Mohamed Ben Salman : Un nain scientifique avec un sabre pétrolier

, par  DMigneau , popularité : 28%

Mohamed Ben Salman : Un nain scientifique avec un sabre pétrolier

« Mon père chevauchait un dromadaire, je roule en Cadillac, mon fils vole en jet. Son fils chevauchera un chameau »

Proverbe saoudien

Une tempête dans un verre d’eau !

Mais l’Occident qui ne fait rien gratuitement présente l’évènement d’un « coup d’État royal » comme étant un évènement planétaire.

De quoi s’agit-il : un saoudien remplace par la ruse un autre saoudien !

Et alors dirait-on ?

L’Occident s’intéressant avant tout à son commerce avec ce royaume rétrograde tente de se placer et de miser sur le bon cheval pour les relations futures !

Il n’est pas question de commerce " scientifique " ou " technologique " de création d’universités de bibliothèques de centres de recherche communs mais uniquement de vendre la mort en kit - en avions, en drones " reapers ", en chars Lelerc - pour permettre à ces moyenâgeux de faire les prévôts dans leur coin.

En montrant des deltoïdes de libellules contre les damnés de la Terre que sont les Yémenites.

Tout est lié à l’allégeance envers l’Empire dans le droit de fil de la vassalité envers les États-unis sur le croiseur " Quincy ", commencée par leur aïeux. Les Salman " père et fils " ont invité le président qu’ils ont inondé de cadeaux ( Yatch de 140 mètres, Sabre incrusté d’or et diamant ) et surtout un chèque en blanc de 350 milliards de dollars tout ceci pour avoir les mains libres pour faire les matamores avec la complicité de pays arabes mendiants de la « coalition » ; Mohamed Ben Salman se voyant comme un second Schwarzkopf de la guerre du Golfe.

« Une page, lit-on sur " le Monde ", s’est brutalement tournée en Arabie saoudite, mercredi 21 juin, avec la décision du roi Salman Ben Abdelaziz Al-Saoud de propulser son fils Mohammed Ben Salman au rang de prince héritier.

Pour ce faire, le souverain saoudien a écarté son neveu, Mohammed Ben Nayef, qui occupait - en outre - les fonctions de ministre de l’intérieur.

Mohammed Ben Salman, a été propulsé à la tête du ministère de la défense en dépit de son jeune âge .

A la mort d’Abdallah, en janvier 2015, qui a permis à Salman d’accéder au trône, le roi a écarté son demi-frère Muqrin, alors prince héritier, au profit de son neveu, Mohammed Ben Nayef.

Le sort de ce dernier était cependant inconfortable, compte tenu des ambitions de Mohammed Ben Salman, propulsé à la tête du ministère de la défense en dépit de son jeune âge.

La décision du roi Salman, 81 ans, est également un tournant compte tenu du jeune âge du prince héritier : 31 ans. Lorsque ce dernier lui succédera - le moment venu - il pourrait, en effet, compter sur des décennies au pouvoir.

L’un de ses premiers actes a été d’engager l’Arabie saoudite dans une guerre civile au Yémen, transformée depuis en bourbier. Mais le prince ambitieux ne s’est pas limité aux armées, puisqu’il a rapidement pris le contrôle du secteur du pétrole - éminemment stratégique - ouvrant la voie à une privatisation partielle de la puissante compagnie Aramco. Il avait œuvré auprès d’un autre " héritier ", Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, pour organiser la première visite à l’étranger du président des États-Unis, en mai ». (1 )

L’aplaventrisme devant Les Etats Unis

Ahmad Al-Omran et Simeon Kerr complètent la description sans concession du prince :

« Agressif, ambitieux, pressé, populaire… À 31 ans, le nouveau prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salman, se rêve en futur maître du Moyen-Orient.

En juin, l’Arabie saoudite a organisé l’embargo de l’émirat du Qatar voisin pour son soutien prétendu au terrorisme. Une opération politiquement risquée dont on attribue la direction au prince Mohamed, faucon en matière de politique étrangère, et à son plus proche allié régional, Mohamed Ibn Zayed, prince héritier des Émirats arabes unis.

Si Salman, devenu roi, s’était abstenu de visiter Obama, son fils recevait - quelques semaines après l’investiture de Trump - le plus chaleureux des accueils à Washington.

