Mali : interrogations sur une frappe aérienne menée par la force " Barkhane "

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Mali : interrogations sur une frappe aérienne menée par la force " Barkhane "

Daphné BENOIT / AFP

Une opération aérienne menée par la force " Barkhane " le dimanche 3 janvier a permis la neutralisation de " dizaines de djihadistes ". Mais un village situé dans la même zone, au centre du pays, aurait également subi une attaque, dans laquelle dix-huit civils assistant à un mariage auraient étés tués. Les « réseaux sociaux » s’enflamment, accusant la France et les forces armées maliennes, sans preuve tangible pour le moment.

Difficile de savoir ce qu’il s’est passé ce dimanche 3 janvier dans le centre du Mali, au village de Bounty, dans la région de Douentza. Les « réseaux sociaux » se sont enflammés, évoquant une " bavure " de la force " Barkhane ", sans que la moindre preuve n’ait été apportée pour l’heure.

Selon un communiqué publié par l’association de jeunesse " Peulh Tabital Pulaaku ", dix-huit personnes ont trouvé la mort lors de la célébration d’un mariage, victime d’une frappe aérienne venue d’un hélicoptère.

L’association a publié une liste nominative, précisant qu’une des personnes transportées pour être soignée « a succombé à se blessures suite à une arrestation du véhicule qui les transportait par des Chasseurs " dozo " entre Douentza et Bandiagara selon notre source. »

Les chasseurs " dozo " ont formé des milices d’autodéfense et sont en conflit avec les Peulh. Quant aux sources, elles sont difficilement joignables et identifiables dans une région très reculée et isolée. Des villageois joints par l’AFP disent qu’ils ont bien été visés par des tirs venant d’un hélicoptère volant à très basse altitude.

LES SPÉCULATIONS VONT BON TRAIN

Le même jour, la force " Barkhane " a effectué une frappe aérienne contre un groupe de plusieurs dizaines de djihadistes : « Cette frappe a eu lieu à 15h00, à partir de " Mirages 2000 ", sur la base de renseignements précis et suivant un processus parfaitement calé », nous a déclaré le porte-parole de l’Etat-major des armées, le colonel Barbry, qui dément formellement que les observations faites au moment du tir correspondent à un mariage.

Des commandos, après avoir obtenu des informations très précises sur la localisation des djihadistes, on guidé la frappe. Et il n’y avait pas d’hélicoptère engagé sur la zone.

La concomitance des deux événements, dans la même région, donne lieu à toutes les spéculations, que cela soit sur une éventuelle implication de " Barkhane " ou des " Fama " (Forces armées maliennes).

Pour le moment, le gouvernement malien ne s’est pas exprimé et la division des « droits de l’Homme » de la « Mission des Nations unies » (MINUSMA) annonce qu’elle va initier une enquête.

La région de Douentza se trouve au cœur de la zone d’activité des groupes terroristes armés du GSIM (" Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ") affilié à " Al Qaïda ". Elle se situe à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Hombori, région dans laquelle trois militaires français du 1er régiment de chasseurs ont été tués par un IED le 28 décembre.

Vladimir de GMELINE

Marianne