Le vrai visage de la bête

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le vrai visage de la bête

Comme le rimmel et les couches de fard sur les joues d’une vieille maquerelle éméchée en proie à une crise d’hystérie, le " masque démocratique " commence à se décomposer au sommet de l’État, laissant entrevoir la véritable nature des chacals qui en ont fait leur litière.

Invité du " journal de 20h " sur TF1, Edouard Philippe a annoncé le dépôt à « l’Assemblée Nationale » d’un projet de loi parfaitement anti-constitutionnelle visant à révoquer, au cas par cas, le droit de manifester.

En l’absence de tout jugement, sur base d’une simple décision administrative : pas de débat contradictoire, pas de droit à la défense, pas de « charge de la preuve », et aucune possibilité d’appel

Ce sera " le fait du prince ", la lettre de cachet (1) version " light " en attendant pire, sans doute.

Plus inquiétant encore, il est question d’obliger les citoyens en question à se présenter au commissariat qui leur sera indiqué afin de « pointer ».

Faut-il rappeler qu’il s’agit là d’une mesure de privation de liberté, puisqu’elle vise à restreindre le droit « d’aller et venir » à sa guise, lui aussi garanti par la constitution ?

Faussement bonhomme, le premier ministre d’ajouter que ce n’est ni plus ni moins que ce qui est déjà prévu pour les supporters les plus turbulents, lors des matchs de foot.

Seulement voilà, les " gilets jaunes " ne sont pas des supporters avinés mais des citoyens brutalisés et " laissés pour compte " par un système prédateur, qui crient inlassablement leur désespoir partout en France, un samedi après l’autre.

Et le droit à s’assembler pour manifester pacifiquement est l’un des droits politiques les plus fondamentaux qui soient en démocratie : y porter la plus petite restriction revient à changer la nature même du régime.

Qu’on ne s’y trompe pas, une démocratie c’est avant tout un contrat social au sens où l’entendait Jean-Jacques Rousseau, et la constitution en est l’ultime garant.

Si l’une des parties, en l’occurrence le parlement — aux ordres de « l’exécutif » — se permet de s’en affranchir, et impose, par des lois iniques, des clauses léonines pour lui-même, contre le peuple, il court le risque de voir cette constitution frappée de nullité, par la force des choses.

Le pouvoir est aux abois, littéralement. Et il n’hésitera pas à frapper pour se maintenir à tout prix.

Une « lettre de cachet » (aussi appelée " lettre close " ou " lettre fermée ") est, sous « l’Ancien Régime » en France, une lettre servant à la transmission d’un ordre du roi, permettant - par exemple - l’incarcération sans jugement, l’exil ou encore l’internement de personnes jugées indésirables par le pouvoir.

Elle présente les avantages de la discrétion et de la rapidité pour le monarque. Aussi est-elle parfois préférée au procès public lorsque l’importance de l’affaire risque d’éclabousser l’État, à l’image de l’arrestation du " prince de Condé " sur ordre de Mazarin lors de " la Fronde ". Source Wiki :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lettre_de_cachet

Philippe Huysmans

AgoraVox