" Loi Pacte " : des députés LREM veulent charger encore davantage le dimanche de travail

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Loi Pacte " : des députés LREM veulent charger encore davantage le dimanche de travail

Face à la proposition de 22 députés LREM, l’opposition dénonce le " monde pourri de Macron ". - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Une vingtaine de députés " La République en marche " (LREM) appelle à élargir les possibilités d’ouverture dominicale des commerces à l’occasion de la " loi Pacte ". Une mesure qui pénaliserait les salariés précaires et favoriserait les grandes entreprises, pour certains élus d’opposition.

La trêve estivale touchant à sa fin, certains députés " La République en marche " (LREM) reviennent à la charge sur le sujet du travail le dimanche.

Dans une tribune publiée dans le " Journal du dimanche " ce 19 août, ils sont 22 à prôner " la liberté d’ouvrir - ou non - le dimanche ", parmi eux Buon Tan (élu de Paris) ou encore Claire O’Petit (Eure).

Ils demandent que la possibilité d’ouvrir le dimanche soit donnée aux commerçants par le projet de " loi Pacte " (« Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») qui a été présenté en Conseil des ministres au mois de juin et doit être discuté au Parlement à la rentrée.

Si la loi du 6 août 2015 " pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques ", aussi appelée " loi Macron ", a déjà élargi les possibilités d’ouverture des commerces le dimanche dans les zones touristiques internationales - celle où cette ouverture est censée créer de l’activité - les élus de la majorité veulent " aller plus loin ".

Les salariés " demandeurs " de cette " liberté "

Selon eux, " l’ouverture dominicale est avant tout un enjeu sociétal qui correspond à l’aspiration des Français ".

A savoir, toujours d’après eux, " être libre d’acheter, de se divertir, de travailler - ou non - le dimanche ".

Pour ces parlementaires, les salariés seraient même " demandeurs " de cette " liberté " de travailler ce jour-là. " Dans les grands magasins parisiens, un roulement entre salariés a même dû être mis en place. Ils étaient tout simplement trop nombreux à vouloir travailler le dernier jour de la semaine ", assurent-ils.

Il s’agit surtout, pour eux, de donner des armes nouvelles aux commerces face à la concurrence du " e-commerce " : " La France est au troisième rang européen des ventes en ligne et compte 37,4 millions de cyber-acheteurs. De nombreux commerces de proximité subissent de plein fouet cette concurrence 24h/24 et 7j/7. "

Autre argument, le niveau de dépenses des touristes en visite à Paris.

Bien qu’étant la ville la plus visitée au monde avec 40 millions de touristes accueillis l’an dernier, " les recettes générées par le tourisme (en France, ndlr) sont 30 % inférieures à celles de l’Espagne ".

" Quel gâchis ", jugent-ils.

Une tribune qui hérisse l’opposition de gauche.

Dans un " tweet ", Adrien Quatennens, député " La France Insoumise " (LFI) du Nord, dénonce une représentation du " monde pourri de Macron " où les ballades familiales n’existeraient pas " car le dimanche on bosse ou on lèche des vitrines ".

Selon lui, ces élus " oublient que le travail dominical est souvent contraint ". Son homologue Eric Coquerel (LFI), député de Seine-Saint-Denis (93) voit dans cette proposition une hérésie.

A l’antenne de BFM TV ce dimanche, il a tenu à signaler que " le pouvoir d’achat n’augmentant pas, ce que l’on consomme le dimanche ne sera pas consommé le jeudi. L’ouverture du travail dominical ne résout rien. "

La proposition ne passe pas non plus chez " Europe Ecologie-Les Verts " (EELV). Le conseiller à la ville de Paris, David Bélliard, rejette un élargissement qui concernerait " d’abord les femmes et les salariés précaires, qui profite aux grandes enseignes mais pèse sur les indépendants " et dont le but final n’est autre que d’ " assigner les gens au travail, toujours et tout le temps ".

L’examen de la " loi Pacte " au Parlement, prévu à l’origine pour le mois de septembre, pourrait être reporté en raison des décalages causés par l’affaire Alexandre Benalla sur le calendrier de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Pour le moment, avant tout amendement des parlementaires, le texte contient 70 articles portant sur différents aspects de la vie des entreprises.

Ce projet de loi " ambitionne de donner aux entreprises les moyens d’innover, de se transformer, de grandir et de créer des emplois ", selon les mots du gouvernement.

Tous les jours de la semaine ?

Magazine Marianne