Le très grand chef d’orchestre Kurt Masur s’est éteint

, par  DMigneau , popularité : 64%

Le très grand chef d’orchestre Kurt Masur s’est éteint

Kurt Masur est mort ce samedi à l’âge de 88 ans, à Greenwich, dans le Connecticut, a annoncé le président du New York Philharmonic, dont il fut le directeur musical de 1991 à 2002. Du philarmonique de New York à celui de Londres en passant par l’Orchestre National de France (ONF), Kurt Masur a dirigé plusieurs des plus grands orchestres du monde.

Le chef d’orchestre allemand Kurt Masur, décédé samedi à l’âge de 88 ans, était l’un des plus acclamés maestri du monde. Le musicien était aussi doublé d’un humaniste engagé qui a contribué à la chute pacifique du mur de Berlin.

Kurt Masur, qui avait annoncé en 2012 qu’il était atteint de la maladie de Parkinson, s’est éteint à Greenwich dans le Connecticut, au nord-est des Etats-Unis, selon le New York Times.

Né en Silésie le 18 juillet 1927 - la région était alors allemande avant d’être rattachée à la Pologne après la Deuxième Guerre mondiale - Masur se passionne jeune pour la musique, apprend le piano, l’orgue, le violoncelle et même les percussions. Mais une blessure à un tendon de la main droite le force à choisir la direction d’orchestre.

1 000 concerts des deux côtés du Rideau de fer

Après avoir servi dans la Wehrmacht aux Pays-Bas, il étudie la direction d’orchestre et la composition au conservatoire de Leipzig. Dès 1955, il est nommé directeur en titre du Philharmonique de Dresde, en République démocratique allemande (RDA) et devient rapidement l’un des chefs les plus en vue de l’Allemagne communiste.

Directeur de l’orchestre Gewandhaus de Leipzig de 1970 à 1996, Masur a très tôt parcouru le monde, donnant près de 1 000 concerts des deux côtés du Rideau de fer — y compris aux Etats-Unis, dès les années 1970 — et multipliant les enregistrements des plus grandes symphonies.

Pourtant, à l’automne 1989 son destin bascule. Kurt Masur transforme le siège de son orchestre en foyer de la contestation alors que la RDA, menée de main de fer par un régime imperméable au changement, est secouée par la Perestroïka initiée en Union soviétique par Mikhaïl Gorbatchev. Il aide activement à éviter que la grande manifestation du 9 octobre 1989 à Leipzig ne se transforme en bain de sang.

« Plus on vieillit, plus on se demande " comment mourras-tu ? " »

En 2010, après avoir décrit la chute du mur comme « le paradis sur terre », le musicien confiait aussi à l’hebdomadaire Der Spiegel que « l’état d’esprit qui régnait alors est plus ou moins tari et les choses ne se sont pas bien passées pour tout le monde ».

Après la chute du Mur, le célèbre chef d’orchestre à la stature désormais internationale s’installe à New York où il prend la direction du Philharmonique de 1991 à 2002, puis à Paris où il dirige l’Orchestre national de France à partir de septembre 2002.

Les années passant, cet « Allemand atypique » comme il se définissait lui-même, ne rechignait pas à évoquer la question de sa propre mort : « Plus on vieillit, plus on se demande " comment mourras-tu ? " », expliquait-il au quotidien Berliner Zeitung en 2003. « Faire de la musique, c’est faire en sorte que les gens sentent la proximité de la mort, qu’ils se rendent compte que tout ce qui est beau dans la vie aura un jour une fin ».

Victor Fraile

REUTER

Avec AFP

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