Premier envoyé saoudien auprès de Trump, Ibn Salman est naturellement devenu son guide pour sa première tournée internationale, en mai, qui l’a vu faire sa première halte chez son grand allié de la péninsule.

Posant chacun la première pierre de leur stature internationale, les deux hommes y ont trouvé un bénéfice mutuel. À tel point que Trump n’a pas hésité à abonder, par le biais de tweets, dans le sens de Mohamed Ibn Salman lorsque celui-ci a accusé, le Qatar de soutien au terrorisme, quand les diplomates et militaires de son administration tentaient au contraire de modérer la crise. (2)

Même les autres médias s’y sont mis pour vendre une image présentable de ce prince : " Une révolution silencieuse est en train de projeter l’Arabie Saoudite vers un destin dont nul ne peut prédire s’il sera salutaire ou dévastateur. L’artisan de ce bouleversement discret est un jeune Prince ambitieux, Mohamed fils de Salman qui à la faveur d’un coup d’éclat de Palais en juin dernier, a été sacré unique héritier de son père très âgé. Il y a seulement six ans, rares étaient ceux qui auraient parié un riyal sur l’avenir de ce jeune homme nonchalant que l’on voyait quelques fois à la belle saison déambuler sur les Champs-Élysées " (3)

7 000 princes et leurs intrigues. Les Salman versus les Sultan et les Nayef

A la lumière d’un Darwinisme princier le roi Salman a propulsé son fils au sommet du pouvoir.

Hedy Belhassine en parle :

« À 31 ans, sa puissance est sans égale. Il est maître d’un richissime royaume pétrolier sur-armé où un milliard et demi de musulmans rêvent d’aller s’agenouiller.

On le dit benêt, on le suppose inexpérimenté et capricieux. On le moque, on le craint. D’allure douce et placide, il a grandi à l’ombre d’une mère de fer et d’un père de velours.

L’autodidacte est un géant taiseux qui prise les retraites paisibles sur son yacht ou sur une île des Maldives. Il n’est pas fêtard comme ses cousins de son âge ; c’est un épicurien qui admire la culture japonaise, mange des sushis et pratique la politique comme un art martial.

Il faut avoir l’esprit rusé et des dents acérées pour parvenir à dominer en quelques années un sérail truffé de courtisans sournois.

Rompant avec la tradition des subtiles compromis feutrés, les Salman " père et fils " ont conquis le pouvoir par une succession d’astucieux coups de force écartant méthodiquement tous les prétendants au trône.

La tâche n’était pas facile car en quatre générations, la famille polygame d’Abdulaziz, fondateur de la dynastie, mort en 1953, a proliféré pour atteindre 7 milliers d’Altesses.

Chacune bénéficiant d’une rente, prébendes et privilèges à la hauteur de son rang. À la cour, fourmilière d’intrigants, le pouvoir de la force du sabre appartenait à trois lignées de Princes de premier rang, chacun disposant de sa propre armée. » (3)

Ainsi, écrit Hedy Belhassine, les Sultan commandaient sans partage le Ministère de la Défense et de l’aviation (MoDA) ; les Nayef régnaient pareillement depuis 1975 au Ministère de l’Intérieur et les Abdallah à la Garde Nationale.

Ces armées de plus de cent mille hommes sur-équipées, dotées d’un budget sans limites ni contrôle, disposaient de ses propres services de renseignement et de ses réseaux d’influence diplomatique.

Chacune constituait un Royaume dans le Royaume.

Le roi se contentait d’arbitrer les querelles permanentes du sérail avec plus ou moins d’autorité. Il n’était pas le monarque absolu que le protocole laissait supposer, mais l’otage de ses demi-frères à l’exception d’Abdallah, le Ministre de la Garde nationale bédouine qui se tenait loyalement à l’écart des intrigues.

La multiplication des réseaux princiers salafistes, leur djihad personnalisé et meurtrier aux quatre coins du monde était devenu incontrôlable.

Après avoir vainement tenté de les instrumentaliser, Washington s’est tardivement décidé à y mettre bon ordre en favorisant l’émergence de la branche la moins détestée et la moins corrompue des Saoud.

À charge pour les Salman de faire le ménage en liquidant l’hégémonie des Sultan et des Nayef » (3).

La guerre aux faibles : Des crimes sans nom au Yemen avec l’aide de l’Occident

« Gouverneur de Riyad, il réussit à se faire nommer ministre de la défense à la mort de son demi-frère Sultan qui occupait le poste depuis 59 ans.

