Nouveau rebondissement dans la parodie de procès de Julian Assange

, par  DMigneau , popularité : 0%

Nouveau rebondissement dans la parodie de procès de Julian Assange

L’emprisonnement de Julian Assange a été un catalogue d’injustices flagrantes accumulées les unes sur les autres, tandis que les médias complices et la population endoctrinée détournaient les yeux.

Dans un revirement vraiment extraordinaire, Assange est maintenant extradé sur la base d’un acte d’accusation émis au « Royaume-Uni », qui est substantiellement différent de l’acte d’accusation qui l’attend en Virginie s’il est extradé.

L’audience d’Assange a été ajournée après sa première semaine complète et sa reprise a depuis été retardée par le " coronavirus ".

Au cours de cette première semaine complète, l’accusation et la défense ont exposé leurs arguments juridiques concernant « l’acte d’accusation ». Comme je l’ai rapporté en détail à un public de millions de personnes, l’équipe juridique d’Assange a assez bien démoli les principaux arguments du « Parquet » lors de cette audience.

Cet extrait de mon rapport sur les arguments de la défense est particulièrement pertinent par rapport à ce qui s’est produit depuis :

«  L’avocat de la défense Mark Summers a déclaré que les accusations des États-Unis reposaient entièrement sur trois accusations factuelles quant au comportement d’Assange :

Accusation 1 : Assange a aidé Manning à décoder une clé de cryptage pour accéder à du matériel classifié.

- Les faits : Summers a déclaré qu’il s’agissait d’une allégation mensongère dont la fausseté avait été prouvée lors de la " Cour martiale " de Manning.

Accusation 2 : Assange a sollicité le matériel auprès de Manning.

- Les faits : Summers a déclaré que les informations accessibles au publics prouvaient que cela était faux.

Accusation 3 : Assange a sciemment mis des vies en danger.

- Les faits : Summers a déclaré que tant les informations accessibles au public que l’implication spécifique du gouvernement américain prouvaient que cela était faux.

En somme, Summers a déclaré que le gouvernement américain savait que les allégations formulées étaient factuellement fausses et qu’il était prouvé qu’elles avaient été formulées de mauvaise foi.

Il s’agit donc d’un abus de procédure qui devrait conduire au rejet de la demande d’extradition.

Il a décrit les trois chefs d’accusation ci-dessus comme " des foutaises, des foutaises et des foutaises ".

Summers a ensuite passé en revue l’ensemble des faits allégués. Il a déclaré que les accusations des États-Unis divisent les documents divulgués par Manning à " Wikileaks " en trois catégories, à savoir :

a) Des câbles diplomatiques,

b) Des notes d’évaluation des détenus de Guantanamo,

c) Les règles d’engagement pour la guerre en Irak,

d) Des " journaux de guerre " en Afghanistan et en Irak.

Summers a ensuite méthodiquement passé en revue les points a), b), c) et d) en les reliant chacun à leur tour aux comportements allégués des accusations 1), 2) et 3), soit douze explications et démonstrations en tout.

Ce compte rendu exhaustif a pris environ quatre heures et je ne tenterai pas de le résumer ici. Je vais plutôt en donner les grandes lignes, mais je me référerai occasionnellement au numéro du comportement allégué (1, 2 ou 3) et/ou à la lettre désignant l’allégation (a, b, c ou d).

J’espère que vous arriverez à me suivre, il m’a fallu moi-même un certain temps pour m’y faire !

Accusation 1 : Summers a démontré de façon concluante que contrairement à ce que prétend l’accusation, Manning avait accès à chaque matériel a), b), c) et d) fourni à " Wikileaks " sans avoir besoin d’un code fourni par Assange, et qu’il disposait de cet accès avant même de contacter Assange.

Manning n’avait pas non plus besoin d’un code pour dissimuler son identité en accédant à la base de données des analystes du renseignement, à laquelle Manning avait accès comme des milliers d’autres analystes, car elle ne nécessitait pas de nom d’utilisateur ou de mot de passe à partir d’un ordinateur militaire de bureau.

Summers a cité le témoignage de plusieurs officiers de la " Cour martiale " de Manning pour confirmer cela.

De plus, obtenir le code " administrateur " du système n’aurait donné accès à aucune autre base de données " classifiée ".

Summers a cité le témoignage de la " Cour martiale " de Manning, où ce fait avait été accepté, selon lequel la raison pour laquelle Manning voulait accéder au code de " l’administrateur système " était de permettre aux soldats d’installer leurs jeux vidéo et leurs films sur les ordinateurs portables du gouvernement, une chose qui se produisait fréquemment.

Le magistrat Baraitser a procédé à deux reprises à des interruptions importantes. Elle a fait remarquer que si Manning ne savait pas qu’il ne pouvait pas être identifié comme l’utilisateur qui avait téléchargé les bases de données, il aurait pu demander l’aide d’Assange pour pirater un code afin de dissimuler son identité, ignorant que c’était inutile ; même s’il n’avait pas besoin de le faire, l’aide d’Assange constituerait une infraction.

