Mort de George Floyd : de Los Angeles à Washington, sixième nuit d’émeutes aux Etats-Unis

, par  DMigneau , popularité : 0%

Mort de George Floyd : de Los Angeles à Washington, sixième nuit d’émeutes aux Etats-Unis

Des milliers de personnes se sont retrouvées devant la Maison-Blanche pour manifester à la suite du décès de Georges Floyd lundi 25 mai. - EPA / MAXPPP

La colère qui a explosé à Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis, après la mort lundi 25 mai de " l’Afro-Américain " George Floyd, n’en finit pas d’enfler à travers tout le pays et hors de ses frontières. Dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin, des heurts ont éclaté entre des manifestants et des forces de l’ordre devant la « Maison-Blanche ».

La « Maison-Blanche » encerclée par des flammes et des fumées. Une semaine après la mort de " l’Afro-Américain " George Floyd, lors d’une interpellation " musclée " à Minneapolis dans le nord du pays, la violence a gagné Washington.

Dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin, des heurts ont éclaté entre des manifestants et des « forces de l’ordre » devant la « Maison-Blanche », lors d’une sixième nuit d’affrontements. La police y a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des centaines de personnes massées, alors qu’un couvre-feu est en vigueur depuis 24 heures.

Les manifestants se sont retrouvés pendant plusieurs heures sur la place Lafayette, à quelques mètres de la « Maison-Blanche ». Des drapeaux américains y ont été brûlés et des feux allumés. L’église Saint-John, surnommée " l’église des présidents ", a été en partie incendiée.

« The White House went dark, turning off almost all of its external lights, as protesters set fires nearby and thousands again defied curfews to demonstrate against police brutality. Smoke was seen rising near the Washington Monument. https://t.co/pmtsjrQp7l pic.twitter.com/0twHpsWjPk
— The New York Times (@nytimes) June 1, 2020
 »

TRUMP DANS UN BUNKER

Selon les informations du " New York Times ", suivi d’une dépêche de l’agence AP (" Associated Press "), Donald Trump a été emmené vendredi à l’abri dans un bunker souterrain par le " Secret Service ", le service de protection du président, alors qu’une manifestation d’ampleur avait lieu devant sa résidence.

Face à une telle situation, le chef de l’Etat américain ne s’est toujours pas exprimé solennellement devant le pays, semblant pour l’instant préférer " Twitter ".

Invoquant la formule de " la loi et l’ordre ", Donald Trump a promis de ” stopper la violence collective ” et a dénoncé les agissements de ” gauchistes radicaux ” en pointant la mouvance radicale d’extrême gauche " antifa " (antifasciste), qu’il a annoncé vouloir désigner comme une organisation terroriste ce dimanche.

Dans la même journée, il a également retweeté le message d’un animateur de radio conservateur affirmant : " Cela ne s’arrêtera que si les gens bien se montrent prêts à faire usage d’une force écrasante contre les méchants ".

Présent samedi au lancement de la fusée " Falcon-9 " au centre spatial Kennedy en Floride, Donald Trump s’était rapidement exprimé regrettant " une grave tragédie " mais fustigeant " des actes violents de pilleurs et d’anarchistes ".

« The United States of America will be designating ANTIFA as a Terrorist Organization.
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 31, 2020
 »

GARDE NATIONALE DÉPLOYÉE

La colère qui a d’abord explosé à Minneapolis, dans le Minnesota, après le décès le 25 mai de Floyd, 46 ans, aux mains d’un policier " blanc ", s’est rapidement propagée à travers le pays.

Pour faire face à l’explosion des violences, des soldats de la « Garde nationale » ont été déployés dans quinze états, notamment à Washington D.C.. Plusieurs grandes villes ont également décrété un couvre-feu pour empêcher la poursuite des manifestations. C’est le cas à Los Angeles, Philadelphie, Atlanta ou encore Houston.

Le nombre de villes concernées par la mesure n’a jamais été aussi important depuis 1968 et l’assassinat de Martin Luther King.

A Saint-Paul, ville voisine de Minneapolis, quelques milliers de personnes sont également sorties dans les rues pour manifester contre le racisme et pour que la mort de Georges Floyd ne reste pas impunie.

Tout comme à New York, à Dallas, Memphis, Chicago ou encore à Miami.

Partout dans ces villes touchées par les manifestations, les foules ont scandé : " Black Lives Matter " (" La vie des Noirs compte "), " I can’t breathe " (" Je ne peux pas respirer "), les derniers mots qu’a prononcé Georges Floyd avant de mourir asphyxié. A Philadelphie comme à New York, quelques centaines de personnes ont été arrêtées après des pillages de magasins en marge des marches pacifiques.

Pour l’heure, seul l’un des autres policiers, Derek Chauvin, a été arrêté et inculpé pour " homicide involontaire ". C’est lui que l’on voit dans une vidéo virale maintenir pendant de longues minutes son genou sur le cou du quadragénaire, qui se plaint de ne pas pouvoir respirer.

Il doit comparaître ce lundi 1er juin devant le tribunal de Minneapolis pour le meurtre du quadragénaire. Les trois autres agents, présents lors du drame, ont été licenciés mais pas inculpés, ce qui attise la colère.

SOUTIEN INTERNATIONAL

Des chanteuses Beyonce et Rihanna jusqu’au joueur de basket Michel Jordan, nombreuses sont les « célébrités » outre Atlantique à soutenir les manifestations, à dénoncer le racisme de la police et à demander justice pour Georges Floyd.

L’émoi a d’ailleurs dépassé les frontières américaines. Des manifestations ont eu lieu à Londres ce week-end ainsi qu’à Montréal au Canada.

Des footballeurs européens ont fait part de leur solidarité, comme l’attaquant Marcus Thuram, fils du champion du monde français 1998 Lilian Thuram, qui a mis un genou à terre. Un geste popularisé par le joueur de NFL (Ligue de football américain) Colin Kaepernick pour dénoncer les violences policières.

L’attaquant Français du PSG, Killian Mbappé s’est également fendu d’un " tweet " pour demander la " justice pour Georges ".

Magazine " Marianne "