Devenu roi en janvier 2015, Salman transmet le portefeuille à son benjamin de fils, Mohamed alors âgé de 28 ans La fonction semblait alors totalement hors de portée de sa juvénile inexpérience.

Le Ministère Saoudien de la Défense et de l’Aviation (MoDA) est une forteresse gangrenée par les fournisseurs d’armes et des officiers d’opérette peu soucieux d’encadrer les troupes de mercenaires pakistanais, égyptiens, soudanais…

À peine nommé, le nouveau ministre ordonna une offensive contre le Yémen voisin.

Trente mois plus tard, les effroyables bombardements incessants qui perdurent ont entrainé une catastrophe humanitaire dont sont victimes des millions de pauvres gens.

Mais alors que l’armée est toujours engluée sur le front de cette guerre ingagnable, on peut se demander si l’impulsive offensive de Salman n’avait pas pour objectif principal d’occuper les officiers de l’armée saoudienne en les détournant de toutes tentations de sédition.

De surcroît, ce massacre avait valeur de test d’autorité et d’impunité sur la scène internationale car dans les capitales biens pensantes, on protesta mollement. Il faut dire que les commandes affluaient suite à la tournée des fournisseurs du Prince-ministre : Moscou, Washington, Londres, Paris, Pékin… » (3)

Dans cet ordre de la guerre avec la technologie occidentale et les mercenaires des pays arabes de la « coalition », on apprend comment la France étant l’une des puissances pourvoyeuses – elle qui se plait à donner des leçons - use de méthodes diverses pour contourner l’interdiction de vente d’armes.

Nous lisons cette contribution très édifiante :

« Du 11 au 15 septembre s’est tenu à Genève la Conférence des États parties au traité sur le commerce des armes. Troisième plus gros vendeur d’armement au monde, la France est l’un des fournisseurs privilégiés de l’Arabie saoudite et de ses alliés.

Selon des informations inédites de l’Observatoire des armements livrées à " Orient XXI ", le gouvernement français serait passé par un contrat destiné au Liban pour préparer la guerre au Yémen et accélérer ses livraisons d’armes au plus fort du conflit (…)

Les États-Unis et le Royaume-Uni sont régulièrement accusés de complicité de crimes de guerre en raison de leurs livraisons d’armes à l’Arabie saoudite.

En 2016, environ 50 % des prises de commande enregistrées par la France concernaient les pays du Proche-Orient. La monarchie saoudienne est son premier client : elle lui a acheté près de 9 milliards d’armes entre 2010 et 2016, ce qui représente environ 15 à 20 % des exportations d’armes françaises chaque année. » (4)

« Les bombardements de la coalition — dont des « bavures » qui s’apparentent à des crimes de guerre sur lesquels l’Arabie saoudite a réussi à empêcher l’ONU d’enquêter jusqu’à présent — auraient tué 10 000 civils d’après les données relayées depuis janvier 2017, le bilan exact est en fait inconnu.

L’ONU et plusieurs ONG parlent d’épidémie de famine, de choléra, et de milliers de blessés et déplacés.

Une « catastrophe entièrement causée par l’homme », rappelle le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU.

Le Traité sur le commerce des armes (TCA) ratifié par la France le 2 avril 2014 interdit pourtant les exportations d’armes pouvant servir à des violations du droit international humanitaire.

Or, non seulement la France n’a pas stoppé ses ventes d’armes aux belligérants en mars 2015 mais elle les a accentuées : Rafale au Qatar et à l’Égypte, porte-hélicoptères Mistral et frégate Fremm à l’Égypte, blindés légers Renault Sherpa light et hélicoptères Caracal à Koweït.

« La France a octroyé pour un peu plus de 16 milliards d’euros de licences pour la seule Arabie saoudite en 2015. À aucun moment, le gouvernement n’a indiqué ces deux dernières années qu’il avait refusé, révoqué ou suspendu des autorisations d’exportation », commente Amnesty International.

Quand la flotte du royaume est entrée en maintenance en mars 2016, la marine française l’a remplacée pour assurer la continuité du blocus, expliquait alors " La Lettre de l’Océan indien " » (4)

Vision-2030

Il faut savoir que le tourisme religieux entre le pélérinage et les ‘Omras ramène l’équivalent de 50 milliards de dollars même s’il n’a plus de pétrole. La Mecque est appelé la " Las Vegas des Sables " avec des dizaines d’hôtels de luxe.