Summers a souligné que Manning savait qu’il n’avait pas besoin de " nom d’utilisateur " et de mot de passe, car il avait déjà accédé à tous les documents sans en avoir.

Baraitser a répondu que cela ne constituait pas une preuve qu’il savait qu’il ne pouvait pas être identifié.

Summers a déclaré qu’il serait absurde de soutenir que Manning cherchait un code pour dissimuler son " nom d’utilisateur " et son mot de passe, alors qu’il n’avait pas de " nom d’utilisateur " et de mot de passe.

Baraitser a répondu à nouveau qu’il ne pouvait pas le prouver. C’est à ce moment que Summers a manifesté son irritation face à Baraitser et a énuméré de nouveau les preuves présentées à la " Cour martiale ".

Et il y en avait encore...

Baraitser a également fait remarquer que même si Assange avait aidé Manning à pirater un code d’administrateur, bien que cela ne lui permette pas d’accéder à d’autres bases de données, il s’agissait toujours d’une utilisation non autorisée qui constituerait le crime de " complicité d’utilisation abusive d’un ordinateur ", même si c’était dans un but innocent. »

Bien qu’il n’y ait aucune preuve que le juge Baraitser examine sérieusement les arguments de la défense, ce que ces échanges ont permis de montrer aux procureurs les failles de leur argumentation, qui leur causeraient de graves problèmes s’ils faisaient traduire Julian devant la justice des États-Unis.

En particulier, ils se méfient de la forte protection de la " liberté d’expression " dans la Constitution américaine et sont donc désespérés de dépeindre Julian comme un " pirate informatique " et non comme un journaliste. Mais comme vous pouvez le voir ci-dessus, leur argumentation en ce sens n’est pas solide.

Voir « Toute la vérité sur Julian Assange : Un système assassin est en train d’être créé sous nos yeux " :

https://lecridespeuples.fr/2020/02/24/toute-la-verite-sur-julian-assange-un-systeme-assassin-est-en-train-detre-cree-sous-nos-yeux/

L’accusation avait donc besoin d’un angle d’attaque différent.

Le 24 juin, le " Département américain de la Justice " a donc entièrement modifié l’acte d’accusation contre Julian en Virginie et a introduit un acte d’accusation de remplacement :

https://www.justice.gov/opa/pr/wikileaks-founder-charged-superseding-indictment

«  Nouvel acte d’accusation contre le fondateur de " WikiLeaks "

De nouvelles allégations affirment qu’Assange a comploté avec des pirates affiliés à " Anonymous ", entre autres.

Un " grand jury " fédéral a émis aujourd’hui un deuxième acte d’accusation de remplacement accusant Julian P. Assange, le fondateur de " WikiLeaks ", d’infractions liées au rôle présumé d’Assange dans l’une des plus grandes fuites d’informations classifiées de l’Histoire des États-Unis.

Le nouvel acte d’accusation n’ajoute pas de chefs d’accusation supplémentaires à l’acte d’accusation précédant comportant 18 chefs d’accusation contre Assange et émis en mai 2019.

Il élargit cependant la portée du complot quant aux intrusions informatiques présumées dont Assange était précédemment accusé.

Selon le document à charge, Assange et d’autres personnes de " WikiLeaks " ont recruté des pirates informatiques et se sont mis d’accord avec eux pour commettre des intrusions informatiques au profit de " WikiLeaks ".

Depuis les premiers jours de " WikiLeaks ", Assange s’est exprimé lors de conférences de piratage pour vanter sa propre histoire en tant que " célèbre pirate adolescent en Australie " et encourager les autres à commettre des actes de piratage pour fournir des informations à " WikiLeaks ".

En 2009, par exemple, Assange a déclaré à la conférence " Pirater au Hasard " que " WikiLeaks " avait obtenu des documents non publics du " Service de recherche du Congrès " en exploitant " une petite vulnérabilité " à l’intérieur du système de distribution de documents du " Congrès " américain, puis a affirmé que " c’est ce que n’importe lequel d’entre vous trouverait si vous vous donniez la peine de chercher. "

En 2010, Assange a obtenu un accès non autorisé à un système informatique gouvernemental d’un pays de l’OTAN.

En 2012, Assange a communiqué directement avec un chef du groupe de piratage " LulzSec " (qui coopérait alors avec le FBI) ​​et lui a fourni une liste de cibles à pirater.

En ce qui concerne une cible, Assange a demandé au leader de " LulzSec " de rechercher (et de fournir à " WikiLeaks ") du courrier et des documents, des bases de données et des fichiers PDF.

Dans une autre communication, Assange a déclaré au chef de " LulzSec " que la publication la plus percutante de matériel piraté proviendrait de la CIA, de la NSA ou du " New York Times ".

