Négociations du 12 octobre. Les directions syndicales jouent le jeu de Macron

, par  DMigneau , popularité : 22%

Négociations du 12 octobre. Les directions syndicales jouent le jeu de Macron

Malgré la journée de mobilisation réussie du 10 octobre dans la fonction publique, les directions syndicales ont toutes répondu présent à l’invitation du président de la République, qui souhaite, après le Code du travail, détruire l’assurance-chômage.

Crédits photos : PASCAL ROSSIGNOL - AFP

Deuxième acte des contre-réformes antisociales : Macron veut réussir à attaquer l’assurance chômage comme le Code du travail

Pour le gouvernement, les ordonnances portant sur la destruction du Code du travail sont de l’histoire ancienne. C’est pour cela que le gouvernement ouvre d’ores et déjà son deuxième chantier (de démolition) : celui de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance-chômage.

Parmi les trois, c’est bien le dernier sujet qui est le plus important et dans lequel le gouvernement compte imposer les plus forts reculs pour les salariés.

Si le gouvernement parle « d’étendre les droits au chômage à de nouveaux publics », l’objectif de la réforme est en réalité double : en finir avec l’Unédic et nationaliser l’assurance chômage, et réduire drastiquement les allocations chômage en durcissant les conditions d’accès et les moyens de radier les chômeurs de Pôle Emploi.

Loi " Travail XXL ", assurance chômage : même méthodes, mêmes résultats ?

Encore une fois, le gouvernement sort la carte de la « concertation » pour réussir à faire passer ses contres-réformes. Cet été, les directions syndicales avaient été " invitées " à des " réunions de concertation " avec le gouvernement sur la loi " Travail XXL ".

Un bon moyen pour le gouvernement de rétablir le « dialogue social » et d’empêcher ainsi toute mobilisation d’ampleur contre ses réformes.

Pour la loi " Travail XXL ", le dispositif avait particulièrement bien fonctionné : le gouvernement avait réussi à arracher le soutien de Force Ouvrière et de Mailly, même si celui-ci a été depuis désavoué par sa base.

Côté CGT, le syndicat avait aussi fait le jeu de la " concertation ", préparant timidement les manifestations de la rentrée : les manifestations du 12 et du 21 septembre, même si elles ont été assez suivies, n’ont pas permis de commencer à installer un rapport de force permettant de faire reculer le gouvernement.

Le gouvernement vise un même scénario pour la réforme de l’assurance chômage : inviter les directions syndicales sans réellement dévoiler leur plan, faire semblant d’écouter les Mailly, Martinez et autres Berger, en espérant que cela permettra de faire passer plus facilement les réformes.

D’autant plus que les représentants syndicaux qui sont passés ont déjà fait montre de leur satisfaction de ce système : Jean-Claude Mailly a tout simplement demandé que le gouvernement ouvre une négociation sur la formation, demandant même au gouvernement une expertise de " France Stratégie " sur le rôle et les missions du Service public !

Martinez, malgré les réticences qu’il a exprimé vis-à-vis des réformes, ne semble pas non plus particulièrement dérangé par la méthode des " concertations ", même s’il préfèrerait des « négociations » : « Si c’est juste pour nous voir une heure sept fois dans le mois d’octobre-novembre et qu’à la fin le texte soit celui du gouvernement et qu’on le découvre deux heures avant vous (les journalistes), nous ne sommes pas d’accord [… ] Il faut un texte, il faut des multilatérales ».

Face au dialogue social qui renforce le gouvernement, il faut proposer un plan de combat contre les ordonnances

Si Martinez affirme qu’il n’est pas d’accord avec la méthode des " concertations ", sa seule présence aujourd’hui à l’Elysée montre qu’il n’est pas opposé à travailler avec le gouvernement sur l’acte II des réformes " macroniennes ", comme si l’acte I était déjà terminé.

Car le combat contre la loi " Travail XXL " est loin d’être fini : après trois grandes journées de manifestation, c’est maintenant le 19 octobre qu’il faut préparer de toutes nos forces, en poussant les directions syndicales à construire un mouvement qui dépasse les divisions sectorielles ainsi que les grèves carrées qui ne permettent pas de construire le rapport de force.

D’autant plus que si Force Ouvrière et la CGT se disent pour l’instant opposée à toute nationalisation de l’assurance chômage, il faut voir qu’une victoire du gouvernement dans la casse du code du travail ne pourra que le renforcer dans sa volonté de serrer la vis un peu plus contre les chômeurs.

George Waters

LeVentseLève.fr

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