devraient laisser un pays totalement « domestiqué » aux gestionnaires qui viendront après lui.

« L’éducation » et « la recherche » constituent dans ce contexte un secteur clef appelé à devenir un marché produisant une jeunesse fragmentée, " sectorisée " et servile.

D’où la réforme décrite ici par un enseignant.

La Rédaction


Nommé ministre dans le contexte du " raz de marée " du parti " La République en marche " (LReM) des législatives qui ont suivi les élections présidentielles de 2017 suite à l’effondrement historique d’un parti " socialiste " hégémonique pendant quatre décennies " à gauche " et à la fin calamiteuse du quinquennat Hollande, Jean-Michel Blanquer, recteur apprécié et docteur en droit public disposait de bonnes cartes dans son jeu pour se poser en ministre rassurant « connaissant bien la maison », respectueux des savoirs et des enseignants, après les réformes contestées, notamment du collège, d’une Najat Belkacem usée et auréolée d’une image " d’amateurisme ".

Le scénario de la nomination d’un Jack Lang défenseur des « humanités » après plusieurs années de réformes au bulldozer du tonitruant Claude Allègre pourfendeur du « mammouth » semblait pouvoir se rejouer, et hormis les plus zélés sectataires du " pédagogisme intégral ", Jean-Michel Blanquer a pu bénéficier dans le corps enseignant d’un accueil rassuré sinon bienveillant, pourvu qu’on ne fût pas au fait des projets de nos " élites " et des instances européennes concernant le devenir de « l’école », d’autant que le nouveau ministre avait déclaré ne pas vouloir associer son nom à une énième réforme globale.

Car les enseignants - c’est bien connu ! - ne sont pas, depuis les réformes Haby, Jospin, Allègre, Fillon, Chatel, Belkacem, friands de réformes, et ne sont pas les derniers des « Gaulois réfractaires » (1).

Peut-être est-ce qu’ils se souviennent qu’il y a un demi-siècle, un professeur certifié de lettres faisait son service complet avec deux classes de sixième en gagnant le salaire d’un ingénieur.

Ces temps ne sont plus, et l’on exagère à peine aujourd’hui si l’on dit qu’un professeur stagiaire doit, dans les grandes villes, choisir entre se loger ou se nourrir, tandis que pour un titulaire, les affectations sur une pléthore d’établissements simultanément ne sont pas rares et qu’avoir six, sept ou huit classes n’est pas l’exception dans certaines disciplines (2).

Comment s’étonner dans ces conditions de la " crise des vocations " et de l’effondrement du nombre de postulants aux concours (3) ?

Moralisation " d’extrême centre "

« On allait voir ce qu’on allait voir !! » ; la moralisation de la vie publique promise par le " raz de marée " du nouveau parti « d’extrême centre » allait se doubler d’une fin du marasme rue de Grenelle. Mais en guise de " 18 Brumaire ", on ne vit qu’un vulgaire 2 décembre (4), qui non content de se révéler comme une farce, allait vite faire figure de farce amère.

La réhabilitation des contenus et de l’autorité allait se heurter au mur de l’Atlantique des exigences budgétaires et c’est à un certain Mathiot, directeur d’un IEP de province, qu’allait selon la mise en scène du recours devenu indispensable à la parole de " l’Expert " être confiée la tâche de concevoir un emballage habile, capable de " chloroformer " suffisamment longtemps la profession et l’opinion pour que la nécessité de réformer le lycée et « le bac » soit progressivement contre tout engagement antérieur distillée sans que la dimension réactionnaire du projet ne soit éventée.

On savait qu’on pouvait compter sur les médias et des plateaux télé complaisants : « que des amis » !

Jamais les scélérats « Contrats d’Exclusivité Numérique » signés sous Najat Belkacem entre le Ministère de l’Éducation Nationale et Bill Gates ne furent ni évoqués ni remis en question (5). Et c’est bien trente ans après que Lionel Jospin eût mis l’élève au « centre du système éducatif » en lieu et place des savoirs que serait désormais placé au centre le « Numérique ».

