Les Mahorais toujours privés d’eau

, par  DMigneau , popularité : 0%

Les Mahorais toujours privés d’eau

Les habitants du centre et du sud de Mayotte subissent toujours les restrictions d’eau.

Les habitants de six communes du centre et sud de l’île – environ 70 000 personnes – subissent des restrictions d’eau depuis désormais trois mois. La situation déjà critique devrait encore durer, probablement jusqu’en juin. Les rares épisodes pluvieux n’ont pas suffisamment fait remonter le niveau de la retenue collinaire de Combani, aujourd’hui à 54 % de ses capacités.

Cette crise de l’eau sans précédent est au cœur du voyage d’Ericka Bareigts, Ministre de l’Outre-Mer (1). Elle confirme les grands chantiers à venir : connexion des réseaux nord et sud, augmentation de la capacité de la retenue collinaire de Combani, troisième retenue collinaire, réactivation d’anciens forages et construction d’une usine de dessalement dans le sud de l’île.

Le tout pour environ 77 millions d’euros.

Mais si ces mesures laissent espérer qu’une pareille crise ne se reproduise pas, elles ne répondent pas à l’urgence de la situation.

Quand est-il du tanker promis par la Ministre et de ses 500.000 m3 d’eau ?

Et bien il n’est pas encore parti de la Réunion.

Cet apport ne sera donc pas disponible avant le mois de juin. Ericka Bareigts prévient que les tours d’eau ne cesseront pas avant l’arrivée du tanker. Par conséquent, les Mahorais vont encore devoir attendre trois mois avant de disposer de l’eau courante tous les jours et de pouvoir boire celle-ci.

Les habitants sont déjà épuisés par cette situation qui pose de sérieuses contraintes au quotidien et a des conséquences sanitaires. De plus, les bouteilles d’eau sont de plus en plus rares dans les magasins.

Cette situation, inédite pour un département français, n’est pas le seul fait de la sécheresse. Elle est la conséquence du manque de sérieux des responsables locaux et d’investissements insuffisants de la part de l’État.

Roukia Lahadji, maire de Chirongui, l’avoue : « Nous n’avons pas été capables d’anticiper cette crise. Nous savions et nous n’avons rien fait. » Avant de poursuivre devant la Ministre : « [à Mayotte] territoire de la République française, c’est une chronique du Tiers monde que nous subissons. »

C’est à se demander si les habitants de Mayotte ne sont pas des citoyens " de seconde zone "...

Damien Gautreau

MediaPart

(1) à Mayotte du 13 au 15 mars.