Macron rénove son salon à l’Élysée pour… 930 000 euros

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Macron rénove son salon à l’Élysée pour… 930 000 euros

Crédits photo : LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

En pleine crise sanitaire et à l’aube d’une crise économique d’ampleur, alors que « l’Hôpital public » et les centres de dépistage surchargés manquent cruellement de moyens pour faire face à la recrudescence des cas de " covid-19 ", Emmanuel Macron juge le moment opportun pour rénover le " salon doré " de l’Élysée.

Le coût de l’opération : 930 000 euros.

Quelques semaines après l’annonce du " plan de relance " par Jean Castex début septembre offrant des dizaines de milliards d’euros au « patronat », et alors que les travailleurs subissent d’ores et déjà des vagues de suppressions de postes de plus en plus fréquentes, justifiées par la crise économique " à venir " et la pandémie de " Covid-19 ", Macron a inauguré ce mardi 15, la fin des travaux visant à redonner sa splendeur d’antan au « Salon doré » de l’Élysée.

L’architecte Michel Goutal ayant dirigé les travaux pendant cinq semaines a justifié le coût élevé de l’opération et son " urgence " auprès du " Parisien " : " Cela faisait soixante-dix ans que les lieux n’avaient pas été touchés, c’était très fatigué ", pourtant le fait de rénover de fond en comble un lieu si emblématique du pouvoir alors que nous traversons une crise sanitaire et économique n’ayant pour égale que celle de 1929, semble complètement déconnecté de la réalité et injustifiable pour la majorité de la population.

En effet, le « Salon doré » de l’Élysée a servi de bureau officiel à la grande majorité des présidents de la Vème République, excepté de Valéry Giscard d’Estaing et d’Emmanuel Macron lui-même, il est d’autant plus absurde de consacrer un budget si important à un lieu pratiquement inutilisé et ne servant que de " salon d’apparat ".

Alors qu’à l’aube d’une deuxième " vague ", ces 930 000 euros pourraient servir à la gestion de la crise sanitaire, une partie de l’argent public sert à rénover un salon où personne ne séjourne et qui ne sert à Macron que de décor pour ses allocutions et représentations publiques, au lieu d’aller vers les hôpitaux et surtout les centres de dépistage qui sont déjà bondés.

Quand, en Seine-Saint-Denis et dans de nombreux autres départements d’Île-de-France, il faut compter entre trois et quatre heures de queue pour se faire tester au " coronavirus ", une telle somme devrait servir à ouvrir de nouveaux centres de dépistage, notamment dans les quartiers populaires et les universités et à pourvoir certains secteurs en masques chirurgicaux gratuits afin de ralentir voire endiguer la progression de l’épidémie dans les régions les plus touchées.

S’il est évident qu’aujourd’hui la gestion de la crise sanitaire est déplorable et que le gouvernement privilégie ouvertement l’économie capitaliste et les grandes entreprises au détriment des travailleurs et des plus précaires, il est outrageux envers la classe ouvrière de diriger une telle somme pour offrir aux murs du salon présidentiel, la pose de près de 10 000 euros de 15 000 feuilles d’or en prévision des prochaines " Journées du patrimoine ".

En voulant " redorer " son image, Macron a insisté sur le fait que cette restauration serait une " vitrine de l’excellence française " car elle permettrait de " projeter l’excellence française à l’étranger  », et prouve que les intérêts de l’État français et des " grands patrons " qu’il représente passe avant la santé des classes populaires.

Margot VALLERE

revolutionpermanente.fr