Les entretiens annuels d’évaluation de la " Macronie "

, par  DMigneau , popularité : 0%

Les entretiens annuels d’évaluation de la " Macronie "

Imitant les méthodes du management en entreprise, voilà que notre « premier des ministres » se lance en ce début juillet dans une campagne d’entretiens annuels d’évaluation. Un a un, il s’en va donc plusieurs heures – ça a commencé par Blanquer, considéré comme " le chouchou " – recevoir sous les ors ses ministres ainsi que les seuls « secrétaires d’état » qui lui sont directement rattachés afin de faire le bilan de l’année écoulée, de définir les objectifs de l’année à venir ainsi que les moyens a prévoir.

Les " cadres sup " qui nous servent de ministres, ceux dont on peut dire que 9 sur 10, inconnus des français ou jugés sévèrement, sont nuls en politique, vont retrouver une " petite boite à outils " confortable de leur ancienne vie dite " civile ".

Quoi de plus simple que ces entretiens auto-centrés sur soi et sa mission et ou on peut à l’infini ergoter sur la turbine du navire tout en s’attribuant mille qualités. L’EAE c’est typiquement – en tant qu’ancien consultant RH j’en sais quelque chose – un truc de « managers » pour faire croire qu’on donne et qu’on produit du sens à propos de choses qui n’en ont pas... ou plutot si, un et un seul : produire davantage de dividendes pour de gros actionnaires invisibles.

L’objectif étant quelque peu " bas de plafond ", enrober " l’intérêt du job " tout en flattant l’ego du soutier compte.

Donc, c’est parti pour tout juillet.

On notera donc ces messieurs dames mais sans, précise Edouard Philippe le bon gendre, vouloir prendre de sanctions. On pourra quand même faire passer quelques messages sur un ton mielleux et feutré, du genre à Madame Belloubet : « Nicole, s’il te plait prépare mieux tes interventions », ou à Madame Pénicault : « Monique, le Yogi essaie d’éviter à l’avenir. »

" Macronneuses " et " macroneux " s’en iront, j’imagine, obtenir – on parle de « collégialité », « d’excellence » et « d’efficacité » pour la presse – un blanc seing de " lèche Monarque ", avec - ou sans - félicitations du jury.

Comme au temps de ce bon Sarkozy qui avait mis via Fillon le truc en application une et une seule fois en 2008, dire du bien du chef, c’est plus que bien vu. Bien, à chaque fois, rappeler que juste avant d’être élu le candidat avait promis que, et que la promesse 57 est « en cours d’exécution », les décrets sont " dans le pipe ". Penser à reprendre les éléments de langage sur les trahisons bien sur, ne pas improviser, surtout pas : c’est ça aussi, la collégialité.

Ainsi évalués, ainsi notés, les petits soldats de la " Macronerie " pourront alors, lestés d’une « feuille de route », prendre le chemin de leurs congés. Frimer un peu en exhibant leurs carnets de notes auprès de leurs entourages proches, tout en tenant secret le fond des échanges.

Manu, depuis son Fort de Bregançon, relira d’un œil distrait les dossiers d’évaluation entre un " Levy " et un " Musso ", Brigitte y glissera de petits mots dans la marge au stylo rouge en s’essuyant les lèvres : « Non vraiment, chéri, cette Belloubet, non mais ça va pas du tout. »

christophecroshouplon

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