Marseille : Michèle Rubirola et le " Printemps Marseillais " (presque) à la mairie

, par  DMigneau , popularité : 0%

Marseille : Michèle Rubirola et le " Printemps Marseillais " (presque) à la mairie

Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

En tête sur l’ensemble de la ville ce 28 juin, la liste du " Printemps Marseillais " semble bien partie pour remporter la marie que la droite tenait depuis 25 ans. Malgré le soutien de Jean-Claude Gaudin, des moyens considérables pour sa campagne, Martine Vassal, la candidat LR, paye - entre autres - l’accumulation des affaires.

Le " 6-8 ", c’est le secteur que Martine Vassal, la candidate LR à la mairie de Marseille ne devait pas perdre. Jean- Claude Gaudin, son mentor et protecteur y a toujours été élu au premier tour depuis 1983.

Arrivée en tête le 15 mars avec une légère avance, l’héritière du " système " a pourtant " mordu la poussière " face à la candidate du " Printemps Marseillais ", Olivia Fortin, une quasi inconnue en politique, cheffe d’entreprise dans " l’évènementiel " et co-fondatrice d’une association " Mad-Mars " (Marseille fou...), prônant le " parti des idées folles ". Tout un symbole, celui-la même que recherchait le PM, alliance quelquefois brinquebalante entre de " vieux routiers " des joutes politiques phocéennes, de militants issus de la " société civile " et de " Comités citoyens ".

Dès l’annonce de la chute de la maison Vassal dans son propre fief, tous ceux-là ont commencé à croire très fort dans une victoire esquissée dans un premier tour voyant à la surprise générale Michèle Rubirola en " pole position " devant la double présidente de la " Métropole " et du " Conseil départemental " 13.

Dans le même temps, " Harris Interactive " donnait ses estimations sur l’ensemble de la ville. Implacables : 39,9 % Rubirola et 29,8 % à Vassal, soit des résultats assez conformes aux ultimes sondages effectués il y a encore quelques jours.

HUIT ÉLECTIONS DANS HUIT SECTEURS

Au " Printemps Marseillais ", le vote populaire, sans contestation possible. Mais, loi PLM oblige, il n’y a pas une, mais huit élections dans huit secteurs à Marseille. Et c’est le nombre de conseillers municipaux obtenus dans chacun d’entre eux qui fait la décision.

Sans surprise le " 2-3 " où se présentait le " socialiste " Benoit Payan, un temps candidat pour diriger la liste sur toute la ville avant que Jean-Luc Mélenchon n’en décide autrement, tombait dans l’escarcelle du PM.

Idem pour le " 1-7 ", où c’est précisément la député suppléante du patron de " la France insoumise ", Sophie Camard, en léger " froid " avec lui ; qui l’emportait largement.

Histoire d’assurer sa propre légitimité à la tête de la mairie, Michèle Rubirola pour sa part n’aura laissé aucune chance au sénateur dissident LR, Bruno Gilles, battu dans le " 4-5 " qu’il dirigeait depuis 22 ans et qui aura donc tout perdu, l’investiture LR face à Martine Vassal, le soutien de son " ami de trente ans ", le président de la région PACA, Renaud Muselier, sans oublier les trahisons en cours de route de quelques uns de ses soutiens.

Dans le " 13-14 ", la défaite inattendue de Stéphane Ravier, dirigeant du RN élu au profit d’une " triangulaire " en 2014 et devancé cette fois par le général à la retraite David Galtier, le " Monsieur sécurité " de Martine Vassal, redonnait un peu de " baume au cœur " aux partisans de cette dernière.

Car le secteur est prodigue en nombre de conseillers : pas moins de 16, quand le 2ème par exemple en fournit moitié moins.

Peine perdue.

Vers 22h30, les projections situaient les conseillers du PM autour de la majorité absolue - soit 51 - avec comme seule inconnue la victoire éventuelle de la sénatrice ex-PS Samia Ghali dans le " 15-16 ", ses terres des quartiers nord que son clan laboure et " clientélise " sans relâche.

Près du QG de Martine Vassal, quelques militants déconfits s’en prenaient à l’affaire " bidon " des procurations frauduleuses révélées par " Marianne " et " France 2 ". D’autres, peut-être plus lucides, admettaient l’envie probable des Marseillais, du moins ceux qui ont voté - un sur trois - de " tourner la page des années Gaudin ".

Alain Léauthier

Marianne