Marianne kidnappée : quand LREM se confond avec la République

, par  DMigneau , popularité : 0%

Marianne kidnappée : quand LREM se confond avec la République

Le parti présidentiel s’est approprié l’allégorie de la République à des fins de propagande. - Capture d’écran Twitter

Sur ses premières affiches de campagne en vue des élections municipales de 2020, dévoilées ce lundi 17 juin, LREM s’est approprié sans vergogne l’allégorie de la République, qui pose en " Oncle Sam " réclamant l’engagement de ses citoyens pour leur patrie. Le malaise est total.

" Votez LREM, c’est un ordre de la République ! "

En annonçant, ce lundi 17 juin, les premiers noms de ses candidats pour les élections municipales de 2020, " La République en marche " a également dévoilé ses premières affiches de campagne : on y voit l’allégorie de la République, Marianne, enjoindre le lecteur de " s’engager pour sa ville ".

Sur ce dessin, la jeune femme arborant bonnet phrygien, cocarde et écharpe tricolore, pointe en outre le doigt vers le spectateur à la manière de " l’Oncle Sam " américain, surplombant la mention " La République c’est vous ! ".

Rien que ça.

https://twitter.com/MarleneSchiappa/status/1140592613621473280/photo/1

On pourrait croire qu’il s’agit d’une campagne des « pouvoirs publics » pour lutter contre l’abstentionnisme, mais pas du tout : une mention en bas ce ce placard, " En-Marche.fr/2020 ", nous confirme qu’il s’agit là d’un document électoral émanant de LREM.

Suivant la logique prônée par cette affiche, ce n’est donc pas un parti qui demande au spectateur de s’engager pour le parti présidentiel, c’est bien l’incarnation symbolique de la nation elle-même.

Et voici notre Marianne tout simplement prise en otage à des fins de propagande.

IMAGERIE MILITAIRE

Si l’UMP, rebaptisée en 2014 " Les Républicains ", avait précédé les marcheurs dans l’exercice du « hold-up sémantique », ces derniers n’en sont pas à leur coup d’essai. De même que la grosse ficelle électorale de l’alternative électorale entre “ nous ou le chaos ", la rhétorique de la confiscation patriotique est désormais récurrente chez LREM : le 9 juin encore, dans " Le JDD ", Marlène Schiappa, co-responsable du pôle “ idées ” de LREM, expliquait en effet que rejoindre le parti présidentiel revenait à “ faire passer sa patrie avant son parti ”.

Ceux qui ne font pas ce choix en tireront les conclusions

L’imagerie reprise par l’affiche laisse également perplexe : la référence aux célèbres affiches de recrutement américaines de la Première Guerre mondiale, sur lesquelles la figure allégorique des Etats-Unis - " l’oncle Sam " - lançait “ I want YOU for U.S. Army ” aux passants, laisse à penser que LREM donne plus dans l’embrigadement que dans la politique.

Une attitude guerrière qui colle avec celle de certains qui, dans la majorité, semblent aborder le scrutin à venir dans cet esprit. Fraîchement élu député européen sur la liste LREM, Gilles Boyer avait ainsi expliqué le 31 mai sur " Europe 1 " qu’un maire élu sans l’apport de LREM ou du MoDem serait “ un ennemi du président ”, avant de présenter des excuses.

Christophe Fouillere
@CFouillere
Dans une démocratie, ne pas partager la ligne politique du chef de l’État ne fait pas de vous un ennemi mais un adversaire politique. Propos très grave de Gilles BOYER.
— 
" Un maire qui sera élu sans l’apport de LREM et du MODEM sera un ennemi du Président "

https://twitter.com/CFouillere/status/1134419321579593728

Louis Nadau

Marianne