Loi Travail : " On sent une véritable disponibilité pour la mobilisation "

, par  DMigneau , popularité : 25%

Loi Travail : " On sent une véritable disponibilité pour la mobilisation "

Les députés de la France insoumise veulent porter le fer de la contestaion à l’intérieur et à l’extérieur de l’Assemblée nationale. - WITT/SIPA

Forts de leur entrée - remarquée - à l’Assemblée nationale, les députés de " la France insoumise " ambitionnent d’être à la rentrée le fer de lance de la contestation sociale contre le projet de réforme du code du travail. A l’intérieur comme à l’extérieur du Palais Bourbon.

La rentrée politique et sociale sera-t-elle chaude ?

Le groupe de députés de " la France insoumise " (FI), qui a fait une entrée remarquée à l’Assemblée nationale cet été, est en tout cas bien décidé à faire monter la température à l’automne.

Le contexte lui est favorable, avec sur les rails une " réforme " du code du travail déjà contestée et qui sera adoptée par voie d’ordonnances.

Les syndicats CGT et Sud ont d’ores et déjà prévu de manifester le 12 septembre.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat FO, attend de voir comment tourneront les discussions mais a également tenu à avertir l’exécutif : " S’il faut mobiliser, on mobilisera ".

De leur côté, les camarades de Jean-Luc Mélenchon veulent s’imposer comme le fer de lance politique de la contestation, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Assemblée nationale. Eric Coquerel, élu le 18 juin dernier député de la 1ère circonscription de la Seine-Saint-Denis sous l’étiquette FI, revient pour " Marianne " sur les enjeux de cette rentrée.

Marianne : Quels sont les objectifs de " la France insoumise " pour ces prochains mois ?

Eric Coquerel : Ce mois de septembre va être marqué par la mobilisation contre la loi " Travail ". Nous serons évidemment en soutien à la journée de mobilisation syndicale du 12 septembre à l’appel de la CGT et de SUD.

Nous préparons également notre propre journée de rassemblement, le 23 septembre, soit trois jours après que le projet de loi sera passé en conseil des ministres.

En fait, nous n’avons pas arrêté depuis notre entrée à l’Assemblée nationale puisque cet été, durant tout le mois d’août, nos militants ont sillonné la France avec les caravanes de " la France insoumise " pour alerter sur les dangers de ce projet de loi. Et ce qui nous remonte, c’est que les citoyens ne sont pas du tout en phase avec ce que propose Emmanuel Macron.

Je ne sais ce que ça va donner à la rentrée, mais on sent une véritable disponibilité pour la mobilisation.

Marianne : Comment allez-vous vous y prendre pour amplifier le mouvement ?

Eric Coquerel : Nous allons être très présents à l’Assemblée nationale mais également sur le terrain. Nous battre sur les deux plans. L’idée, c’est de continuer à militer comme nous savons le faire. Nous ne sommes pas une force institutionnelle classique, au sens " gestionnaire " du terme. On utilisera toutes les tribunes pour faire entendre notre voix. C’est ce qui marche.

Marianne : Pour la première fois, vous disposez d’un groupe de députés à l’Assemblée nationale. Quel bilan tirez-vous de vos premiers pas au Palais Bourbon ?

Eric Coquerel : Je pense que nous avons la bonne méthode. On l’avait déjà ressenti avec les réactions sur les réseaux sociaux, les remontées de nos militants nous le confirment : notre travail est apprécié.

D’abord parce que nous ne nous contentons pas de contester, nous remplissons pleinement notre rôle de députés en faisant des propositions avec des amendements.

Nous avons également réussi à saisir le Conseil constitutionnel avec nos collègues communistes et les députés de " Nouvelle Gauche " (" socialistes ").

Le fait que les débats au Parlement soient filmés nous a aussi permis d’avoir de véritables moments d’éducation populaire. Parmi les 17 députés du groupe, nous avons plusieurs bons orateurs et ceux qui avaient moins d’expérience se mettent au diapason.

Avec ce groupe, nous avons un poids incommensurable par rapport à notre taille. D’ailleurs, je sais qu’au sein de " La République en marche ", ils se méfient de nous.

Marianne : Vous avez également pu profiter du flottement des " socialistes " sur leur ligne de conduite à tenir par rapport au gouvernement d’Emmanuel Macron…

Eric Coquerel : Ce qui est clair, c’est que face au PS, nous apparaissons comme l’espace politique de recomposition, comme ceux qui peuvent fédérer autour d’eux.

Je pense que le PS n’a ni la volonté ni véritablement le pouvoir de nous le contester. Et ces premiers mois à l’Assemblée ont bien permis de montrer que nous étions LA force d’opposition à la machine Macron.

Le problème du PS, c’est qu’on ne peut pas avoir été pendant si longtemps une force de gestion et de promotion du libéralisme puis changer du jour au lendemain.

Bruno Rieth

Marianne