Pour l’histoire le roi Ibn Saoud s’était plaint à la France d’avoir mis fin à la contribution annuelle des Algériens aux « pauvres de la Mecque et de Médine ». Ces argents vont d’abord dans les poches des 7 000 princes ..

C’est, de fait, un pays qui vit de la charité obligatoire des autres en plus de la manne pétrolière. Cependant, si on devait accorder des circonstances " atténuantes " à ce prince sanguinaire qui fait la guerre avec les neurones des puissants, c’est d’avoir une vision pour le futur.

On remarquera, au passage, que la date de 2030 n’est pas donnée avec son équivalent hégirien, c’est dire le peu d’intérêt qu’il a pour ses repères religieux et si son message s’adresse d’abord à l’Occident.

Nous lisons :

« À ses fonctions de Commandant en Chef d’une armée dispendieuse, il avait - entre temps - ajouté celle de Président du Conseil Économique de Développement qui chapeaute tous les ministères et proposé de nationaliser au plus offrant le géant du pétrole Aramco.

Les chefs d’États déroulèrent le tapis rouge a brutalement secoué les tapis poussiéreux.

Entouré de jeunes technocrates pragmatiques, il a lancé à grand renfort de communicants un plan de développement dont l’ambition est de faire muter la société médiévale d’Arabie vers le modèle des Émirats Arabes Unis.

Vaste programme qui se heurte à l’opposition d’une fraction fanatisée mais porte l’espoir d’une population de 20 millions de sujets avides de consommation dont une large proportion stagne dans un état de pauvreté inimaginable.

C’est une révolution des mentalités car le culte wahhabite intégriste est voué à l’adoration du passé. L’avenir n’appartient qu’à Dieu. La planification est, par conséquent, une tentative quasi séditieuse de peser sur le destin. » (3)

Une popularité due à un « libéralisme » à géométrie variable

« La jeunesse la plus connectée de la planète qui représente les trois quart de la population a bien compris le message. Ben Salman est populaire. D’autant qu’il a multiplié les nominations de diplômés roturiers et les signes d’une " libéralisation " des mœurs en permettant la tenue de concerts, en autorisant la compétition sportive féminine, en faisant libérer une gamine qui avait eu l’audace de se faire photographier en jupe sur un lieu publique ou un gamin qui dansait la macaréna dans la rue.

Depuis que Salman a amputé les pouvoirs d’inquisition des brigades de la " Préservation de la Vertu et de la Lutte contre le Vice ", la jeunesse soulagée multiplie les audaces ; elle se met à rêver la fin du cauchemar. La dernière initiative " réformiste " de la cour projette la mise en valeur du potentiel touristique du pays par la création de zones de loisirs sur les bords de la mer Rouge.

Demain le Club Med en Arabie ?

En attendant, Ben Salman a personnellement négocié avec l’américain Six Flags, le concurrent de Disney l’implantation d’un gigantesque parc de loisirs qui concurrencera ceux de Dubaï.

Ces soupirs de tolérances masquent l’impitoyable répression des libertés.

Le Prince héritier brise tous ceux qui lui résistent. Nul n’est épargné, ce qui donne l’illusion de l’équité.

Enfin, le pouvoir religieux monopolisé par le clan des Al al Cheikh descendants d’Abd-al-Wahab – fondateur du wahhabite s’est illustré par le nivellement des tombes et la lapidation des femmes – est jusqu’à présent resté indifférent au réformisme de Ben Salman qui, en contrepartie, permet une hystérique et sanglante croisade contre la minorité chiite. Les intégristes saoudiens qui mettent les chiites au premier plan de leur haine (avant les juifs et les mécréants) sont ravis ». (3)

La capacité de nuisance de l’Arabie Saoudite n’a pas de limite

Tant que le baril de pétrole sera présent même à 50 dollars, la planète - et particulièrement les musulmans - souffriront de ces ingérences qui font que la fo i - qui est un sacerdoce personnel - est imposée aux autres soit par la corruption soit par la terreur.

La volonté de domination des âmes s’étend au-delà des frontières :

« La diplomatie religieuse saoudienne, poursuit Hedy Belhassine, exerce une influence envahissante dans toutes les mosquées sunnites de la planète. Elle disposerait d’un budget faramineux de l’ordre de 9 milliards de dollars.

