Les résultats de " la gauche radicale ", communiste, et apparentés, aux européennes pays par pays (2019)

, par  DMigneau , popularité : 0%

Les résultats de " la gauche radicale ", communiste, et apparentés, aux européennes pays par pays (2019)

En un mandat européen beaucoup de choses peuvent changer, et parfois pour le pire.

En 2014, le groupe européen de la « Gauche unitaire européenne » / « Gauche verte nordique » (GUE/NGL) comptait 52 députés.

Cinq ans plus tard ce nombre s’est bien réduit.

J’ai essayé de recenser, pays par pays, les résultats des partis siégeant dans ce groupe, susceptibles de le faire ou aux idées similaires.

Pour certains pays, notamment en Europe de l’Est, il est très difficile de collecter de tels résultats, bien souvent car des listes proches idéologiquement de la GUE/NGL sont inexistantes ou très faibles électoralement.

- Allemagne

" Die Linke " (la gauche) avait obtenu 7,57 % des suffrages et 7 députés en 2014.

Cinq ans plus tard les résultats européens confirment les résultats nationaux. " Die Linke " obtient 5,40 % des voix et 5 sièges.

De son côté le " Parti communiste allemand " (KDP) ne réalise que 0,05 % des suffrages.

- Autriche

En 2014, la liste " Europa Anders ", obtenait 2,1 % des votes.

Cette année, cette liste n’était pas présente. En revanche, celle regroupant le " Parti communiste " et l’ex " mouvement de jeunesse des verts " n’obtient que 0,7 %.

- Belgique

L’une des bonnes surprises de ce scrutin vient de Belgique.

Le " Parti du travail de Belgique " (PTB) augmente son score par rapport de 2014 en passant de 3,51 % des voix et aucun député à 5,74 % et 1 député.

Mais surtout, les élections fédérales et régionales, qui se déroulaient le même jour, ont permis au PTB de passer, dans les diverses « Assemblées » de Belgique, de 8 à 42 élus.

Pour voir le détails des résultats : " Le PTB perce dans tout le pays. "

-Bulgarie

En Bulgarie, il n’y a pas de forces de gauche indépendante qui peuvent représenter une alternative crédible d’un point de vue électoral.

En 2014, le parti " Gauche bulgare ", affilié au « Parti de la gauche européenne », n’avait obtenu que 0,64 % des suffrages.

Cette année, je n’ai pas réussi à trouver leur score et je ne sais pas s’ils ont représenté une liste.

En revanche, la " Coalition pour la Bulgarie " qui regroupe six formations, dont le " Parti socialiste bulgare " (réformiste), mais aussi le " Parti communiste bulgare ", obtient 24,33 % des voix et 2 députés de plus que lors de la précédente mandature pour arriver à 5.

Toutefois, tous devraient siéger dans le groupe " socialiste " au Parlement européen.

- Chypre

L’AKEL, le " Parti progressiste des travailleurs ", réalise un haut score et demeure le " Parti communiste " le plus puissant électoralement de « l’Union européenne ». Il passe d’ailleurs de 26,4 % à 27,49 % des voix et garde donc ses 2 députés.

- Croatie

Comme en 2014, aucune liste qui aurait pu prétendre à siéger dans le groupe de la GUE/NGL n’a fait élire de député.

- Danemark

« L’Alliance rouge verte » est parvenu à sauver son siège qu’elle avait en 2014. Cette année là, « l’Alliance rouge verte » était membre de la coalition du « Mouvement populaire contre l’UE » qui avait recueilli 8 % des voix et donc 1 député.

En 2019, ces deux formations ont fait " bande à part ". « L’Alliance rouge verte » atteint les 5,5 % et obtient 1 siège.

En revanche, le « Mouvement populaire contre l’UE » chute à 3,7 % et n’obtient donc aucun siège.

- Espagne

Quelques semaines à peine après les élections générales espagnoles qui avaient vu le PSOE l’emporter, l’Espagne votait à nouveau.

Elections européennes, régionales et municipales étaient programmés le même jour.

Pour le scrutin européen, comme pour les élections générales, le PSOE est arrivé largement en tête.

En 2014, " Izquierda Unida " (Gauche Unie) coalition qui regroupait sept formations de gauche, dont le " Parti communiste espagnol ", avait obtenu 9,99 % des voix et 6 députés, en se positionnant en troisième position.

De son côté, le tout jeune parti " Podemos ", issu du mouvement des « Indignés », obtenait lui 7,97 % des voix et 5 députés.

Cinq ans, plus tard le paysage politique espagnol n’est pas le même. Les deux formations n’ont pas réussi à concrétiser ces bons scores.

