Lettre ouverte aux dirigeants de Sanofi

, par  DMigneau , popularité : 0%

Lettre ouverte aux dirigeants de Sanofi

La coordination des syndicats CGT accuse le Groupe Sanofi « d’avoir manqué à ses obligations de protection de la santé des salariés et des riverains du bassin industriel de Mourenx. » Et exige plusieurs actes de réparation pour que la production de Dépakine redémarre en toute sécurité sanitaire.

Monsieur le Directeur Général de Sanofi,

Monsieur le Président de Sanofi,

Monsieur le Directeur Général de " SanofiFrance ",

Monsieur le Président de " Sanofi Chimie ",

La coordination des syndicats CGT du « Groupe Sanofi » est consternée face à la négligence dont vous êtes coupable dans l’affaire de pollution du site " Sanofi Chimie Mourenx ", producteur de « Dépakine ».

Le syndicat CGT vous accuse d’avoir manqué à vos obligations de protection de la santé des salariés et des riverains du bassin industriel de Mourenx.

Le directeur du site de Mourenx affirme qu’il ignorait les rejets dans l’atmosphère d’un résidu chimique réactionnel, cancérigène et mutagène : le bromopropane.

Comment peut-il tenir de tels propos, alors même que « Sanofi » est dans l’obligation de déterminer et d’analyser l’ensemble des sous-produits, résidus, réactifs, solvants, utilisés et/ou issus du process de production ?

Celui-ci doit être maîtrisé et respecter les réglementations pour assurer la sécurité et la santé des salariés et des populations.

Plaider l’ignorance ne fait que pointer le manque de maîtrise des procédés de production de « Dépakine » et porte le doute sur la totalité des sites de production de médicaments dans le monde.

Qui peut aujourd’hui affirmer que cette " ignorance " ne frappe pas d’autres sites de fabrication ?

Le groupe « Sanofi » est en capacité de faire cadeau en 10 ans de plus de 50 milliards d’euros à « la Finance » et ses actionnaires, comment croire alors qu’il ne soit pas en capacité d’analyser et de traiter ses rejets toxiques.

Le syndicat CGT vous accuse de faire passer la santé des actionnaires avant celle des salariés et des populations.

Vous êtes coupable de mise en danger d’autrui.

Vous êtes coupable de faire porter le discrédit sur les femmes et les hommes qui travaillent pour ce groupe et de mettre en danger l’emploi.

Vous êtes enfin coupable de faire courir un risque de rupture sur un médicament.

Le syndicat CGT exige en urgence que « Sanofi » :

- apporte toutes les transformations nécessaires pour que les rejets disparaissent et que les conditions d’un redémarrage de la production en toute sécurité sanitaire soient réunies ;

- délivre une fiche d’exposition à la totalité des personnes ayant travaillé sur le site et mette en place un suivi médical spécifique ;

- et permette aux populations riveraines du site de production d’avoir un suivi médical financé par le groupe.

D’ici la fin de l’année 2019, « Sanofi » doit mettre en place un plan de prévention et de remédiation des rejets toxiques sur la totalité du groupe « Sanofi » dans le monde, afin d’avoir la certitude que de telles situations ne se produisent pas dans les mois ou années à venir.

Au vu de " la confiance " que nous pouvons accorder à « Sanofi », ce plan devra être placé en France sous contrôle des CHSCT, des futurs CSE, des associations de protection de l’environnement et des services de l’État.

Pour les syndicats CGT du groupe « Sanofi » :

Thierry Bodin, coordonnateur CGT " Sanofi Peyren " et Jean Louis, coordonnateur adjoint CGT " Sanofi ".

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