Tout un programme !

A cette fin, conditionnant l’irruption des GAFA (6) et des compagnies d’assurance à l’affût sur le terrain de ce qu’il faudra bien désormais appeler le « marché éducatif », il était nécessaire de " faire sauter " un certain nombre de " verrous " de l’école républicaine :

- la classe,

- le baccalauréat ainsi que l’ensemble des diplômes nationaux,

- la liberté de choix des études supérieures, et, " last but not least ", le livre lui-même.

" Exit " la galaxie Gutenberg, les manuels, la liberté pédagogique et les bibliothèques, bienvenue aux " manuels numériques ", aux " mallettes pédagogiques ", à la " cyber-surveillance " en temps réel,

- aux " tablettes " (7) et à la pédagogie pré-digérée !

25 ans après l’explosion du " mammouth " (8), c’est donc désormais le " bouquet final " de la " super novae " dont le meilleur ministre du gouvernement Philippe-Macron allait allumer la mèche, résolvant d’un coup plusieurs problèmes extrêmement irritants :

- l’illettrisme de masse,

- l’échec scolaire,

et l’insupportable accès à des filières supérieures coûteuses d’éléments non désirés, autant dire la " quadrature du cercle ". Le prodige allait se réaliser grâce à un algorithme, celui du " Big brother " de la rue de Grenelle appliqué au système d’affectation dans le supérieur baptisé " ParcourSup " selon le précepte qui guide notre " Diafoirus " de la " révolution cybernétique " et « neuro-scientifique » bravant la pédagogie restée demeurée à l’âge de la roue à bras des blouses grises de la république : il n’y a pas de problème dont quelque algorithme n’ait la solution !

Un logiciel chargé de remettre chaque jeune à sa place

Mais le logiciel qui allait octroyer à chaque jeune la place qui lui sied se devait d’être accompagné d’une " révolution " des pratiques tous azimuts, ce non sans les fameux EDL - les éléments de langage - qui agrémentent toute réforme afin de la rendre " présentable " sur les plateaux télé, à défaut de la rendre " supportable " pendant une année scolaire promise, dès la classe de Première, à devenir un " parcours du combattant ", non seulement pour des élèves, désormais relégués d’office à la périphérie du « système éducatif », mais pour les parents et pour le « corps enseignant », bien entendu sclérosé.

L’introduction des spécialités et du " tronc commun ", l’éclatement des classes et la disparition des filières préparant à des types d’études définies - scientifique, humaniste, économique, pour ce qui concerne le lycée " général " - allait permettre d’organiser le " big bang " des avantages acquis et des habitudes installées, pour permettre de transformer le lycée en un champ expérimental de test pour les " nouvelles technologies ", soumettre le « corps enseignant » à la fameuse " stratégie du choc " de Naomi Klein et, concernant les jeunes générations, fabriquer " l’Homme nouveau " de la " start up nation " chère au président Macron.

Leur cerveau se devait de devenir le théâtre de la plus formidable " révolution " depuis Galilée : désormais, ce ne serait plus " l’intelligence artificielle " qui graviterait autour de l’intelligence naturelle, mais, grâce aux " tablettes Blanquer ", le contraire.

Le clou viendrait des fameuses E3C, - Epreuves communes de contrôle continu - destinées à demeurer dans les secrets du fonctionnement interne du " premier employeur " de France, mais désormais sur le devant de la scène depuis que la fronde qu’elles suscitent occupe le devant de l’actualité.

Ces épreuves de baccalauréat anticipées, dites de " contrôle continu ", devaient en effet donner lieu à " numérisation ", de manière à ce que « l’administration centrale » puisse en traiter les données, voire, dans les scénarios les plus fous, à en délocaliser la correction.