Résultat : l’alliance qu’elles ont formé, baptisé " Unidos-Podemos ", n’obtient que 10,05 % des suffrages et 6 sièges.

Toutefois, d’autres partis qui ont obtenu des sièges « d’eurodéputés » pourraient rejoindre le groupe de la GUE/NGL, comme la coalition qui rassemblait notamment la " Gauche républicaine de Catalogne " et le " Bloc nationaliste de Galicie " qui obtient 5,61 % des voix et 3 députés.

- Estonie

En 2014, le site " Espaces Marx " recensait 0,89 % pour la liste affilié au " Parti de la gauche européenne ".

Cinq ans plus tard, une liste similaire aurait a priori fait à peine 0,1 des suffrages.

- Finlande

Comme au Danemark, « l’Alliance de gauche » avait 1 siège de député à conserver. Malgré une chute dans les résultats, passant de 9,3 % en 2014 à 6,9 % en 2019, « l’Alliance de gauche » parvient à garder son unique siège.

- France

En France, les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances du côté de " la France insoumise ", comme du côté du " Parti communiste français ".

En 2014, le " Front de gauche " (qui rassemblait à l’époque plusieurs formations de gauche dont le " Parti de gauche " et le " Parti communiste français ") récoltait 6,61 % des voix et obtenait 4 sièges.

" La France insoumise " s’en sort mieux que le " Front de gauche " puisqu’elle comptera 2 élus de plus. Mais il faut voir plus loin que ça.

" La France insoumise " n’a, pour le moment, pas concrétisé les espoirs soulevés lors de la dernière présidentielle.

De son côté, le " Parti communiste français " réalise un bien faible score avec 2,49 % des voix. Il n’y aura donc plus « d’eurodéputés » communistes français au Parlement européen, une première depuis 1979.

Même " son de cloche " pour Benoit Hamon et son mouvement qui ne recueille, en France, que 3,27 % des suffrages.

- Grèce

En 2014, la victoire de " Syriza " aux élections européenne portait un souffle d’espoir sur toute l’Europe.

Pour la première fois depuis longtemps, si l’on excepte Chypre, un parti de " la gauche radicale " pouvait accéder au pouvoir.

En janvier 2015, effectivement, " Syriza " remportait les élections en Grèce et Alexis Tsipras devenait premier ministre. Mais les espérances que " Syriza " avait donné aux autres forces similaires dans l’UE se sont vites dissipées.

Dès le mois de juillet 2015, s’en était fini du rêve d’une alternative crédible.

Depuis, Alexis Tsipras a appliqué - comme ses prédécesseurs, de droite et " sociaux-démocrates " - les mémorandums dictés par Bruxelles (voir : " Grèce : entre austérité, répression et trahison ").

Pourtant les députés de " Syriza " ont continué - et vont sans doute continuer - de siéger dans le groupe de la GUE/NGL.

Ainsi avec 23,8 % des votes, " Syriza " fait moins bien qu’en 2014 puisque la formation avait alors recueilli 26,55 % des voix. Toutefois, le parti d’Alexis Tsipras maintient ses 6 députés.

Quant au " Parti communiste grec " (KKE), qui ne siège plus dans le groupe de la GUE/NGL, il parvient - lui aussi - à sauver ses 2 députés en connaissant également une légère chute dans son score électoral, passant de 6,11 % des suffrages en 2014 à 5,41 % en 2019.

Les autres forces de gauche n’auront aucun député et font des scores extrêmement bas.

C’est le cas du « Mouvement pour la démocratie en Europe 2025 » de Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances de " Syriza " durant les premiers mois du gouvernement de Tsipras et l’allié de Benoit Hamon au niveau européen, de la liste rassemblant " l’Unité populaire " et le " Parti pirate " ou encore de celle d’" Antarsya " (" Front de gauche anticapitaliste ").

- Hongrie

Comme dans d’autres pays de l’Est, les forces de gauche, non " sociaux-démocrates ", sont inexistantes. D’après le site " Espaces Marx ", il n’y avait aucune liste qui pouvait s’apparenter à la GUE/NGL en 2014.

Cinq ans plus tard, le " Parti ouvrier hongrois ", l’un des héritiers du " Parti socialiste ouvrier hongrois ", n’obtient que 0,42 % des votes.

- Irlande

Le " Sinn Féin " avait obtenu 17 % des voix en 2014 et 3 sièges.

En 2019, les choses ont évolué. Le " Sinn Féin " perd un siège et quatre points dans son score en obtenant 13 % des voix.

En revanche, la liste « Indépendance pour le changement » créée une petite surprise. Cette formation formée en 2014 réalise 15 % des suffrages et gagne 2 députés.

