Les comptes de la ministre ne sont pas bons

, par  DMigneau , popularité : 0%

Les comptes de la ministre ne sont pas bons

Quatre semaines après la visite ministérielle, les interrogations demeurent à Mayotte et le mouvement social risque de reprendre.

Annick Girardin, Ministre de l’Outre-mer était à Mayotte il y a quatre semaines. A l’issu de son séjour, elle annonce une série de mesures pour Mayotte. Ces annonces font écho à celles du Premier Ministre quelques semaines plus tôt. Mais ces mesures, bien que saluées comme " historique " par certains, sont insuffisantes.

La Ministre a en effet promit 1,3 milliards d’euros sur cinq ans. Ce chiffre est inférieur aux investissements consentis en Guyane (1), département qui compte pourtant le même nombre d’habitants et des problématiques similaires.

Mais ce chiffre est surtout inférieur aux attentes de l’intersyndicale qui estimait l’investissement minimum pour rattraper l’important retard de développement de Mayotte à 1,9 milliards.

L’État n’a donc pas " cassé sa tirelire ".

De plus, ce chiffre – qui peut sembler important – est assez dérisoire à l’échelle de l’État français. Et pour comparaison, il est inférieur au coût de la « Nouvelle Route du Littoral » en construction à la Réunion (2).

Et quand on sait que l’État investit chaque année environ 60 milliards d’euros dans le budget de la défense et que depuis son élection, Emmanuel Macron a concédé plusieurs milliards de cadeaux aux plus riches (3), on comprend vite l’imposture.

Malgré la situation catastrophique sur place, Mayotte n’est toujours pas la priorité de ce gouvernement, comme des précédents.

Face à ce constat, les rumeurs font état d’une reprise de la mobilisation dès la fin du mois de ramadan. Le dernier né des départements français n’a donc finit de faire parler de lui.

Route dans la zone commerciale de Kawéni. © Damien Gautreau

Damien Gautreau

MediaPart

Notes :

(1) . En 2017, le gouvernement annonce près de 3 milliards d’investissements dont un « plan d’urgence » de 1,86 milliard d’euros .

(2) . Budget de 1,8 milliards d’euros, lequel risque d’être dépassé.

(3) . Baisses d’impôts octroyées aux entreprises et aux contribuables les plus fortunés, suppression de l’ISF, suppression de l’exit taxe.