A court terme, on peut s’attendre à une prolifération des officines privées préparant à ces fameux E3C, les sujets étant en effet soustraits à l’autonomie pédagogique de maîtres, (appelés à s’abaisser au rang de « répétiteurs », ou à être remplacés,) et nécessairement tirés d’une « banque de sujets » accessible aux élèves et aux familles, car l’autre visage de la révolution " blanquo-cybernétique " de l’intelligence est celui du retour à la pédagogie " du perroquet ", sinon à celle, pavlovienne, de l’agriculture industrielle, où le bétail et les fruits doivent être calibrés et standardisés selon les normes du " Gosplan " de la rue de Grenelle : chacun devra " saliver " avant la becquée.

On est là au cœur de ce dont Blanquer est le nom : l’ordolibéralisme (9).

" Ordo ", car on est dans un fantasme de contrôle permanent et de manipulation totale, où demain le ministre en appuyant sur un bouton pourrait baisser ou hausser toutes les notes à volonté, comme la « réforme des retraites » et pensions d’Edouard Philippe donnerait au gouvernement l’outil, moyennant un changement de la valeur du point, pour manipuler instantanément les retraites ;

" Libéral ", en ce sens qu’à l’évidence on crée un système incompatible avec toutes les libertés publiques et tous les droits acquis, du baccalauréat, premier grade universitaire au statut des enseignants, sans compter qu’on voit bien comment le secteur privé va pouvoir tirer profit de la réforme :
- préparation aux E3C,

- traitement des données,

- corrections confiées « par délégation de service public », etc.

Quant au statut de " cadre " de l’enseignant, fondé sur son expertise académique, il sera vidé de tout contenu, vu que sa fonction aura été réduite à celle d’un simple agent, censé appliqué " à la chaîne " un process.

Pour une mobilisation de masse pour défendre recherche, enseignement, culture, santé

Plus prompts à réagir que les personnels, que certains syndicats ont tenté d’alerter en 2018-2019 sur les dangers de la réforme, les lycéens ont réagi " au quart de tour " aux premières tentatives de mise en place des E3C pendant l’hiver 2019-2020.

Sujets accessibles sur l’internet, conditions de composition déplorables, improvisation, manque de préparation : il était d’emblée évident que les conditions de l’égalité de traitement des candidats n’étaient pas remplies.

C’est dans le contexte des grèves affectant lourdement le secteur des transports, au moment même où de nombreuses universités voyaient les étudiants se mobiliser de leur côté, qu’une fronde sans précédent - en réalité - vit le jour, et elle eut la particularité en de nombreux endroits, de voir élèves, parents et professeurs lutter " coude à coude " contre une facette de la réforme dont le caractère aberrant sautait aux yeux de tous.

De nombreux établissements ont dû reporter les épreuves plusieurs fois, certains les ont purement et simplement annulées.

Entretemps, donnant " le coup de grâce ", « l’Inspection Générale de l’Education Nationale » est venue à la rescousse et sortant de sa réserve, a condamné sinon le principe, du moins les modalités des E3C, en un lointain écho de la condamnation de la « réforme des retraites » par le « Conseil d’Etat ».

Le " voile magique " de la communication, dans lequel le ministre s’était habilement enrobé, est donc tombé. Le roi est nu, et à vrai dire, bien seul. D’autant plus que violant des siècles de tradition et de jurisprudence étendant au secondaire la franchise universitaire (10), un Blanquer en mode " panique " a cru approprié de faire envoyer la police au sein même des établissements pour encadrer les E3C.

Les images des « forces l’ordre » - qu’à juste titre, on n’appelle plus " gardiens de la paix " - armées, casquées et bottées, souvent même masquées, encadrant nos enfants dans leurs écoles, demeureront à jamais comme une image de l’infamie de ce gouvernement totalitaire à la solde des multinationales.

C’est l’ensemble de la population qui doit se dresser comme un seul homme face à ce qui apparaît désormais au grand jour comme la négation de toute humanité.

Le fera-t-elle ?

Le poids du fatalisme, du défaitisme, sans négliger le fait que contrairement à la situation en 1968, les " intellectuels " ont penché du côté du camp gouvernemental, peut en faire douter - pourtant, ça n’est qu’une question de temps et d’organisation, nulle fausse conscience ne pouvant subsister indéfiniment. Car il faudra bien que le combat du régime du capitalisme pourrissant contre les institutions de la société, qu’il s’agisse de « l’assistance publique », de « la recherche » et de l’université, de « la culture » et de « l’éducation » soit sanctionné par une défaite finale.

