" Make Start-up nation great again " : le " come-back " de Macron en champion de la " French Tech "

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Make Start-up nation great again " : le " come-back " de Macron en champion de la " French Tech "

- CHARLES PLATIAU / POOL/EPA/Newscom/MaxPPP

En fervent défenseur de la modernité, le président de la République a brocardé ce lundi 14 septembre les sceptiques exprimant des réserves sur le déploiement de la « 5G », renvoyés au " modèle Amish " et aux " lampes à huile ".

Ultramoderne sollicitude.

Ce lundi 14 septembre, devant la " fine fleur " des entrepreneurs de la " French Tech " réunie dans la salle des fêtes de l’Élysée, Emmanuel Macron a rendossé son costume - sans cravate, évidemment - de champion de la " Start-up nation ".

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En fervent défenseur de " la modernité ", le président de la République a chouchouté les " premiers de cordée " du 2.0. : " Oui, la France va prendre le tournant de la 5G ", a-t-il assuré, en guise de réponse à la demande, signée par 70 élus de gauche et " écologistes " dans le " Journal du dimanche ", d’un moratoire sur ce dossier.

Cette dernière reprenait à son compte une exigence de la « Convention citoyenne pour le climat », qui réclamait " un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat ".

" J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine ", a brocardé le chef de l’État.

Une manière de décrédibiliser ceux qui osent afficher leur scepticisme quant à la nécessité d’instaurer une nouvelle norme de téléphonie, rhabillés en rétrogrades archaïques.

" Pour un contrôle démocratique de l’usage des technologies "

Interrogé par " L’Obs " ce mardi, le député " Insoumis " François Ruffin, qui figure parmi les signataires de la demande de moratoire, précise leurs intentions : " Je ne tranche pas sur le fond du dossier 5G. Je me positionne pour un contrôle démocratique de l’usage des technologies. Je ne souhaite apporter aucune réponse définitive mais plutôt poser des points d’interrogation sur l’environnement, la santé, les usages possibles. "

" Il y a un temps d’interrogation sur le lien entre progrès technologique et progrès humain , continue-t-il. Et c’est dans ce moment-là qu’intervient la 5G, sans qu’on ait de prise démocratique dessus. Or, si on veut avoir des avancées technologiques, il faut qu’elles soient acceptées par la société, pas qu’elles soient imposées. "

" Pudeurs de gazelle ", selon le président de la République, pour qui la marche forcée vers le progrès technique serait - en effet - dans l’ADN national : " La France est le pays des Lumières, c’est le pays de l’innovation (...) ", explique sans rire Emmanuel Macron.

Rousseau et le « wifi », même combat.

" On va tordre le cou à toutes les fausses idées. Oui, la France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation ", promet-il.

L’attribution des fréquences de cette technologie mobile doit débuter à la fin du mois en France. En juin dans " Le Figaro ", Agnès Pannier-Runacher, alors secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, avait déjà fermé la porte à la demande de moratoire de la « Convention citoyenne » en annonçant les enchères entre opérateurs auraient bien lieu.

On n’arrête pas " le progrès ".

Louis NADAU

Marianne