Modi est un ange, pas un démon

, par  DMigneau , popularité : 64%

Modi est un ange, pas un démon

Selon une éditorialiste de " The Indian Express ", le Premier ministre indien est diabolisé à tort par les médias de son propre pays. Modi est un homme tolérant et si la haine se manifeste ici ou là, c’est la faute aux journalistes et aux syndicalistes.

Il n’y avait que Tavleen Singh pour faire ça. Dans sa fameuse " Cinquième Colonne " publiée régulièrement dans " The Indian Express ", l’éditorialiste connue pour ses penchants pro-Modi explique dans l’édition du 24 avril que les journalistes n’ont rien compris au Premier ministre qui gouverne l’Inde depuis bientôt deux ans.

Elle l’a rencontré il y a quelques jours pour lui offrir son dernier livre, " India’s Broken Tryst " (le rendez-vous manqué de l’Inde), publié dernièrement chez Harper Collins. Elle dit avoir été “ surprise ” de le trouver “ inchangé ”, fidèle à celui qu’il était avant de prendre les rênes de son pays. Elle pensait pourtant que l’ancien vendeur de thé de la gare d’Ahmedabad avait attrapé “ la grosse tête ”. Et si elle raconte cette entrevue, c’est pour dire à ses confrères à la critique facile qu’ils ont “ tort de diaboliser Modi ”.

Issu du " Parti du peuple indien ", formation nationaliste hindoue conservatrice, le Premier ministre est accusé de tout ; depuis les pogroms anti-musulmans qui avaient ensanglanté en 2002 le Gujarat, l’Etat dont il venait d’être élu ministre en chef, jusqu’à son installation à Delhi en tant que chef du gouvernement fédéral.

Pour Tavleen Singh, les journaux sont “ hystériques ” quand ils reprochent à Modi d’encourager les violences au Cachemire ou de vouloir s’en prendre au principe de laïcité inscrit dans la Constitution. L’éditorialiste affirme qu’il n’y a “ pas eu d’incident majeur ” entre communautés religieuses ces deux dernières années et que le moindre fait-divers est exagérément monté en épingle par les médias.

Ses confrères sont tout aussi “ hystériques ” à ses yeux lorsqu’ils prétendent que l’intolérance gagne du terrain en Inde. Modi n’est-il pas un parangon de tolérance quand on voit comment les télévisions s’en prennent à lui, personnellement, à longueur d’émissions politiques ?

Finalement, “ après deux ou trois églises brûlées ”, les Chrétiens découvrent qu’ils sont autant en sécurité qu’avant et les Musulmans ont même obtenu le droit de ne pas chanter le cri de ralliement de l’armée indienne, " Bharat Mata ki jai " (Vive notre Mère Inde).

De quoi se plaint-on ?

Les Intouchables qui se suicident parce qu’ils souffrent de discrimination à l’université ?

La faute aux syndicats étudiants qui distillent des discours de haine sur les campus selon Tavleen Singh qui termine en dénonçant le dernier sujet à la mode dans la capitale : Modi aurait concentré tellement de pouvoirs entre ses mains qu’il serait en train de tourner despote.

C’est naturellement complètement faux. Si le chef de l’exécutif veut mettre un terme à ce climat délétère, il ne lui reste qu’une chose à faire, conclut la journaliste : bâtir de saines relations avec les médias et leur expliquer son projet politique.

Serait-ce à dire que jusqu’ici, il n’a rien fait en ce sens ?

GUILLAUME DELACROIX

MediaPart