Alfred Jarry *

* NDLR. L’auteur étant enseignant, et vu la période de répression actuelle, il a préféré choisir un pseudonyme, et a choisi ce dernier, sans doute pour caractériser les évolutions " pataphysiciennes ", la science des solutions imaginaires, de l’enseignement.

Notes :

1 - Expression utilisée par le président Macron au Danemark le 29 août 2018 pour qualifier le peuple français en comparaison avec les Danois qualifiés de peuple " luthérien " dont il vantait le modèle de « flexisécurité ».

2 - On ne parvient pas à trouver les chiffres, la bureaucratie qu’elle soit nationale ou internationale - l’OCDE notamment - préférant communiquer sur les taux d’encadrement moyens, c’est-à-dire le nombre d’élèves par classe - pourtant peu flatteurs pour la France.

En effet, concernant le nombre de classes par professeur, seuls les professionnels mesurent la pertinence de ce critère, décisif pour la qualité du travail, avec le nombre total d’élèves par professeur, qui est une résultante des deux.

D’autre part, les politiques de réduction d’horaires disciplinaires hebdomadaires, constantes depuis les réformes Haby et Jospin, mais accélérée depuis les réformes Fillon, Chatel et Blanquer, augmentent mécaniquement le nombre de classes par collègue, notamment dans les cours de langues, mais pas seulement, loin de là : un élève de Terminale " C " avait huit heures de mathématiques dans les années 80, quatre actuellement, hors spécialité, en Terminale " S ".

Les programmes sont donc soit allégés, soit survolés, soit une combinaison des deux.

Le nombre de devoir est insuffisant ou la correction est bâclée, ou une combinaison des deux.

A titre indicatif, un paquet de 35 copies en lycée sur un devoir type bac complet, cela peut représenter deux jours de travail, que le professeur ne peut trouver que pendant les congés scolaires, les week-ends, et en espaçant ces corrections fastidieuses, sans compter que cette charge de travail augmente au fur et à mesure de la dégradation de la maîtrise de la langue écrite par les élèves, et sans compter l’impact désastreux sur les emplois du temps de cette multiplication du nombre de classes.

3 - En 2019, 23 460 présents aux épreuves d’admissibilité du CAPES pour 6 845 postes. Globalement, le nombre d’inscriptions et de présence effective est en baisse et dans certaines matières comme les mathématiques ou l’anglais, les jurys sont confrontés au dilemme de recruter à des niveaux académiques trop faibles ou de recruter moins que les besoins, ce à quoi un projet de réforme du concours est censé répondre en multipliant les épreuves non académiques au détriment des épreuves académiques, ce qui ne pourra que masquer le mal et transformer les nouvelles générations d’enseignants en " techniciens " chargés de mettre en œuvre des " recettes " en lieu et place des maîtres.

4 - « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. » Dans " Le 18 Brumaire ", Marx interpolant la formule de Hegel, raille le coup d’Etat institutionnel du 2 décembre 1851.

5 - En novembre 2015, la ministre Najat Belkacem et Alain Crozier, président de " Microsoft France ", signent sans appel d’offre un partenariat exclusif qui donne au géant de l’informatique américain aux logiciels opaques une emprise sans précédent sur une administration complète. (Cf. Brighelli, L’école vendue pas cher à Microsoft et Le Point du 29/01/2016)

6 - « [l]es géants du web ont toutes les chances de se positionner dans les prochaines années pour devenir de véritables opérateurs de l’éducation […] ». L’émergence de ces nouveaux acteurs est une opportunité car ils offrent un environnement opportun pour acquérir des compétences en phase avec la stratégie du gouvernement, qui vise à intégrer « le numérique » dans l’enseignement et les pratiques pédagogiques.