Toutefois, rien ne certifie qu’ils siégeront avec le " Sinn Féin " dans le groupe de la GUE/NGL.

- Italie

La situation de la gauche italienne est catastrophique. Elle l’était déjà en 2014 et cela se confirme en 2019.

Pourtant, il y a cinq ans, 3 députés avaient été élus sur la liste l’" Altra Europa con Tsipras " qui avait récolté 4,07 % des voix.

Cette année, la GUE/NGL ne sera plus représentée en Italie.

Les diverses formations qui auraient pu y siéger ont réalisé des scores extrêmement faibles, preuve que tout est à reconstruire.

La liste " La Gauche ", qui rassemble l’" Autre Europe avec Tsipras ", " La Gauche italienne ", le " Parti de la refondation communiste " et le " Parti du Sud " (régionaliste), n’obtient que 1,75 % des voix.

Le " Parti communiste ", avec 0,88 % des suffrages atteint lui aussi un score ridicule.

A noter que la formation " Potere al popolo " (" le pouvoir au peuple "), soutenu par " la France insoumise ", avait renoncé à se présenter lors de ce scrutin.

- Lettonie

En 2014, le site " Espaces Marx " recensait 1,55 % pour une liste affiliée au GUE/NGL.

Il est difficile de savoir si une telle liste a fait un score similaire en 2019, mais ce qui est certain c’est qu’il n’y aura aucun député provenant de Lettonie qui siégera dans le groupe de la GUE/NGL.

- Lituanie

Comme les autres pays Baltes, les forces de gauche sont quasiment inexistantes en Lituanie. Aucun député de ce pays ne siégera donc dans le groupe de la GUE/NGL.

- Luxembourg

Il est difficile pour des partis de gauche de réaliser des scores conséquents dans un pays comme le Luxembourg, paradis fiscal par excellence.

En 2014, " Dei Lénk " (" La Gauche ") obtenait 5,76 % des voix, mais aucun siège. De même que le " Parti communiste luxembourgeois " (PCL) qui réalisait un score de 1,49 % il y a cinq ans.

En 2019, les scores de ces deux formations sont presque similaires, même s’ils sont en baisse. " Dei Lénk " n’obtient que 4,83 % et le PCL 1,14 %.

- Malte

Il est difficile de savoir quels scores ont pu faire des listes affiliées à la GUE/NGL. Mais aucun député Maltais ne siégera dans ce groupe.

- Pays-Bas

En 2014, le " Parti socialiste " avait créé une petite surprise avec 9,65 % des voix et 2 députés. Il ne conservera pas ses sièges puisqu’il n’obtient cette fois-ci que 3,4 % des votes.

En revanche, le " Parti pour les animaux ", qui siège dans le groupe de la GUE/NGL, avait obtenu 4 % des voix et 1 député en 2014. Il obtient le même score cette année et conserve donc son siège.

- Pologne

Aucune liste affilié au " Parti de la gauche européenne " (PGE) ou à la GUE/NGL ne s’était présentée en 2014.

En 2019, soit la situation est identique soit il est difficile de savoir ce qu’il en est. Toujours est-il que la situation politique pour la gauche polonaise est extrêmement difficile et l’anti-communiste viscéral du pouvoir en place et la criminalisation de ceux-ci n’arrangent pas les choses (voir : " Pologne : nouvelle terre de l’anticommunisme ").

- Portugal

Le " Parti communiste portugais " (PCP) et le " Bloc de gauche " ont fait le choix en 2015 d’appuyer le " Parti socialiste portugais " au parlement pour chasser la droite du pouvoir (voir : " Portugal : une autre voie pour l’Europe ").

Toutefois, ces deux forces ne sont pas entrées au gouvernement et se sont présentées indépendamment aux élections européennes.

C’était déjà le cas en 2014.

A l’époque, la coalition de la CDU, qui regroupe le " Parti communiste " et " les écologistes ", avait obtenu 12,69 % et 3 députés.

De son côté, le " Bloc de gauche " - lui - avec 4,56 % des voix avait 1 siège.

Cinq ans plus tard les scores se sont inversés. Le " Bloc de gauche " obtient 9,82 % des voix et 2 sièges tandis que le PCP avec 6,88 % des suffrages perd un siège et en conserve 2.

- République Tchèque

La « République Tchèque » est l’un des seuls pays de l’Est de l’Europe où il y a encore un " parti communiste " assez puissant.

En 2014, le " Parti communiste de Bohême-Moravie " obtenait ainsi 3 députés en récoltant 10,98 % des voix. Mais cette année, comme beaucoup d’autres formations européennes similaires, ses voix sont en baisse.