" WikiLeaks " a obtenu et publié des courriels suite à une violation de données commise contre une société américaine de conseil en renseignement par un pirate " Anonymous " et affilié à " LulzSec ".

Selon ce pirate, Assange lui a indirectement demandé de " spammer " à nouveau cette entreprise victime.

En outre, la conspiration de piratage élargie continue d’alléguer qu’Assange a comploté avec l’analyste du renseignement de l’armée [Bradley] Manning pour pirater une clé de cryptage sur un ordinateur classifié du Département américain de la Défense. »

Comme vous pouvez le voir, il s’agit de passer à des accusations solidement ancrées dans le " piratage ", plutôt que dans la publication de fuites sur les effroyables crimes de guerre américains.

Le nouvel acte d’accusation est basé sur les preuves d’un " indic ", Sigurdur Thordarson, qui était un informateur rémunéré du FBI lors de son contact avec " Wikileaks ".

Thordarson aime l’argent et est un criminel en série.

Il a été reconnu coupable le 22 décembre 2014 par le tribunal de district de Reykjanes en Islande d’avoir volé plus de 40 000 dollars et plus de 13 000 euros aux comptes de " Wikileaks " « Sunshine Press » en contrefaisant des documents au nom de Julian Assange, et condamné à une peine de deux ans de prison.

Thordarson est également un délinquant sexuel notoire, et a été jugé et condamné après avoir été dénoncé à la police par Julian Assange qui a trouvé les preuves – y compris des infractions impliquant un mineur – sur l’ordinateur de Thordarson.

Les motivations et la crédibilité de " l’indic " du FBI sont donc extrêmement suspectes.

Le FBI avait les " preuves " de Thordarson contre Assange depuis bien avant la date de clôture des soumissions des plaidoiries à l’audience d’extradition, qui était le 19 juin 2019.

Le fait qu’ils ressentent maintenant le besoin de déployer cette ficelle plutôt désespérée est un bon signe de leur impression quant à la tournure que prend l’audience d’extradition jusqu’à présent, qui est un indicateur des perspectives de succès des poursuites aux États-Unis.

Cela laisse l’extradition britannique dans un état de farce absolue.

J’ai participé à une discussion avec " Wikileaks " sur ce qui se passerait lorsque l’acte d’accusation de remplacement a été présenté à l’audience de procédure le mois dernier.

Elle n’aurait pas dû être acceptée car elle a été soumise plus d’un an après la date de clôture et après qu’une semaine de plaidoiries sur l’ancien acte d’accusation ont déjà été entendues.

Le nouvel acte d’accusation est clairement conçu pour corriger les failles de l’ancien qui ont été révélées à l’audience.

L’acte d’accusation de remplacement vise également à contrer les affidavits de témoins " à décharge " qui ont été divulgués à l’accusation, y compris les témoignages d’experts qui réfutent l’acte d’accusation concernant l’assistance présumée d’Assange à Manning en vue d’un piratage de données, qui est jusqu’à présent la seule base de l’accusation de " piratage ".

Nous avons fait valoir que ce changement était une proposition scandaleuse.

L’audience devait-elle recommencer à zéro sur la base du nouvel acte d’accusation ?

Puis, à notre grand étonnement, l’accusation n’a pas du tout présenté le nouvel acte d’accusation à l’audience de procédure.

Pour éviter ces problèmes, il semble qu’ils se contentent de permettre la tenue de l’audience d’extradition sur l’ancien acte d’accusation, alors que ce n’est pas cet acte d’accusation qui attend Assange aux États-Unis.

C’est tout à fait scandaleux.

L’accusation soutiendra que les charges réelles d’espionnage elles-mêmes n’ont pas changé. Mais c’est l’acte d’accusation qui constitue la base de l’audience d’extradition, et un tout autre acte d’accusation qui constituera la base de toute poursuite américaine.

Faire juger l’extradition sur le fond d’un acte d’accusation alors que l’accusé fera face à un autre acte d’accusation est un scandale.

Changer l’acte d’accusation longtemps après la tenue de l’audience et la présentation des preuves de la défense est un scandale.

Le manque d’indignation des médias est un scandale.

Voir " Julian Assange : 7 ans de mensonges du système politico-médiatique et première extradition d’un journaliste "

https://lecridespeuples.fr/2019/05/01/julian-assange-7-ans-de-mensonges-du-systeme-politico-mediatique-et-premiere-extradition-dun-journaliste/

Rien de tout cela ne choquera ceux d’entre nous qui ont prêté attention aux faits. Nous devons continuer de sensibiliser le public au fait que l’anéantissement d’un journaliste pour avoir dénoncé des crimes de guerre, sur la base d’un catalogue de mensonges étatiques et d’une procédure douteuse, n’est pas un acte que « l’État » peut entreprendre sans nuire à l’âme même de la nation.

Voire notre dossier sur Assange :

https://lecridespeuples.fr/?s=assange

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