Lidl condamné pour " faute inexcusable " trois ans après le suicide d’un salarié

, par  DMigneau , popularité : 0%

Lidl condamné pour " faute inexcusable " trois ans après le suicide d’un salarié

Image d’illustration. Des salariés du Lidl de Rousset en grève après le licenciement d’un d’entre eux, en 2017. - AFP

Le « Tribunal des affaires de sécurité sociale » (Tass) de Marseille a rendu mercredi 4 juillet ses conclusions sur le suicide de Yannick Sansonetti, retrouvé mort en 2015 dans un magasin Lidl à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône. Le magasin est mis en cause.

Le 29 juin 2015, un " technicien de maintenance " se pend dans l’entrepôt d’un magasin " Lidl ", à Rousset dans les Bouches-du-Rhône.

Trois ans plus tard, le « Tribunal des affaires de sécurité sociale » (Tass) reconnaît la responsabilité de " Lidl " dans la mort de Yannick Sansonetti, alors salarié depuis six ans.

Le suicide, classé comme “ accident du travail ” par la Sécurité sociale, a finalement été attribué à une “ faute inexcusable ” de la chaîne de distribution.

Harcèlement moral

Le jugement intervient après la publication de deux rapports consacrés au décès de Yannick Sansonetti.

Le premier, rédigé en mars 2016 par le « Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail » (CHSCT) du " Lidl " Rousset, faisait état d’un “ processus de dégradation de l’état de santé psychologique. (...) Le suicide est l’aboutissement de ce processus. "

Le second, publié un an plus tard par l’Inspection du travail, affirmait - quant à lui - que " l’entreprise Lidl (...) a commis des agissements répétés de harcèlement moral à l’encontre de Monsieur Yannick Sansonetti (...) ayant eu pour effet une dégradation de ses conditions de travail, de compromettre son avenir professionnel et d’altérer sa santé mentale ".

Le suicide de Yannick Sansonetti avait été largement médiatisé. Le magazine d’enquête " Cash Investigation " lui avait consacré une longue séquence dans " Travail : ton univers impitoyable ".

Pour les salariés du " Lidl " de Rousset, l’émission de " France 2 " avait “ ouvert la brèche ” : “ En fait, ce reportage a permis de mettre un mot sur ce sentiment qu’on avait : la déshumanisation ” a déclaré l’un d’entre eux à " Libération ".

De son côté, la direction de " Lidl " se montre très discrète. Elle déclare “ [avoir] pris acte de la décision du Tass ”, sans ajouter d’autre commentaire.

La chaîne de distribution allemande est condamnée à versée 90 000 euros à la veuve, à la mère et à l’enfant du défunt pour ne pas avoir pris en compte les " risques psychosociaux " signalés par l’inspection du travail.

Magazine Marianne