Avec 6,94 % des voix, les communistes de la République Tchèque ne sauvent qu’un seul siège de député.

Roumanie

Comme ses voisins, les listes de gauche qui auraient pu siéger dans le groupe de la GUE/NGL sont inexistantes en Roumanie.

- Royaume-Uni

La situation britannique est délicate en raison du " Brexit ". En cas de sortie de l’UE du « Royaume-Uni » tous les députés élus il y a peu céderont leur siège.

La campagne a été presque inexistante dans le pays car tous s’attendent à ne siéger que quelques mois au mieux.

Néanmoins, le scrutin a bien eu lieu. Au terme de celui-ci, le " Labour Party ", dont les députés actuels siègent avec le groupe " socialiste " européen, mais qui a connu un virage à gauche avec Jeremy Corbyn, obtient 10 députés et 14,08 % des voix.

Les " travaillistes " perdent donc 10 députés puisqu’en 2014 avec 24,43 % des voix en 2014 ils avaient eu 20 députés.

Dans le même temps, la branche britannique du " Sinn Féin ", qui avait eu 1 député et 0,97 % conserve son siège malgré une légère chute de son score (0,63 %).

- Slovaquie

En 2014, une liste affiliée à la GUE/NGL avait obtenu 1,83 % des voix.

En 2019, il n’y avait pas de liste similaire.

- Slovénie

En 2014, la " Gauche unie " n’avait aucun député mais obtenait 5,5 % des voix.

Cette année, malgré une augmentation, puisque la liste de " la Gauche " obtient 6,34 % des voix, elle n’aura toujours pas de député.

- Suède

Le " Parti de gauche de Suède " avait 1 siège « d’eurodéputé » à défendre. Ils avaient réalisé le score de 6,3 % en 2014.

Le siège est conservé en 2019 avec une légère augmentation du score (6,7 %).

Bilan

Au total, les membres du groupe GUE/NGL, qui n’étaient déjà pas nombreux lors de la mandature 2014-2019, puisque le groupe comptait 52 « eurodéputés » lors de cette période, le seront encore moins pour la période qui arrive.

De son côté, le mouvement européen " Maintenant le peuple " ne pourra sans doute pas créer un autre groupe européen. Il faut en effet 25 eurodéputés or, les divers mouvements partis signataires de l’appel ne les possèdent pas :

- 6 députés pour " la France insoumise " et la " Gauche républicaine et socialiste " (France)

- 6 députés pour " Podemos " - dans la coalition " Unidos-Podemos " (Espagne)

- 2 députés pour le " Bloc de gauche " (Portugal)

- 1 député pour l’" Alliance rouge et verte " (Danemark)

- 1 député pour l’" Alliance de gauche " (Finlande)

- 1 député pour le " Parti de gauche " (Suède)

Au total, ce sont donc 17 eurodéputés qui devraient siéger dans le groupe de la GUE/NGL.

Il faut ajouter à cela :

- 5 députés pour " Die Linke " (Allemagne)

- 1 député pour le PTB (Belgique)

- 2 députés pour l’AKEL (Chypre)

- 6 députés pour " Syriza " (Grèce)

- 2 députés pour le " Sinn Féin " (Irlande)

- 1 député pour le " Parti pour les animaux " (Pays-Bas)

- 2 députés pour la coalition CDU (Portugal)

- 1 député pour le " Parti communiste de Bohême Moravie " (République Tchèque)

- 1 député pour le " Sinn Féin " (Royaume-Uni)

Tous ces partis et mouvements totalisent 38 eurodéputés, même si rien ne certifie que tous acceptent de siéger avec les députés de " Syriza ".

Enfin, il faudra déterminer si les formations suivantes siégeront dans le groupe de la GUE/NGL ou resteront indépendants :

- les 3 députés de la coalition regroupant notamment " la Gauche républicaine de Catalogne " et le " Bloc nationaliste de Galicie " (Espagne)

- les 2 députés du KKE (Grèce)

- les 2 députés de la liste " Indépendance pour le changement " (Irlande)

- quelques députés élus avec le " Labour Party " (Royaume-Uni)

Mais même en élargissant au maximum, le groupe ne devrait donc pas atteindre les 50 eurodéputés. L’absence d’un groupe signifiant pour " la gauche radicale " démontre sur un plan européen la victoire des forces conservatrices.

Les " petites guerres " entre partis et mouvement et l’absence de lignes claires peuvent expliquer en partie ce déclin dans la plupart des pays pour les formations de " gauche radicale ".

République sociale

Source : https://republiquesocialeblog.wordpress.com/2019/06/06/les-resultats-d...

Le Grand Soir