Par l’or ou le fer, les musulmans doivent se soumettre.

En premier lieu, les proches voisins.

Après l’invasion du Yémen voisin, Salman est déterminé à rabattre le caquet à l’arrogant petit Qatar dont l’Émir soutient les Frères Musulmans et le Hezbollah mais surtout, qui affiche une posture de fermeté vis-à-vis d’Israël et de compromis envers l’Iran.

Tout le contraire de l’Arabie.

Cette crise profite aux États Unis dont les entreprises gagnent des parts de marchés au détriment des européens qui tentent tour à tour sans illusion une médiation.

Trump ne peut ignorer que l’Arabie est le premier propagandiste de l’islamiste sectaire qui propage la haine et financent l’intolérance sur tous les continents.

Mais il a fait semblant de l’ignorer, exercice qui lui était aisé. Mieux, il a créé à Riyad un Centre mondial de lutte contre les idéologies extrémistes !

Il a lancé une menace à peine voilée :

« Il y a un choix à faire entre deux futurs – et c’est un choix que les États-Unis ne peuvent pas faire à votre place. Si vous choisissez d’emprunter le chemin du terrorisme, votre vie sera vidée de toute substance. Votre vie sera brève et votre âme sera damnée à tout jamais »

Discours du 21 mai 2017 au sommet arabe islamo-américain de Riyad.

Mohamed Ben Salman a clairement compris le message. Il porte désormais le destin d’appliquer à la lettre la feuille de route US. » (3)

Le " deal " Israël-Arabie saoudite

Dans son hubris et croyant se permettre de tout faire maintenant qu’il a calmé le protecteur américain en lui offrant pour 350 milliards de contat dont 100 milliards d’armes, le prince héritier saoudien se range comme ordonné derrière le pouvoir planétaire.

Dans ce cadre, il pense qu’il y a une solidarité à avoir avec Israël pour combattre l’Iran, l’ennemi commun. On pense que les liens sont importants et qu’Israêl aiderait l’Arabie Saoudite dans sa guerre d’extermination du peuple yémenite :

« A-t-il effectué une visite secrète en Israël ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs médias arabes, il se serait rendu la semaine en Israël à la tête d’une délégation, dont le général Anwar Ashki, qui a déjà des liens en Israël.

La délégation aurait été notamment reçue par le Premier ministre, Binyamin Netanyahou, et les entretiens auraient porté sur des sujets politiques, militaires et économiques.

A Jérusalem et à Riyad, on ne réagit pas à ces révélations. Mais cette visite pourrait avoir un rapport avec les déclarations du Premier ministre mercredi dernier [4 septembre ? ndR] lors d’un toast en l’honneur de Roch Hachana au ministère des Affaires étrangères, qui disait notamment : " Jamais dans l’histoire de l’État d’Israël, les relations avec des pays arabes sunnites n’auront été aussi bonnes qu’à l’heure actuelle " ».(5)

Iran – Arabie Saoudite : Deux visions de l’islam

Le prince saoudien n’a pas caché la haine de la Maison des Saoud envers l’Iran chiite, considéré par les wahhabites saoudiens qui pratiquent un sunnisme extrémiste comme un ennemi hérétique.

Selon lui, son pays « ne parlera jamais à l’Iran ».

L’Iran a répondu furieusement. Hossein Dehghan, ministre iranien de la Défense a riposté, disant que si l’Arabie saoudite devait faire quelque chose de « stupide », l’Iran réagirait en « ne laissant intact aucun recoin d’Arabie saoudite à l’exception de La Mecque et de Médine » – deux lieux saints de l’Islam.

« L’Arabie va perdre énormément car le détroit d’Ormuz est vulnérable et un blocage c’est la ruine de ce pays qui a des difficultés à boucler son budget, mais qui trouve 380 milliards à offrir à Trump pour la vente d’armements américains obsolètes » (6).

Par contre, si les États-Unis s’en mêlent, c’est autre chose.

Au-delà du fait qu’il n’y a aucun justificatif, le vrai gagnant sera Israël.

Robert Fisk a raison d’écrire lors des printemps arabes :

« Tous ces cheiks et ces émirs, ces rois doivent sans aucun doute trembler dans leurs bottes… La vérité est que le Monde arabe est si sclérosé, si corrompu, si humilié et si impitoyable et si incapable d’accomplir des progrès sociaux et politiques que les chances sont quasi nulles de voir émerger des démocraties viables dans le chaos qui règne dans le Monde arabe.

