Le vice-Premier ministre britannique démissionne pour mensonge pornographique

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Le vice-Premier ministre britannique démissionne pour mensonge pornographique

Fin de parcours au gouvernement britannique pour Damian Green, qui a menti concernant la pornographie trouvée sur son ordinateur. - Crédit Kate Green / ANADOLU AGENCY

Proche de Theresa May, Damian Green a admis avoir menti à propos de la découverte d’images pornographiques " extrêmes " sur son ordinateur, il y a dix ans. La Première ministre britannique perd un membre clé de son gouvernement dans un contexte politique difficile.

Theresa May n’avait vraiment pas besoin de ça. A la tête d’une coalition très fragile au Parlement, contestée au " Parti conservateur " après des élections ratées, en difficulté dans les négociations du " Brexit ", la Première ministre du Royaume-Uni subit un nouveau coup dur.

Celui-ci est pour le moins baroque : l’un de ses plus proches alliés au gouvernement, Damian Green, a démissionné ce mercredi 20 décembre après avoir reconnu avoir menti concernant la présence d’images pornographiques sur son ordinateur.

Damian Green, un conservateur de 61 ans qui participe aux gouvernements " tories " successifs depuis 2010, est accusé d’avoir détenu du contenu " extrême " sur son ordinateur du Parlement britannique en 2008, alors qu’il était député.

L’ex-membre du gouvernement est également mis en cause par Kate Maltby, une militante du parti " tory " trente ans plus jeune que lui, qui l’accuse de harcèlement sexuel : Damian Green lui aurait posé une main sur le genou dans un bar en 2015 et lui aurait envoyé un SMS " suggestif ".

Démission pour mensonge

Une enquête interne a été conduite par les services de " Downing Street ", et a tiré les conclusions suivantes d’après le " Guardian " : bien que la conduite en tant que ministre de M. Green ait été " à la fois professionnelle et correcte ", et qu’il n’est " pas possible de tirer une conclusion définitive quant au caractère approprié de sa conduite envers Kate Maltby en 2015 ", l’allié de Theresa May a bien menti à deux reprises, les 4 et 11 novembre derniers, en prétendant qu’il n’était pas au courant de l’affaire des contenus pornographiques sur son ordinateur parlementaire.

Damian Green avait été informé par la police britannique de cette découverte, et il a donc émis en tant que membre du gouvernement des déclarations " inexactes et trompeuses ". Ce qui constitue, au Royaume-Uni, une infraction au code ministériel.

Damian Green ne démissionne donc pas directement à cause du contenu pornographique sur son ordinateur - l’affaire est toujours en cours - ni à cause des accusations de « harcèlement sexuel » sur Kate Maltby, mais pour avoir menti à propos des avertissements de la police.

L’ex-ministre dément toujours les faits

Damian Green, qui nie toujours avoir consulté le porno sur son ordinateur en 2008, a ainsi admis qu’il " aurait dû être clair dans [ses] déclarations à la presse sur le fait que la police a parlé à mes avocats en 2008 à propos de la pronographie sur les ordinateurs. "

Il a envoyé une lettre de démission à Theresa May, exprimant ses excuses pour avoir brisé le code ministériel. Damian Green a également indiqué qu’il " ne reconnaissait pas les événements décrits par Kate Maltby ", mais a reconnu : " Je l’ai clairement fait se sentir mal à l’aise et je m’excuse pour cela. "

Dans une lettre de réponse à la courtoisie toute britannique, Theresa May s’est dite " extrêmement triste " et a rendu hommage à son vieil allié pour son action politique, mais les choses sont claires : c’est bien elle qui a exigé le départ de Damian Green. " C’est avec un grand regret, et en éprouvant de la gratitude pour votre contribution durant de nombreuses années, que je vous ai demandé de démissionner du gouvernement et que j’ai accepté votre démission. "

Damian Green occupait le poste de " First secretary of state ", un titre honorifique propre au Royaume-Uni qui faisait de lui le numéro 2 du gouvernement. Une sorte de " vice-Premier ministre ", en somme. Décrit comme l’un des plus vieux et des plus proches alliés de Theresa May par la presse britannique, Damian Green laisse la cheffe du gouvernement plus isolée que jamais avec son départ forcé.

Hadrien Mathoux

Marianne