De plus, la présence de ces acteurs dans d’autres domaines fait en sorte qu’ils entretiennent déjà une relation de proximité avec les usagers, ce qui facilite leur adoption. Ils nourrissent aussi le discours en vertu duquel « le numérique » est essentiel pour préparer les étudiants aux défis de demain, ce qui permet à des acteurs comme " Apple ", de caser un discours projetant l’enseignant dans une classe plus ludique, interactive et moderne. (Cité d’un billet rédigé par Amanda Belande et Maeva Ramanana-Rahary, étudiantes à l’ENS de Lyon, dans le cadre du cours Économie du document de 2017.)

7 - En août 2018, J-M Blanquer déclarait qu’aujourd’hui, « l’approche est clairement différente », à " l’Agence France-Presse " : « Le but n’est pas d’arroser tout le pays de tablettes (...) Les enjeux sont d’abord et avant tout qualitatifs ». Les faits démentiront ces déclarations rassurantes et en 2019, en pleines restrictions budgétaires, les établissements seront " arrosés " de tablettes et les « conseils d’administration » seront mis sous pression pour voter la numérisation des manuels - remplacer les manuels par des logiciels N.B. - et équiper toutes les salles du wifi.

8 - « Il y de cela plusieurs années, un individu extrêmement dangereux déclara que le mastodonte de l’Éducation nationale avait atteint une taille critique et qu’il fallait " dégraisser le mammouth ". Ce personnage pervers et fanatique s’appelait Claude Allègre. Il était ministre de l’Éducation nationale. » — (Benoît Rayski, " Y a-t-il trop de profs ? Oui et il faut dégraisser le mammouth ! " sur www.atlantico.fr, 23 mai 2013)

9 - Nous ne nous référons pas ici à " l’ordolibéralisme " historique de l’école de Freiburg de Wilhelm Röpke, Alfred Müller-Armack et Walter Eucken, mais au sens associé actuellement par plusieurs auteurs à ce terme et en fait assez différent de " l’ordolibéralisme " historique, qui visait à restaurer le libéralisme du XIXème siècle après la guerre et contre le " planisme " tant du bloc " socialiste ", du " national-socialisme " que du " New-deal ", tout en intégrant le souci exprimé dans le keynésianisme d’une prospérité bénéficiant à tous.

" L’ordolibéralisme 2.0 " rompt tant avec le compromis de classe de « l’Etat-Providence » y compris dans ce qui restait de pratiques macro-économiques keynésiennes contra-cycliques qu’avec le néo-conservatisme ultra-libéral du thatchérisme : l’Etat abolit à son profit tant le " paritarisme " que de nombreuses libertés économiques au profit d’un autoritarisme mais non au profit des masses laborieuses mais des multinationales ou de champions nationaux entretenant avec les élites politiques et administratives des liens de " consanguinité " : le " libéralisme " est de façade, mais pas l’exploitation, si bien qu’on pourrait aussi parler de socialisme à l’envers.

Dans le domaine scolaire, l’extension de l’obligation scolaire à la " petite enfance ", la multiplication des conseils de discipline et le recours à la répression policière, notamment à l’encontre des mobilisations de lycéens, la cybersurveillance, le contrôle tatillon des écoles " hors contrat " tandis que « le privé » sous contrat est encouragé ainsi que toutes sortes de délégations de « service public » sur le modèle chilien pourront être considérées comme des expression de " l’ordolibéralisme 2.0 ", préfiguré sans doute par les politiques mises en place suite au coup d’Etat du 9 septembre 1973 à Santiago du Chili.

10 - Remontant au XIIIe siècle, la franchise universitaire interdit aux « forces de l’ordre » de pénétrer dans les enceintes universitaires. Elle a été confirmée par un décret impérial de 1811 et étendue à l’enseignement secondaire. Au titre de l’article L712-2 du code de l’éducation, la police, sauf à se mettre dans l’illégalité, ne peut intervenir à l’université que sur requête du président ou dans le secondaire du recteur ou par réquisition du parquet, sauf en cas de flagrant délit.