Monde parallèle : Macron conteste le mot " pénibilité " car... " ça donne le sentiment que le travail serait pénible "

, par  DMigneau , popularité : 0%

Monde parallèle : Macron conteste le mot " pénibilité " car... " ça donne le sentiment que le travail serait pénible "

Pour Emmanuel Macron, le mot " pénibilité " n’est pas adapté pour décrire la réalité du monde du travail. - Capture d’écran " Youtube "

En déplacement à Rodez ce mardi 3 octobre pour défendre la réforme des retraites, le président de la République a expliqué ne pas " adorer " le terme de " pénibilité ", " parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible ".

Qu’ils sont douillets, ces " prolos "…

Venu lancé sa " consultation " sur la réforme des retraites ce jeudi 3 octobre à Rodez, dans l’Aveyron, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est fendu d’une nouvelle sortie sur le « monde du travail », au mépris complet de la réalité quotidienne de millions de Français.

Après l’épisode du " costard ", des " fainéants ", des " illettrés ", voici venue une nouvelle leçon " jupitérienne ", cette fois lexicale :

" Moi j’adore pas le mot de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible ", a déclaré le chef de l’État devant les 500 personnes venues assister au " show " Macron, organisé sur un mode similaire à celui du " Grand débat national ".

https://youtu.be/nir-M6zzHsw

" Il y a des conditions de travail qui ne sont pas les mêmes ", a reconnu le président de la République. " Il y a des risques au travail qui ne sont pas les mêmes... Quand on travaille de nuit, ce n’est pas pareil, quand on est exposé à des risques chimiques, quand on est exposé à des activités qui provoquent des troubles musculo-squelettiques, il est normal qu’on ait des " bonus ", qu’on prenne sa retraite plus tôt ", a-t-il assuré, détaillant le fonctionnement du nouveau " système universel " de retraite.

Travailler avec des produits toxiques ou avoir le dos esquinté à la fin de sa carrière : aux yeux d’Emmanuel Macron, tout cela ne serait donc pas " pénible ".

En pleine campagne présidentielle, l’ex-banquier d’affaires avait déjà fait le coup, devant les représentants de la « Confédération des petites et moyennes entreprises » : " Je n’aime pas le terme [de pénibilité] donc je le supprimerai. Car il induit que le travail est une douleur ", avait-il déjà expliqué.

Drôle d’enseignement " philosophique ", venant de " l’ancien assistant " de Paul Ricœur : si la réalité ne vous plaît pas, niez-la.

70 % des ouvriers subissent au moins un « facteur de pénibilité »

N’en déplaise au président de la République, une étude de la « Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques » (Dares) de 2016 montrait bel et bien que 69,7 % des ouvriers étaient quotidiennement exposés à au moins un facteur de pénibilité.

C’était également le cas pour 35,7 % des employés, 24,4 % des professions " intermédiaires " et seulement 12,2 % des cadres.

La même enquête montrait que 26 % des ouvriers subissaient au moins trois facteurs de pénibilité, contre 0,5 % des cadres.

L’Insee relevait - quant à lui - également en 2016, un écart moyen « d’espérance de vie » à 35 ans de 6,4 années entre un homme " ouvrier " et un homme " cadre ".

Quant aux femmes, l’écart moyen « d’espérance de vie » entre une ouvrière et une cadre était de 3,2 années.

" Ceux qui ne sont rien " en apprécieront d’autant plus cette nouvelle sortie

Louis Nadau

Marianne