Municipales : abstention historique, claque pour LREM et percée " écologiste "

, par  DMigneau , popularité : 0%

Municipales : abstention historique, claque pour LREM et percée " écologiste "

Crédits photo : G. Varela / " 20 Minutes "

Dans un scrutin marqué par une abstention historique, les résultats du second tour des municipales permettent de tirer quelques enseignements.

Pour LREM, la déroute annoncée a bien eu lieu.

Pour " Europe Écologie les Verts ", la poussée est significative, dans la continuité des « européennes ».

40,5 % de participation : une abstention jamais vue pour les « municipales »

Tout au long de la journée, les analystes politiques médusés n’ont pu que constater une abstention qui s’annonçait historique pour les élections municipales.

A 20h, le verdict est tombé : 40,5 % de participation, selon une première estimation " Harris Interactive-Epoka " pour LCI, soit 21,5 points de moins qu’au second tour du scrutin municipal en 2014.

Bien sur, le contexte sanitaire a très certainement joué sur cette abstention record, mais il n’explique pas tout. Alors que les Maires sont, d’une manière globale, les élus les plus populaires de l’ensemble de la « V° République », les élections municipales n’échappent pas à la tendance générale de montée de l’abstention qui touche l’ensemble des scrutins depuis les années 2000.

Entre le second tour de 2001 et celui de 2014, le taux de participation, au premier comme au second tour, a continuellement baissé, passant de 69 à 62 % concernant le second tour.

La cuvée 2020 marque donc un tournant, avec pour la première fois un taux de participation en dessous des 50 % de participation, sans aucun doute amplifié par la situation actuelle, mais qui s’explique avant tout par une tendance de fond qui dévoile une défiance de plus en plus marquée envers les représentants politiques, y compris locaux.

EELV, la poussée

Ce n’est pas une " grande vague ", mais une poussée significative.

Dans la continuité des élections européennes, " Europe Écologie les Verts " a fait une véritable poussée ce 28 juin. Dans diverses combinaisons, incluant ou non des alliances, EELV a non seulement gardé, sans surprise, l’hôtel de ville de Grenoble, mais s’est également imposé dans une série de villes moyennes, comme à Besançon, Annecy ou à Poitiers.

Mais c’est aussi dans de très grandes villes qu’EELV a remporté de grandes victoires. La plus importante, sans aucun doute, est la prise de l’hôtel de ville de Lyon avec 53,5 % des voix, fief du soutien historique d’Emmanuel Macron, Gérard Collomb.

Selon les premières estimations, la candidate " écologiste " l’a également emporté à Strasbourg, tout comme à Bordeaux historiquement à droite, et à Marseille.

LREM : Édouard Philippe, l’arbre qui cache la forêt ?

Pour " La République En Marche ", si Édouard Philippe (qui n’est pas adhérent au parti présidentiel) a largement été réélu avec 58,8 % au Havre, le résultat des élections municipales prend des allures de " claques " pour la formation présidentielle.

Lyon est donc " tombé " et LREM n’aura au final gagné aucune grande ville, contrairement aux objectifs initiaux.

Au final, c’est y compris l’objectif extrêmement minimal de 10 000 conseillers municipaux qui risque d’échapper à " En Marche ".

Surtout, c’est la percée " écologiste " qui met une nouvelle " épine " dans le pied de Macron, en particulier en vue de 2022. Les alliances - majoritairement à droite - n’auront finalement pas endigué la chute.

A Paris, Agnès Buzyn n’aura obtenu que 16 % à Paris, où Anne Hidalgo a largement remporté le scrutin (50,2 %).

A ce titre, la confirmation d’EELV après les européennes lorgne sur " l’aile gauche " d’ " En Marche ", ce qui devrait amplifier la tendance des manœuvres de parti présidentiel visant à occuper l’espace au delà du " centre-droit ".

RN : Une victoire symbolique à Perpignan qui cache le " raté " en terme d’ancrage territorial

L’autre information " phare " de la soirée, c’est la victoire du candidat " Rassemblement National " Louis Aliot à Perpignan (53 % des voix). Une première pour le parti d’extrême droite qui sera donc " aux affaires " dans une ville de plus de 100 000 habitants.

Si la formation de Marine Le Pen gagne-là une victoire symbolique extrêmement forte, qui plus est dans une ville marquée par un fort chômage, le bilan à l’échelle de l’ensemble des élections municipales est plus que mitigée.

L’objectif initial, c’est à dire opérer un véritable ancrage sur l’ensemble du territoire en vue de la conquête de l’Élysée en 2022, est loin d’être atteint. Au contraire, la progression du " Rassemblement National " aura été somme toute marginale.

A Bordeaux, malgré la pression du " vote utile ", Poutou stabilise son score historique du 1er tour

Seul candidat anticapitaliste et révolutionnaire encore en lice au second tour, Philippe Poutou, candidat de " Bordeaux En Lutte ", aurai obtenu des résultats sensiblement équivalent à ceux du premier tour, soit aux alentours des 10 %.

Un résultat extrêmement satisfaisant, tant la pression au " vote utile " était forte à Bordeaux. Au final, le candidat " écologiste " Hurmic aura raflé l’hôtel de ville, mettant fin à plus de 70 ans de règne de la droite à Bordeaux.

Dans ce cadre, " Bordeaux En Lutte " sera en mesure de siéger au " parlement bordelais " et ainsi être un point d’appui pour les luttes sociales.

Une véritable victoire, dans un contexte social et économique explosif.

Julian VADIS

revolutionpermanente.fr