Mais tous les dictateurs savent qu’ils courent de gros dangers quand ils libèrent leurs compatriotes de leurs chaînes. Et les Arabes n’ont pas dérogé à la règle. Non, tout bien considéré, je ne pense pas que le temps des dictateurs arabes soit révolu. Les Occidentaux y veilleront. » (7)

Que pèsent les Arabes risée du monde ?

Nous sommes en 2017. Le malheur des Arabes vient de leurs dirigeants. Les peuples, quelque soient leurs latitudes sont respectables. Ce sont les mauvais bergers qui font de ses peuples la risée des autres. Les Arabes ne retiennent pas les leçons de l’Histoire.

Souvenons-nous : les Anglais avaient fait miroiter au roi Abdallah un royaume s’ils les aidaient à se débarrasser de l’empire ottoman. Rien n’y fit, les Arabes n’eurent aucun territoire. Par contre, il est une autre promesse tenu par les anglais celle de promettre une Terre aux Juifs du monde.

Cette promesse est, à des degrés divers, responsable du malheur des Palestiniens spoliés de leurs terres.

Avec L’iran, c’est - en définitive - deux visions de l’Islam qui se télescopent ; celle d’un Islam " de la science " qui ne compte que sur ses propres potentialités et qui va vers le progrès à marche forcée et en face des jouisseurs qui interprètent la religion dans le sens de la fatalité, synonyme de farniente en étant toujours à genoux depuis un siècle.

Il est vrai que les gouvernements arabes actuels n’intéressent l’Occident que dans la mesure où ils sont dociles et non pas en tant que valeur ajoutée issue d’un " brain-storming ", mais en tant que dépositaires d’une rente et prévôts des peuples qu’ils sont chargés de mater, en respectant un vernis de " démocratie ".

Les dirigeants arabes, mal élus, s’accrochent au pouvoir. Ils n’ont pas de plan « B » sauf à suivre les évènements au lieu de les anticiper, engoncés dans leur certitude ayant arrêté la marche vers le progrès, il y a de cela quelques siècles.

Que reste-t-il alors de l’oumma musulmane quand des coreligionnaires s’étripent ?

La vision d’un Islam apaisé est, de ce fait, une utopie.

Sombres jours pour les Arabes si le prince Salman atteint d’hubris voudra en découdre à tous prix avec l’Iran avec le bras armé américain et israélien.

Son pays a été le pourvoyeur d’un djihadisme, création occidentale de Daesch, qui est une calamité surtout pour les musulmans car outre les hécatombes, c’est l’image de l’Islam qui en sort sali car l’Occident ne veut surtout pas d’un Islam qui va à la conquête de la science et du savoir mais un islam arriéré de bigot de pyromane qui a arrêté la marche vers le progrès il y a de cela quelques siècles amenant l’Islam des lumières d’Al Andalous où coexistaient paciquement la fine fleur du savoir et de la culture des savants appartenant notamment aux religions d’Ahl al Kitab, « religions du Livre », à être prisonnier d’un clôture dogmatique dont parle si bien et en son temps le professeur Mohamed Arkoum.

Prof. Chems Eddine Chitour

AgoraVox

Notes :

1. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/06/21/arabie-saoudite-le-roi-salman-propulse-son-fils-au-rang-d-heritier_5148391_3218.html#Ib9sDY0oFcxH3u3V.99

2. http://www.jeuneafrique.com/mag/453034/politique/prince-mohamed-ben-salman-faucon-darabie-saoudite/

3. Hedy Belhassine http://prochetmoyen-orient.ch/mohamed-ben-salman-en-marche-vers-l-empire-d-arabie/

4. Warda Mohamed Tony Fortin 12 09 2017 :http://orientxxi.info/magazine/comment-la-france-participe-a-la-guerre-contre-le-yemen,1990

5. http://www.israelvalley.com/2017/09/11/mystere-autour-prince-mohamed-ben-salman-se-serait-rendu-israel/

6. C.E. Chitour https://www.mondialisation.ca/iran-arabie-saoudite-deux-visions-de-lislam/5595710

7. Robert Fisk. Le temps des dictateurs n’est pas révolu. The Independent
dans Courrier international 29.01.2011.

Article adapté du journal Le Soir d’Algérie

Ecole Polytechnique Alger