Mayotte : non-sens essentiel de la colonisation

, par  DMigneau , popularité : 0%

Mayotte : non-sens essentiel de la colonisation

Mayotte est l’exemple parfait du non-sens sociétal de la colonisation.

Un pays " puissant " s’empare d’une petite île d’un archipel perdu loin, loin au bord des côtes méridionales d’un continent " en friche ", et croit qu’il pourra en faire " une tête de pont " idéale dans cette région du monde " en la développant ", en apportant des capitaux qui raviront les locaux de cette île entraînée dans un " enrichissement " aussi artificiel que superficiel.

Il y installe - ou forme - une armée aux ordres pour la protéger, bien sûr, de la convoitise des populations environnantes et il pense que cela va suffire.

C’est là que ce pays puissant commet l’erreur fatale ; celle de l’idiot aveuglé par " son pouvoir " pour qui la force légitime le droit.

Cet État " puissant ", qui se croit infiniment supérieur, oublie simplement la composante humaine.

Que vont faire les populations pauvres environnantes, issues du même peuple, des mêmes ethnies que les Mahorais ?

Ils vont attaquer l’île pour s’emparer de ses richesses ?

Non, bien sûr que non !! Ils se feraient massacrer. Ils le savent bien, ils ont vu les redoutables machines de guerre débarquer sur l’île. Ils se sont faits - ou ont vu - leurs frères se faire exterminer sans pitié quand ils ont voulu la défendre lors de l’arrivée des Mzungus.

Que vont-ils faire alors, pour espérer jouir eux-aussi de cette " richesse " artificielle exportée par le pays " puissant " sûr de la supériorité de sa civilisation ?

Mourir d’envie et prier pour que pareil " bienfait " leur tombe du ciel à eux aussi ?

Pendant quelques temps peut-être, oui.

Mais la jalousie tenaille, consume, accroît leur haine et le sentiment d’injustice qui les habite.

Vont-ils se contenter d’une vie simple, rudimentaire comme par le passé alors qu’on leur a étalé, sous leurs yeux ahuris, toutes les " merveilles " du luxe d’une civilisation " développée " ?

Non, il n’est plus question pour eux de se contenter " bêtement " de ce qui, désormais, leur semble des " miettes " indignes.

Vite, l’évidence va s’imposer : ils vont MIGRER !

Ils vont jouir aussi du confort, du luxe instauré sur l’île à quelques coups de rame de la leur.

Et si leurs migrations incessantes détériorent, pourrissent, dénaturent ce " paradis " artificiel si proche et la transforment en cauchemar, ils n’en auront jamais rien à faire.

Cela pourrait même les satisfaire tout à fait.

Au moins, ils ne resteront pas pauvres à côté d’une île " riche " - qui leur appartient de droit du sol - peuplée par leurs frères, leurs semblables, " enrichis " sans effort.

Au moins, ils auront lutté - avec leurs armes de pauvres - pour mettre fin à cette injustice essentielle, à même de revêtir des formes multiples, qu’est la colonisation.

Arnould Accya

PS : Merci de noter l’emploi des guillemets, indispensables à la suggestion.

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